Brice de Nice

Eternel ado de presque trente ans, délaissé par son père affairiste et une mère absente, Brice s’est réfugié dans une posture, un “style” avec lesquels il exprime son être essentiel, son véritable vécu intrinsèque. Après avoir été BCBG, pseudo new-wave, néo-punk et post-baba, Brice est devenu un surfeur, winner, ascendant snowboarder. Comme Bodhi, le personnage de Patrick Swayze dans Point break, Brice attend la vague, SA vague… à Nice !Personne pourtant ne se risque à se moquer de Brice : redoutable bretteur du langage, Brice s’est fait une spécialité de “casser” tout et tout le monde par le truchement de ses réparties verbales. Car Brice de Nice le surfeur est également un grand casseur. Il fallait bien qu’un jour Brice soit rattrapé par la réalité…
Brice de Nice est un personnage créé par Jean Dujardin lorsqu’il faisait le comique avec la bande du “Nous C Nous”. C’est sans surprise qu’on le retrouve sur grand écran pour le meilleur mais surtout pour le pire. Attention, film interdit aux plus 16 ans !
Il serait facile de casser le film (pour reprendre la “Brice attitude”) ou bien de dire qu’il ne casse pas des briques. Pourtant, soyons clairs, le film ne casse pas trois pattes à un canard. Mais plutôt que de lui casser du sucre sur le dos, expliquons pourquoi le film… se casse la gueule. Le scénario tout d’abord qui est aussi épais qu’une feuille de cigarette. Brice de Nice, prononcé “Bryce de Nyce”, est un gamin de bientôt trente ans qui va être rattrapé par la vie. Il devra apprendre à se prendre en charge et commencer par se trouver un travail. Evidemment tout ceci n’est qu’un prétexte pour mettre en scène des situations comiques qui, malheureusement, pour la plupart, tombent à l’eau. Même les affrontements de “cassage”, dont on devinait la réserve comique, sont totalement ratés.
Le film paraît long malgré sa courte durée (1h32). La faute a des gags convenus, sans surprise qui peinent à faire sourire. L’univers est spécial et la lourdeur des blagues ne satisfera certainement que les amateurs du groupe des “Nous C Nous” de l’époque. Pourtant, le jusqu’au-boutisme assumé parvient parfois à le rendre attachant. Dans sa seconde partie, le film bascule même dans une sorte de Dumb & Dumber sans néanmoins en avoir le talent à cause de personnages secondaires pour le moins inexistants (si l’on excepte un Clovis Cornillac qui fait de son mieux), une réalisation anecdotique et une histoire cousue de fil blanc.
Vous l’aurez compris, Brice de Nice n’est pas ce que l’on appelle une réussite. Sans nul doute que certaines répliques se feront entendre dans les cours de récré et que le film trouvera un certain public. Mais passé un certain âge, le film ne vous fera sans doute pas rire. L’épilogue bâclé en deux coups de cuillère à pot est presque un soulagement tant on souhaite voir Jean Dujardin passer à autre chose. Car derrière l’air ahuri de Brice se cache un acteur dont le potentiel comique (et pas seulement, rappelez-vous sa très bonne prestation dans Le Convoyeur) mérite mieux que cela. Il n’en rebondira que de plus belle façon.