Le HibOO

Reuno - Lofofora

Lofofora sera l’une des têtes d’affiche du prochain FuryFest du Mans (24, 25 et 26 Juin). L’occasion pour nous de nous entretenir avec Reuno, leader emblématique du groupe phare de la scène métal française. Entre la sortie du dernier album ‘Les choses qui nous dérangent’ et la tournée géante, les gars de Lofo trouvent le moyen de libérer les démons qui les hantent. Extrait.

Salut Reuno, on va commencer par prendre quelques nouvelles, comment se passe la tournée ?

Ca va bien, la tournée se déroule comme prévu. Beaucoup de gens viennent nous voir, ça nous fait vraiment plaisir. C’était un peu l’inconnu pour nous puisque nous avons fait cet album sans parachute, je veux dire par là que l’on a pris un virage par rapport à ce que l’on faisait avant. On avait vraiment envie de donner beaucoup avec cet album. Après chaque album, on a pris l’habitude de faire une centaine de dates, ce qui est assez conséquent.

Y’a-t-il chez vous toujours la même envie après plus de dix ans de tournées ?

La même envie, peut être pas, mais la même intensité sûrement. C’est vrai qu’on tourne depuis pas mal de temps, mais on a encore les tripes et la passion pour le faire. Et puis nous ne sommes pas cloîtrés, on a même toujours affirmé le contraire. Le groupe a changé aussi, des nouveaux membres nous ont rejoint il y a maintenant plus de trois ans, c’est du coup une nouvelle aventure humaine.

L’actualité de ce mois de Juin c’est, entre autre, le Fury Fest au Mans, comment s’annonce cet évènement ?

Je n’y ai jamais mis les pieds. Pour l’instant je n’ai pas vraiment eu de bons échos pour celui de cette année, à cause de petits soucis d’organisation. A part ça, c’est vrai qu’il y aura une programmation assez étonnante, on est même plutôt surpris d’y être ! J’ai eu vraiment de bons échos des éditions précédentes, et je suis persuadé que l’on va passer un bon moment là bas.

Ca doit faire quelque chose de jouer aux côtés de gens comme Megadeath, Slayer ou Anthrax, on imagine qu’ils doivent faire partie des groupes qui vous ont influencé ?

C’est étrange parce que l’on me dit ça assez souvent, alors que ce n’est absolument pas ma culture musicale. Après il est vrai que les gens qui jouent avec moi ont baigné dans des influences ‘punk’, ils écoutaient aussi Metallica, Slayer ou Anthrax… J’aurais préféré jouer aux côtés de gens comme les Melvins. J’aurais aimé venir les dernières années en tant que visiteur, il y a quand même eu d bon son hardcore ici. Je préfère ça vraiment au métal.

La scène métal française se porte t-elle bien à l’heure actuelle ?

Non, ils ont tous eu envie de faire du nouveau métal, le problème c’est que ça a gavé tout le monde au bout de 5 ans. La plupart font maintenant des choses plus ‘pop’. A côté de ça, on a une scène ‘rock’ française plutôt riche. Le métal, c’est toujours un peu la même guitare, forcément tu ne peux pas faire ça pendant trente ans. Il y a des gens comme ETHS, qui seront aussi à l’affiche du Fury Fest, qui réussissent à se démarquer des autres, mais encore une fois, ce n’est pas le cas de tout le monde. Les groupes de métal français essayent avant tout de copier ce qui se fait aux Etats-Unis plutôt que de développer une personnalité propre, c’est dommage. Tous ces groupes de ’suiveurs’, ce n’est pas méchant ce que je dis, mais ça me fait penser à des gens assis au bord d’un fleuve qui guetteraient le passage d’un nouveau cadavre à dépecer.

Tu parlais de groupe comme ETHS, as-tu l’impression de servir de grand frère à une nouvelle génération ?

Oui, et en même temps je préfère que tu dises grand frère plutôt que grand père ! (Rires) C’est vrai qu’on nous appelle souvent les tontons, les papas, les grands frères, peut être parce qu’on a été les premiers à mélanger un peu tout ce qui est punk, hardcore, métal… A l’époque, nous n’étions pas très nombreux, du moins en français, c’est peut être pour ça qu’aujourd’hui on nous considère comme des patriarches.

On a mis toute notre énergie et notre haine dans ce disque, il a été écrit dans une atmosphère où tout le monde n’était pas forcément joyeux

Pour revenir un peu sur cet album, ‘Les choses qui nous dérangent’, j’ai l’impression qu’il s’agit là du disque le plus accompli …

Je ne partage pas trop cet avis, dans le sens où cet album répond à des impulsions. On a mis toute notre énergie et notre haine dans ce disque, il a été écrit dans une atmosphère où tout le monde n’était pas forcément joyeux. Je ne pense pas qu’il soit le plus abouti. On a fait le moins d’arrangements possibles, même sur la pochette on peut s’en apercevoir puisqu’on a seulement mis ‘Lofo’. On a voulu aller à l’essentiel, ça en fait l’album le plus tranchant de Lofofora, on le compare un peu à ‘Peuh !’, qui est notre deuxième album. Peut être aussi parce que le dernier est aussi le deuxième du groupe dans sa configuration actuelle.

Je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de date à Rouen pour votre tournée, c’est dommage …

Oui, c’est vrai. On a déjà dû y mettre les pieds pourtant le nom de ‘Exo7′ me dit quelque chose. C’est une bonne question en tout cas, je vais en parler à mon tourneur !

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