Tout pour plaire

Juliette, Florence et Marie sont amies d’enfance. Marie est médecin dans un hôpital public. Elle est mariée depuis 8 ans à Pierre, un artiste peintre sincère, aimant et drôle, dont le défaut majeur est de ne pas ramener un rond à la maison. Marie s’emploie à être une femme parfaite, mais un jour, elle commence à se lasser de tout assumer. Florence est mariée à Julien, chef d’entreprise volontaire et cassant. Rédactrice effacée et craintive dans une agence de publicité, elle se voit confier la responsabilité d’un budget par son patron caractériel. Juliette est avocate. Elle arrive aussi peu à se faire payer par ses clients qu’à trouver un homme qui l’aime. Toutes trois volent quelques moments pour se retrouver et ponctuer leur quotidien de conversations sans retenue. Un constat s’impose : à 35 ans, les idéaux se sont estompés et la réalité prend le pas…
Marre. Marre des films à la Bridget Jones. Marre de voir toujours le même film. Marre de voir des clônes (version féminine du Coeur des Hommes), et surtout, marre des banalités poncives qu’on assène comme un scénario original. Néanmoins le film est quand même drôle.
La recette du trentaine en mal d’amour commence arriver au dégoût : après ‘le plus beau jour de ma vie’, ou encore ‘ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants’, sans oublier tous ces films à la mode, ‘Tout pour plaire’ arrive trop tard. Trop tard pour le qualifier d’original, Bridget Jones et Sex and the City sont déjà passés par là. Trop tard pour la réalisation : le film d’Yvan Attal est une énorme claque visuelle. Trop tard pour les répliques piquantes, Mariages l’a déjà amorcé. Tout le problème du premier film de la belge Cécile Telerman, c’est que son film est réchauffé et plus d’une fois.
Le casting pour un premier long métrage impose, même si là aussi, on n’échappe pas aux erreurs : en effet la charismatique Mathilde Seigner hérite de toutes les répliques qui feront rire systématiquement le spectateur, par son côté blasé de l’amour, et son cynisme perçant. Tous les autres acteurs sont un faire valoir à son existence, tels des satellites figurants dont leur destin semble bien fade et inintéressant face à la célibataire endurcie.
Certes, c’est bien écrit. Certes c’est bien réalisé. Mais des films bien réalisés et bien écrits, aujourd’hui cela est monnaie courante : en revanche des films originaux qui évite de s’enfoncer dans les clichés déjà revisités, cela devient plus rare. Vous pouvez y aller, vous rirez. Vous serez parfois ému. Mais en aucun cas surpris. Un très bon téléfilm.