Kingdom of Heaven
L’aventure extraordinaire d’un homme ordinaire, précipité dans un conflit qui va durer des décennies : les croisades.Etranger sur une terre qui lui est étrangère, il va servir un roi condamné, s’éprendre d’une troublante et inaccessible reine avant d’être fait chevalier. Il lui faudra protéger les habitants de Jérusalem, dont une immense armée a entrepris le siège, sans jamais cesser de lutter pour maintenir une paix fragile …
Un nouveau film de Scott est toujours attendu avec une certaine impatience. Ce Kingdom of Heaven démontre tout le savoir faire du réalisateur : une photographie inspirée, des couleurs bleutées qui sont une des marques de fabrique du réalisateur … toutefois certains effets ralentis à tendance Matrixienne, et souvent répétées, donne le sentiment que de côté-là, il a voulu en faire trop …
Mais dans cette idée de démesure, on peut noter également une première partie de film, qui bien que démontrant que Scott s’est documenté sur son sujet, s’avère assez lourde à digérer : entre discours dogmatiques, théologiques et sur l’honneur des chevaliers, le spectateur va devoir se digérer des dialogues assez inconsistants, bien qu’intéressants.
Mais le véritable talon d’achille est le cheminement initiatique du jeune héros, incarné par Orlando Bloom. Si l’acteur prouve enfin qu’il est capable d’interpréter autre chose qu’un elfe sublime, on ne ressent à aucun moment une évolution de son personnage : pourtant celui-ci démarre en tant que forgeron pour finir sauveur d’un peuple !!! On ne s’identifie à aucun moment à ses périples. Dommage.
Restent alors les combats, réellement sublimes : que ce soit en corps à corps (où est montrée une certaine violence), ou en plan d’ensemble (où l’on apprécie des stratégies étudiées), ces batailles épiques permettent au film de redémarrer. Sans oublier une bande son succulente, entre le médiéval et l’oriental, qui illustre parfaitement la thématique du film.
Ce film, manifestement crée pour montrer qu’aujourd’hui les divergences religieuses en Orient restent d’actualité, et comment de grands peuples sont passés de l’harmonie à la décadence meurtrière, semble trop rapide dans son déroulement (malgré ses 2h20 !) pour se sentir imprégné de l’évolution du conflit. Il en reste donc un très bon film, très bien réalisé, mais dont le message principal passe un peu à la trappe. Dommage.


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