Le HibOO

Courtivore, Acte I

5 ans que cette association 100% rouennaise propose un concours de courts-métrages qui a pour particularité de presenter des travaux amateurs et professionnels à la même enseigne. Beaucoup de monde pour cette première édition, et des courts d’excellente qualité !

L’heure officielle est 20h30 … l’entrée de la Maison de l’Université est rempli de personnes, principalement des jeunes femmes. Il faut dire que le Courtivore est devenu au fil des ans une institution. Cette année, point d’Amphi Axelrad et on ne s’en plaindra pas : en effet, la superbe salle de la Maison de l’Université est à même d’accueillir des spectacles (Remue Méninges ou Steac Frit pour l’impro, par exemple), des concerts (avec la venue récente de Pauline Croze, première partie du concert de -M- en février dernier), ou encore des séances cinématographiques. L’écran est géant, on se croirait presque dans une vraie salle de cinéma.

Après une entrée difficile (une organisation un peu particulière au niveau de la vente des tickets …), tout le monde s’engouffre dans la salle, tel un déstockage de l’hypermarché du coin … cependant la distance entre les premiers fauteuils et l’écran est idéal pour qu’il n’y ait ni bonne ou ni mauvaise place : chacun va pouvoir agréablement regarder défiler les 12 courts sélectionnés pour ce premier acte (à titre d’info, plus de 400 courts ont été envoyés à l’association en début d’année !)

C’est parti. Le droit chemin (cat. professionnel) séduit d’emblée le public par sa narration à la irréversible : bien que la voix off soit chronologique, le spectateur regarde les scènes dans l’autre sens. C’est bien joué, c’est bien cadré et le scénario est intéressant. Enchainement avec Les bougresses (cat. amateur) … tout le monde se laisse bluffer par la qualité incroyable de ce court amateur : les couleurs, les cadrages, et les quelques clins d’oeil font mouche. L’équipe se résume à quatre personnes, en l’occurence les protagonistes. Stric Eternum (cat. professionnel) n’est pas sans rappeler ces bons vieux épisodes en noir et blanc crées par un certain Rod Serling, répondant au doux patronyme de Twilight Zone. Décors faux, acteurs faux, mais véritable univers très Burton-Jeunetiste, un petit conte sympathique, mais hélas déjà vu. Minimum Overdrive (cat. amateur) est un véritable hommage à Maximum Overdrive de Stephen King … sauf que là, ce n’est pas un gros poid lourd qui écrase les gens, mais une petite voiture radiocommandée : travail de montage très bon, et parodie jouissive … On a Train (cat. professionnel) décrit la rencontre de deux personnes dans un train ne parlant pas la même langue, mais tentant de communiquer malgré cette barrière … la fin permet à ce court d’être plébisicité.Les Voyages Immobiles (cat. amateur) est un court réalisé en images de synthèses … véritable trip avec allégorie de l’inspiration, et de ses origines, les décors sont magiques, les musiques hypnotiques (cependant, facile quand on prend du Archive, Björk ou Massive Attack …), mais la trame laisse le public pantois, et les personnages sont loin d’être réalistes … sûrement le court le plus controversé.

Une petite pause de 10mn avec l’explication du concours … cette année il suffira de donner 2 post it (figurant parmi 10 autres, chacun représentant un film) pour voter … l’atmosphère est bonne enfant, on se donne les impressions de la première partie … tout le monde semble ravi. Sauf peut-être Laurent Geneslay, qui confie qu’il pensait voir une salle archi-comble : mais mesurons … elle etait très bien remplie.

La deuxième partie commence, après une tentative (échouée) de faire rire le public avec un nouveau membre de l’asso à chanter du Aznavour … :-) We are Winning don’t forget (cat. professionnel), suivi du gâteau (cat. amateur), qui n’est pas sans rappeler un passage du film Road Trip avec des spaghettis, La Cave (cat. professionnel), avec un cave hantée par José, le mari défunt, dans un dédale digne du labyrinthe du Minotaure. Ou encore La Fleur (cat. amateur), à la fois drôle mais le moins intéressant des amateurs (la particularité étant une sorte de double fin) … Dans tes rêves (cat. professionnelle), ou le rêve de l’idéal masculin, l’idéal de l’amour : des acteurs fantastiques (Blandine Lenoir et Nanou Garcia entre autre), des textes savoureux, et une fin drôle et touchante. Pour finir avec Greli Grelo, ou comment une bande de souris ont trouvé le moyen, grâce à un grelot, de repérer le vilain matou sur le bâteau …

Le public à la sortie fut convié au traditionnel pot offert par l’association tous les ans, mais il fut intéressant de voir l’engouement pour le vote … si certains ont élu leur meilleur court amateur et pro en quelques secondes, d’autres se sont vraiment arrachés les cheveux :) … quoiqu’il en soit cette cuvée 2005 est de loin l’une des meilleures depuis la création du Courtivore. Aussi, il serait dommage de manquer l’Acte 2, programmé le 2 mai prochain … ahhh oui : l’entrée est de 2 euros, autant dire rien du tout.

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