Mirrors

Un ancien flic, forcé de démissionner de son travail après un accident ayant couté la vie de son associé, travaille à présent comme veilleur de nuit dans un grand magasin brûlé et abandonné. Seuls quelques miroirs ont survécu aux flammes. Il réalise que ceux-ci cachent un horrible secret qui les menace, lui et sa famille. (Fiche Allociné)
On ne pourra reprocher à Alexandre Aja d’avoir pris des risques : alors qu’on lui confiait, comme tout film hollywoodien classique, de réaliser un remake de l’excellentissime Into The Mirrors, le frenchy déjà auteur du remake de La Colline a des Yeux et de son terrifiant Haute Tension a tout simplement décidé de partir sur d’autres pistes, tout en gardant l’idée des “mondes parallèles” issus des miroirs, qui avait tant démarqué le film coréen. Et le résultat, dans l’ensemble, est plutôt très bon.

Le film est assez terrifiant, non pas à cause de ses scènes d’horreur - à la fois rares, mais incroyablement gores, cf. le bain ! - mais dans la sublimation des peurs primaires dignes d’une trame hitchcockienne : le noir, les couloirs sans fin, et les miroirs, véritables acteurs à part entière. On applaudira d’ailleurs Aja pour avoir réussi, malgré les multiples reflets, à avoir dissimulé toute caméra. Mirrors est donc avant tout un film psychologique, rendant à ce sens hommage aux films d’épouvante asiatiques où il ne se passe quasiment rien, si ce n’est un concentré anormal de tension permanente faisant monter de manière incontrôlable l’adrénaline. Le tout soutenu, comme Hitchcock en son temps, par une bande originale à la fois omniprésente et discrète, aux violons souvent stridents, histoire d’équilibrer la terreur entre les tympans et les rétines. Ca fonctionne à merveille. Mais …
Voilà, il est des rôles qui vous collent à la peau, et à aucun moment Kiefer Sutherland n’arrive à s’échapper - ou à faire échapper - l’image de Jack Bauer. Notamment sur la dernière demi-heure, où le psychologique laisse place à l’action surnaturelle horrifique façon Silent Hill, permettant de voir à quel point le personnage qu’il incarne est tout simplement doté d’une capacité de survie qui dépasse la normalité. D’ailleurs, l’analogie avec l’adaption du jeu vidéo n’est pas anodine, mais pour cela, il faudra regarder le film pour vous en faire une idée.
Alexandre Aja est désormais sans aucun doute un réalisateur plein d’avenir, bien plus prometteur que le charlatan de Shyamalan ; néanmoins, en voulant s’essayer à un style beaucoup moins brutal qu’à l’accoutumée, ce dernier a pris un énorme risque : le pari peut être considéré comme réussi, car même si Mirrors n’est pas dénué de défauts, ce film techniquement époustouflant est vraiment flippant. A tel point que lorsque l’on décide de le voir à la séance de 22h, le premier réflexe que l’on a en rentrant chez soi est d’éviter de croiser un miroir …