Le HibOO

Solidays 2005, Day 1

Voilà, les portes s’ouvrent à 15 heures pour les festivaliers, mais des centaines de personnes s’activent depuis des jours en coulisse. L’événement est de taille, on attend pas moins de 150.000 personnes. Bien sûr il y a la musique, mais la particularité de ce festival est de sensibiliser le public sur un fléau des temps modernes : la maladie du Sida.

Côté musique, c’est parti dès 16h30, avec les belges de Hollywood Porn Star. Cousins des Ghinzu que nous retrouverons sur la même scène quelques heures plus tard. Un drapeau noir, jaune, rouge flotte au premier rang. Ils arrivent enfin, le chanteur, tout de rouge vêtu dégage un charisme incroyable. Côté musique, c’est tout bon, des compos qui sonnent power pop, une énergie qui déborde de partout et un bon groupe d’ouverture. On se souvient qu’ils avaient eu la même faveur à Evreux. Le crachin fait son appartition, il ne cessera pas de la journée. Le festival est maudit, on se souvient de la même mésaventure l’année dernière, à pareille époque. Heureusement, l’ambiance est là, même si, on doit l’avouer, on est loin de l’ambiance festive que l’on peut rencontrer dans les festivals de province. Les gens sont dans la retenue.

On file sous le dôme, où se produit l’excellent groupe français Deportivo. Plus une découverte, “Deportivo”, c’est une vraie révélation. Les chevelus, originaires de la région parisienne se font plaisir, et nous font plaisir du même coup. Ils enchaînent leurs morceaux, tous plus pêchus les uns que les autres. Ca s’enerve au premier rang, pourtant majoritairement composé de demoiselles qui reprennent en choeur toutes les chansons, le chanteur viendra même un petit tour dès le deuxième morceau, sous la forme d’un slam. C’est de la folie. Deportivo fait partie de la relève du rock français, à découvrir donc.

Retour sur la scène “belge”, même si son nom officiel est “scène Paris”, pour voir les Ghinzu. Même prestation remarquée qu’au Rock Dans Tous Ses Etats, les couteaux japonais dépotent. Le public est au rendez vous, même si la plupart attendent avec impatience le set de Mickey 3D. On y file donc, juste après avoir écouté LE tube “Do you read me”.

Mickey 3D, nous y voilà. Deuxième passage par les Solidays pour le groupe de St Etienne. Une chose marque d’entrée, c’est la simplicité de la bande, pas de chichis, pas de grosse tête. Un concert plein, avec pour commencer, quelques morceaux du dernier album “Matador”, plutôt bien accueillis par un public venu en masse sous le dôme. Le groupe enchaînera avec les tubes de l’album précédent dont un “Respire” version punk - hip hop, du plus bel effet, tant pis pour ceux qui voulaient du tube radio! On retrouvera Mickael, leader du groupe, un peu plus tard en interview.

Avant cela, détour par la scène Paris, pour le premier groupe non belge de la journée, j’ai nommé Starsailor. Un modéle de sobrieté pour ce groupe qui aurait pu attraper une très grosse tête, suite au tube mondial “Four to the Floor”. Ce groupe ne sort pas de la cuisse de Jupiter, ils avaient déjà sorti un très bon premier album. Ils alterneront d’ailleurs chansons récentes et anciennes. Un très beau concert, suivi par des milliers de personnes, bravant la pluie et le vent. Oui nous sommes en juillet… On s’attarderait bien quelques minutes devant Starsailor, mais Mickael, leader de Mickey 3D avait fixé l’heure de l’interview à 21h, on ne va donc pas le faire attendre. Rendez vous en salle de presse. Le garçon est decontracté, il répondra avec simplicité et sincerité à toutes les questions qui lui seront posées. Un garçon charmant. Après une bonne demi heure, on rejoint, enfin on essaye de rejoindre le dôme où se produit Sinsemilia. C’est de la pure folie, le groupe remplit toutes les salles dans lesquelles il se produit, Solidays ne fera pas exception. Si le dôme était rempli aux trois quarts pour Mickey 3D, il est cette fois archi comble, il faut rester dehors pour apercevoir le groupe. Un véritable phénomène qui posera ses valises par le Zénith de Rouen en Novembre. Véritable bête de scène, Sinse confirme d’année en année qu’il est un groupe chéri par le public français. Enième participation à ce festival et toujours la même ouache, du plaisir pour tous!

Il était maintenant temps de visiter la scène reservée aux artistes français, appelée aussi “scène domino”. Au programme en cette fin de soirée : Jeanne Cherhal, artiste classée “à textes”, elle rappelle un peu des chanteuses de sa génération, comme Camille par exemple. Postée derrière son piano, accompagnée à la batterie et à la guitare, une certaine grâce se dégage du set de la jeune femme. Le domino fait salle comble, pas sûr que ce soit uniquement à cause de pluie, Jeanne a du talent et ne semble pas intimidée par tant de paires d’yeux braqués sur elle. Un moment doux, tendre et drôle qu’il ne fallait pas manquer. La journée touche bientôt à sa fin, ne reste qu’à faire un détour par la scène Paris où l’une des têtes d’affiche se donne en spectacle, à savoir Patti Smith. Plus toute jeune, la grande dame du rock US assurera pourtant un show energique, ponctué par les tubes tels que Gloria. Infatigable, Patti sera la seule artiste de la journée à effectuer un rappel, peut être pour calmer les ardeurs d’un public quelque peu déçu que le spectacle touche à sa fin. Elle avait au préalable rendu un vibrant hommage à son ami photographe disparu à la fin des années 80, emporté par le SIDA. Une artiste appliquée, qui recevra une distinction des mains du ministre de la culture, pour l’ensemble de sa contribution à la culture française.

Une première journée bien remplie, de la pluie, des surprises et et des confirmations, vivement demain! Retour sur le travail des assos qui garnissent le site, message de prévention, d’information qu’il faut saluer. Ces gens travaillent au quotidien, ce festival étant une vitrine inespérée pour se faire connaître. Juste avant le concert de Jeanne Cherhal, un responsable d’association basée à Rennes, effectuait une intervention sur scène pleine de bon sens, saluée unanimement par le nombreux public.

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