Dorothy

La psychiatre Jane Morton est envoyée au sein d’une communauté recluse dans une petite île au nord de l’Irlande. Elle doit étudier le cas de Dorothy Mills, adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Alors qu’elle vient en aide à Dorothy, la psychiatre tente d’affronter ses propres démons et d’éclaircir le secret qui hante la communauté. (Fiche Allociné)
Il est des fois où l’on va voir un film juste à cause de son affiche. On entre dans le cinéma, et puis et on est surpris parce que finalement ça n’a rien à voir. Dès lors, on se sent un peu trompé. Mais en fait le film était bien. Mais pas l’affiche. Voilà qui résume bien Dorothy : une affiche trompeuse et des propos confus.
En voulant - en apparence - créer une banale histoire de secrets oubliés dans un village l’étant tout autant, Agnès Merlet se plonge dans l’univers des troubles de la personnalité, érigeant un chemin de réflexion sur ce qu’est la perception et la normalité. L’introduction, bien que très lente, expose clairement des personnages marquants, différents, tantôt attachants, tantôt repoussants. Car le talent d’Agnès Merlet réside dans sa capacité à manier à sa guise le regard et l’esprit de ses spectateurs. Qui est méchant ? Qui contrôle qui ? Qui existe ? En noyant son film sous les questions et les réflexions, la réalisatrice perd cependant en clarté. Mais est-ce là une finalité en soi pour un film d’être lisible clairement ? Certes non. On ne ressort pas indemne de la projection de Dorothy comme le promet son affiche. On s’interroge jusqu’à la fin, et même après.

En plus de sa réalisation soignée, Dorothy est portée par la magistrale interprétation de Jenn Murray. Outre une présence qui imprime l’écran, la jeune anglaise offre une performance extraordinaire en passant de l’interprétation d’une fillette de 5 ans à un jeune homme de 19 ans.
En traitant d’un sujet souvent abordé, Agnès Merlet a pris le risque de filmer un ersatz de Dédales ou de Identity. Il n’en n’est rien. La réalisatrice française livre une œuvre intimiste et des personnages attachants. Loin d’effrayer les fans de fantastique, Dorothy plaira aux adeptes des films psychologiques. Une jolie surprise en cette période estivale propice au cinéma pop corn.
Je suis assez d’accord globalement. Le personnage de Dorothy est particulièrement poignant et une grande partie de l’impact du film vient de là. Par contre, je n’ai pas trouvé que l’intrigue manquait de clarté, mais j’ai été un peu déçue par la dernière partie où le film tranche entre le fantastique et le psychologique, d’une manière finalement moins dérangeante que ce que j’avais entrevu - l’autre explication me semblait cent fois plus glaçante. Cela dit, c’est vrai que ce film est très prenant.
Ce que je me suis dit en sortant du ciné, c’est que c’était un bon film de M6 de l’après midi, mais un mauvais film de cinéma. Celà dit l’actrice interprétant Dorothy est bluffante !