Akoibon

Nader, un petit escroc, est contraint de se rendre sur une minuscule île du Sud pour tenter de débusquer Chris Barnes, ex-roi de la jet set et ami des stars, qu’une mystérieuse commanditaire veut coincer. Daniel, lui, a soudain planté femme et enfants pour venir y rencontrer l’énigmatique jeune femme à qui il a tant écrit par Internet. En chemin, convaincus que cela facilitera leur approche, Daniel et Nader décident d’échanger leurs identités …
Attention ce film est loin d’être tout public !!! D’ailleurs difficile de définir cette oeuvre de Baer comme tel. Paroxysme de l’absurde, acteurs déjantés, univers loufoque et sans réelle prétention scénaristique, Akoibon reflète l’univers d’un homme qui a décidé de passer derrière la caméra. Pour le meilleur, et pour le pire …
5 ans après La Bostella, Baer revient devant et derrière la caméra. Qu’on se le dise tout de suite : Akoibon ne plaira pas à tout le monde. Au même titre qu’Atomik Circus (bien que ce dernier profitait d’une réalisation exemplaire et un scénario qui bien que déjanté, tenait la route), ce film est un véritable OVNI. Scindé en 2 parties distinctes, la seconde moitié risque de dérouter le spectateur lambda, qui risque de décrocher de l’histoire, cette dernière étant à mille lieux du début de la trame.
On appréciera cependant le casting, avec notamment un Jean Rochefort plus barré que jamais, Chiara Mastroianni toujours aussi charismatique, l’apparition d’une jolie moue, Marie Denarnaud pour finir avec Benoît Poelvoorde qui bien que drôle, s’enlise définitivement dans son propre rôle qui lui colle aux basques depuis quelques productions …
Musicalement, Baer emprunte la même voix que pour sa réalisation : un univers barré. Ainsi se voit-on affublé (attention aux puristes !) d’un ‘Cold Song’ du génialissime Purcell sauce Rondo Venezuano lors d’un diner spectacle à la fois pittoresque et affligeant.
Dire que le film de Baer est loupé serait érroné : il y a bien un univers de crée, il y a bien une série de personnages à la fois captivants et vides, il y a bien des idées de scénario … mais il manque un p’tit truc : peut-être cette scission si déroutante en plein milieu de film, ou un humour particulier propre à Baer qui s’est visiblement éclaté à réaliser son 2e film.
Voir ou ne pas voir : telle est la question. Il est plus drôle que Brice de Nice ou l’Antidote, certes. Mais quand on compare un film à quelque chose qui est à l’origine mauvais … rappelons les quatre lettres symbolisant parfaitement Akoibon : OVNI.