Le HibOO

Le Rock dans tous ses Etats 2005

Le soleil a finalement décidé de laisser les normands tranquilles en ce week end de festival. Première bonne nouvelle pour les campeurs et la foule venue de toute la région. A première vue, le public est au moins aussi nombreux que l’année dernière, même si aucune grosse tête d’affiche n’était venue appâter l’amateur de rock, pas de locomotive comme l’avait été –M- lors de l’édition précédente. Que nous réserve cette cuvée 2005 ? Réponse en flash back…

Premier jour, fin d’après midi, le public arrive en masse. Ca se presse, ça se bouscule même au portillon, les festivaliers campeurs doivent s’armer de patience puisqu’une heure et demie est nécessaire pour atteindre les emplacements leur étant promis. Déjà les premières notes retentissent, un apéro sucré avec les sympathiques Amadou et Mariam puis on attaque directement le gros morceau, à savoir Sonic Youth ! Plus de 20 ans que le groupe parcours les routes du monde entier, il continue d’influencer de nombreux musiciens, une référence, une vraie. Le concert arrive un peu tôt dans la journée, nombreux étant les festivaliers n’ayant pas encore pu rejoindre le site avant 20 heures. Une heure pile de « noise rock », du bonheur à consommer à pleins tubes, le combo tient une forme olympique, il prend un malin plaisir à torturer les nombreuses guitares présentes sur scène (on en dénombre une quinzaine). Kim Gordon et ses acolytes pètent littéralement les plombs dès le troisième morceau. Ils grimpent sur les échafaudages, invitent un spectateur muni d’une mini guitare afin de le brancher sur un ampli, puis entament une « guitare fight » avec ce dernier. Un moment de pur rock n’ roll et sans doutes l’une des images fortes du week end. Concert suivant : Sage Francis, déjà connu dans la cité ébroïcienne puisque présent à l’Abordage voici quelques semaines. Les concerts s’enchaînent à une vitesse éclaire, ça va vite, trop vite, d’une scène à l’autre. Il ne s’écoule que 10 secondes, montre en main, entre le dernier morceau d’un concert et le premier du suivant.

21h40, l’heure de retourner la scène A avec « Le peuple de l’herbe », véritable ouragan electro – dub qui a tout dévasté sur son passage. La bande de Lyon, composée de deux Dj’s, d’un batteur et d’un trompettiste a véritablement mis le feu au public, la température, déjà élevée, prenait encore quelques degrés sur le thermomètre musical. « THC » et les autres morceaux phares du groupe eurent un succès sans pareil auprès des jeunes festivaliers.

S’en suivra le duo anglo-américain « The Kills », déjà vu en première partie de Muse lors de leur passage au Zénith de Rouen. Un style bien particulier, puisque les deux protagonistes jouent de la guitare, ils sont parfois accompagnés d’une boîte à rythmes. Beaucoup de distorsions et un son monocorde, on s’ennuie un peu, on n’accroche toujours pas… Profitons en pour prendre une bonne place pour le concert de « Tiken Jah Fakoly », annoncé peu avant minuit. Du reggae venu de Côte d’Ivoire, chanté en français par un artiste engagé jusqu’au bout des ongles. Il est venu à Rouen, à l’exo7 voici quelques semaines. Un concert de haute qualité, un cri du cœur pour cet homme blessé qui se dépense sans compter. Au son de « Le pays va mal » ou encore « Tonton d’America », il conquit l’assistance, ravie e cette touche colorée venue à la nuit tombée.

Avant une nuit electro qui promettait du côté du Banana club, petit crochet par la scène B. Le temps de voir la prestation de « Quintron & Miss Pussycat », c’est sous une véritable huée que débutera ce concert pour le moins étrange.

Banana club, nous voilà, au programme de la soirée : Chloé, une Djette discrète mais ô combien efficace lorsqu’elle est derrière les platines. Elle distille un son naviguant entre electro et house. Du bon son. L’endroit déjà étroit pour Chloé deviendra tout simplement minuscule lorsque Vitalic fera son apparition. Phénomène techno, Vitalic a reproduit, entre autre, l’intégralité de son dernier album « OK Cow Boy » y compris donc « La Rock 01 ». Pas de mix a proprement parlé, plutôt un enchaînement de morceaux hauts en couleur. Succès populaire énorme en tout cas, une curiosité que beaucoup attendaient. Une confirmation du nom de Vitalic parmi nos plus grands Dj’s français. La salle devient irrespirable, la journée s’achève comme elle avait commencé, par une grosse bouffée de chaleur.

Une bonne nuit de sommeil et c’est reparti pour un jour 2 bien plus riche en qualité. Place aux artistes locaux en ce début de journée. C’est Loïc Lantoine qui ouvre le bal, accompagné de son contrebassiste. Cousin des « Têtes Raides », le normand colle ses textes, drôles ou « pince sans rire » sur des notes claquées sur une contrebasse soudain utilisée à contre emploi, il a le mérite de proposer quelque chose d’original, une vraie curiosité à découvrir.

Le Rock Dans Tous Ses Etats, c’est aussi une scène régionale ouverte aux jeunes talents : La Papa Mobile. Elle accueillait cette année, entre autres, les havrais de Tokyo / Overtone ou bien encore nos petits (plus tant que ça) rouennais d’Amethyste. Ces derniers jouant devant une assistance devenue trop nombreuse. Un excellent concert, des guitares saturées et un style qui rappelait les idoles venues la veille, j’ai nommé Sonic Youth. Un groupe qui vaut mieux qu’une reconnaissance régionale, amateurs de « noise rock », précipitez sur leur album “& all those crazy elephants”, disponible dans une célèbre enseigne à Rouen, également sur le site du groupe.

Retour sur le devant de la scène A. Ils devaient être là, devaient se produire sous nos yeux, on s’en réjouissait d’avance. Et puis non, le concert de Cake fût tout bonnement annulé et remplacé. Grande fût la déception, mais on peut dire que les organisateurs ont eu le nez creux en programmant à la place « The Bravery ». On se pose quelques questions sur ce groupe à l’allure un peu keetsh, mais les doutes sont vite dissipés après quelques morceaux. On se dit que ces gars là dégagent un truc, qu’on assiste à un concert dont on pourrait se souvenir. Il faut dire que The Bravery va ouvrir les prochaines dates de U2, excusez du peu !

On avance un peu plus dans la soirée, mais il devient difficile de décrire le groupe qui prend place sur la scène B. Son nom : Balkan Beat Box. Une chose est sûre, tout le monde avait ce mot à la bouche toute la soirée : « Dis donc, tu as vu les BBB ? ». Mélange réussi de musiques traditionnelles de l’Europe de l’Est et de l’electro festif, ce groupe aura eu le mérite d’éveiller les sens des plus curieux d’entre nous.

Ghinzu, groupe pop énervé made in Belgium entre ensuite dans l’arène. Certains y vont à reculons, mais fort est de constater que le groupe vaut plus qu’un tube radio (D’you read me) écouté moult fois sur Oui FM ou Europe 2. Les belges en costards mettent le public dans leur poche en proposant une série de morceaux entraînants, de ces chansons qui vous font bouger le pied tout seul. Ils sont sympathiques, frais et décontractés, un petit moment de plaisir.

L’orage gronde dans le ciel, mais c’est au sol que la foudre fait des ravages, vous l’aurez compris, Shirley Manson et sa troupe débarquent. Shirley est magnifique en tenue de maîtresse SM. Garbage revient en grâce après quelques années d’errements et un troisième album un peu raté. Pourvu qu’ils jouent « Queer », titre phare du premier album. Paf, ce sera la première chanson du set ! Un concert qui fera la part belle aux vieux morceaux (Stupid Girl, Supervixen, Not my idea, I Think I’m Paranoid…), un régal pour les oreilles. La troupe visitera aussi un dernier album « Bleed like me » très réussi. La jolie chanteuse s’efforce de parler en français, elle avouera même son admiration envers Tony Parker, tout récent champion NBA. Elle cueillera ça et là des sous vêtements venus des premiers rangs, sous les yeux hilares de la bele chanteuse. Côté public, c’est la folie : Dix départs de slam à la minute, des pogos au beau milieu de la foule (si, si…), une ambiance electrique, l’orage excite sans doute tout le monde. Un concert formidable pour un groupe visiblement ému par un tel accueil. Rétroactivement LA tête d’affiche du festival !

Pour celles et ceux qui en voulaient encore, qui avaient encore la pêche, autre moment attendu, en l’occurrence le set des Ska-P. Les espagnols nous ont fait l’honneur de leur visite, alors qu’il s’agit là de leur tournée d’adieu. Ska-P, tout le monde connaît, groupe de Ska/Punk revendicatif venu de la péninsule ibérique. A pour particularité d’embraser les foules partout où ils se produisent. A vérifier lors de leur passage à Sziget, puisqu’ils auront là bas le privilège d’ouvrir le plus grand festival d’Europe, rien que ça !

L’édition 2005 tire son rideau, un bon cru, même si l’on peut regretter l’absence de véritables stars, des têtes d’affiche de haute tenue. La programmation ne fait pas tout un festival, l’ambiance compte au moins pour autant. De ce côté-là, rien à reprocher au festival ébroïcien, un public jeune et bon enfant, qui sait faire la fête sans débordements. La rumeur court qu’il pourrait s’agir là de la dernière édition du RDTSE… Non pas que l’évènement ne soit pas un succès, il s’agit plutôt de décisions politiques (encore ?!!!) liées à la construction d’une SMAC (salle de concerts). Si des accords n’interviennent pas entre les différentes paries, on pourrait voir disparaître ce festival mais également la salle de mythique de l’Abordage à Evreux. Les temps sont durs pour la culture…

Un commentaire

  1. j’aimerais retrouver le nom d’un groupe que j’ai écouté à la fête de la musique à rouen rue du gros horloge pour pouvoir retrouver leur site internet et les suivre en concert!

    je sais qu’il y a une chanteuse, que le batteur s’apelle julien, le bassiste richard et le guitariste mathieu!

    ils jouaient, du Noir Désir, Offspring, Green Day, Superbus, Muse…

    merci d’avance

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