Le HibOO

Le Couperet

Bruno Davert est un cadre très supérieur dans une usine de papier. S’étant fait licencier avec quelques centaines de ses collègues pour cause de délocalisation, il est prêt à tout pour retrouver un poste à son niveau, même à tuer ses concurrents.

José Garcia avait déjà impressionné avec ‘Rires et Châtiments’, l’un de ses premiers rôles où le comique était mis de côté. Mais rien en comparaison du couperet, véritable polar noir, mais reflétant bien un état d’esprit d’une société qui a oublié l’humain au profit du roi bénéfice. Angoissant.

Les synopsis les plus courts sont généralement bon signe … et Le Couperet n’y échappe pas. Entre farce satirique et ’social fiction’, Le Couperet alterne scènes faussement ridicules avec plan machiavélique. José Garcia, véritable pantin de l’extravagance, prend tout le monde à revers en proposant à l’écran un personnage sobre, qui rend ce dernier d’autant plus glacial. Un plan millemétré pour une action qui l’est beaucoup moins, le spectateur est à la fois amusé, choqué et stupéfait de la raison pour laquelle l’acteur se transforme en serial killer parfait.

La réalisation est brillante : conforme à la sobriété du sujet, à la sobriété de ses acteurs, les couleurs sont sombres, les macros assez nombreuses (afin de capter au mieux les expressions des visages) … même si l’on note la présence de la divine Karin Viard, José Garcia crève l’écran.

Une morale assez peu conventionnelle, où le méchant malgré lui ressort comme un véritable héros (pour le bien de sa famille, et de son équilibre), Le Couperet fait parti de ces excellentes surprises. A voir pour son scénario, pour ses touches d’humour dans un univers résolument glauque (l’indivualisme et le confort personnel sont-ils un enjeu vital au point de tuer ?), et pour la prestation sans faille de José Garcia.

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