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Christophe

Oui, LE fameux Christophe. Celui des mots bleus, d’Aline, de La Man … en gros, une big légende de la chanson française. Alors quand on m’a proposé ce plan improbable, et d’autant plus chez l’intéressé, forcément, comment dire non ? D’autant plus que grâce à mon aventure avec Charles-Baptiste qui s’était accaparé la plus célèbre de ses chansons, je me suis vraiment replongé dans ses magnifiques textes et ses arrangements intemporels.


Christophe – Les mots bleus | HibOO d’Live

Suite à un dégât des eaux en ce 27 juin, la session initialement la prévue à 21h se décala à 23h, et débuta vraiment vers 00h30 … étant déjà très fatigué d’une journée de tournage intense avec Marc Lavoine, je n’étais pas certain, malgré mes aptitudes nocturnes, de pouvoir sortir quelque chose de correct. Avec Thomas d’Ivox et la pétillante et survitaminée Marie-Pierre, on discuta des potentielles chansons à interpréter. Mais sache déjà une chose : 40 ans de carrière et pourtant, en ce 27 juin, Christophe allait jouer pour la première fois en acoustique, conditions hors scène / hors studio. Sans micros, sans retours, de l’état brut comme jamais on lui a demandé auparavant. A l’instar de Bernard Lavilliers quelques mois auparavant, le bonhomme n’était clairement pas chaud, parce que clairement, je le mettais en position où il ne contrôlait rien, niveau image et son. Et puis, le feeling, la chance (il avait perdu son câble de sa Sony CX, et j’en avais une en rabbe à lui proposer : on deal comme on peut :)) et l’horaire sans doute tardif furent les ingrédients parfaits pour que le grand monsieur de la chanson française se jette à l’eau. Les mots bleus étaient dans la boite, il n’était pas forcément content de la prise de “j’l'ai pas touchée”. Mais ainsi va la vie, ainsi vont les sessions en plan séquence : l’idée étant de capturer en 1 prise, voire 2 en cas de gros pain, une rencontre furtive.


Christophe – J’l'ai pas touchée | HibOO d’Live

L’histoire aurait pu s’arrêter en bas de chez moi, lorsque je donnais à Christophe son précieux câble pour recharger sa handycam Sony. Mais voilà, comme très souvent, j’oublie quelque chose lorsque je filme, et ce soir, j’avais oublié chez lui mon Zoom H2n. Contenant par ailleurs toutes les pistes ambiance de mon tournage avec Marc Lavoine. Il était dispo le 29, il n’était pas forcément de bonne humeur, son voisin ayant eu la bonne idée de percer les murs, l’extirpant de son diurne sommeil … et refilmer J’l'ai pas touchée avec un tel boucan était exclu. Mais parce que le destin, parfois, on peut y croire lorsque ce genre d’événements se produisent, le son infernal des murs transpercés s’arrêta. On put enregistrer, sans le moindre échauffement, la chanson qui lui tenait à coeur. La lumière était inéluctablement plus présente, l’atmosphère diffuse présente le jour précédent s’était estompée, mais on y voyait plus clair. Mais qu’importe, filmer Christophe dans des conditions aussi privilégiées, hein, ça n’arrive pas tous les jours. Puis je décidais de lui montrer sur une tablette pas Apple le résultat des mots bleus. Je le voyais regarder très assidument le résultat. Lorsque la chanson fut finie, ses premiers mots furent “ah oui, elle est spéciale [cette version] quand même”. Et en effet, on peut clairement dire que Christophe s’est permis de faire une reprise totalement libre de son tube, avec un exercice de funambuliste, toujours borderline, incroyablement sincère. Qui pourra sans doute choquer / décevoir les amateurs de la version enregistrée jadis, mais qui devrait surprendre agréablement ceux qui justement, vont admirer à quel point une chanson, si l’artiste le veut, peut vivre de 1001 manières au fil des décennies.

Merci Mr Christophe, ce fut un plaisir.

Et l’on peut considérer très humblement cette session comme un très bon exercice pour le bonhomme, puisque dès janvier, il se produira seul sur scène, tantôt accompagné de son piano, tantôt à la guitare. A noter qu’à Paris, il jouera dans le somptueux Théâtre Marigny les 28 et 29 janvier. Et qu’en futur breton que je suis, signalons son passage à Nantes le 9 janvier à la Cité des Congrès.