Metallica - Death Magnetic

Universal Music avait envoyé au HibOO’s HQ un “CD” du dernier album de Metallica. Ce dernier n’était en fait qu’un package contenant une carte de membre “premium” permettant, la veille de la sortie de Death Magnetic, de pouvoir écouter en stream les 10 nouveaux titres des vétérans du thrash metal, style aujourd’hui relegué au rang de vestige musical d’une époque lointaine où un certain public aimait les soli interminables, les riffs d’accords plaqués rythmés par des triples croches jouissives, sans oublier le principal : des textes rebelles éraillés par une voix élevée au whisky. En l’an de grâce 1983, un petit combo américain balance “Kill’em All”, et deviendra par la suite le chef de file de plusieurs générations de groupes incapables de se démarquer de l’influence qu’aura représenté une telle bombe.
Metallica n’est pas en soi un groupe, il est une légende, qui a été capable du meilleur en terme de composition (Ride the Lightning, Master of Puppets et And Justice for All), du meilleur au niveau mixage sonore (Black Album), et qui s’est ensuite perdu dans un trip qui a dévasté les puristes de la première heure, mais rameuté toute une nouvelle génération qui avait encore les tympans vierges des bombes d’antan (Sepultura, Slayers, Testament, Anthrax, Megadeth and co) … Load et Reload furent pour beaucoup - dont moi, avec ce nullissime concert à Donington lors des Monsters of Rock mi 90 - le début de la fin. Après tout, le groupe avait fait son boulot, d’autres plus hargneux étaient entrés dans la course - Nevermore, Iced Earth, Symphony X … - et le thrash metal est désormais plus proche de la langue morte parlée jadis par les vieux cons aux cheveux longs. Sauf que voilà, Metallica, l’un des protagonistes de la guerre Napster, Metallica, les vieux qui ont suicidé leurs oeuvres avec des versions symphoniques dignes d’une Gameboy est ce genre de groupe qui arrive toujours à surprendre. Et après moult battages médiatiques - dont la pitoyable vidéo pseudo introspective diffusée sur Arte - le groupe revient, en 2008. La question étant de savoir : Death Magnetic est-il dans le continuité des Load / Reload / St Anger ou bien renoue avec le passé, ce passé nostalgique qui fut l’âge d’or et du groupe, et du style musical qu’ils ont crée ?

Rendez-vous donc sur www.missionmetallica.com, remplissage du formulaire qui n’en finit pas, passcode pour faire partie de l’élite - merci Universal - permettant l’écoute en streaming, et let’s go.
A la première écoute globale, l’on reconnaît tout ce qui a pu faire le succès du combo américain : des riffs franchement percutants, une ligne vocale identique depuis 20 ans - on aime ou on n’aime pas, une batterie toujours aussi extraordinaire, des compos très riches en suites rythmiques et des soli inspirés : Death Magnetic pourrait être considéré comme une sorte de fusion entre le Black Album (mixes, refrains) et Master of Puppets (lignes vocales, soli, rythmiques chiadées, titres à rallonge). Des titres sortent immédiatement du lot, comme le fantastique The End of The Line, qui reflète à lui seul l’esprit du groupe et de leur nouveau rejeton : puissant, efficace, progressif, et captivant. Adjectifs pouvant être assigné à l’ensemble de l’album (l’intro interminable de All Nightmare Long par exemple relève de l’extase)
Mais tout n’est pas aussi rose que dans le monde des bisounours, et forcément, quelques défauts viennent entâcher cette description dithyrambique. Ainsi un titre à l’instar The Day that Never Comes n’avait rien à faire dans cette production ; non pas qu’elle soit dénuée d’intérêt, mais c’est tout à fait le Metallica qui m’a fait déserter : voix et suite d’accords insipides, aucune tension, aucune recherche. Idem pour Cyanide, sans réelle ampleur comparé aux perles présentes sur la galette. Inutile de disserter sur The Unforgiven III, seul le premier épisode est magnifique, le reste est à oublier, dont celui-ci (ou plutot, surtout) …
Outre l’imperfection homogène, le défaut majeur de Magnetic Death est certainement un manque de projection dans la musique actuelle : Metallica a sans doute voulu faire plaisir à ses 3 générations de fans réunis, mais cet album sonne du coup très 80′ début 90′. Ceux qui furent les novateurs en leur temps ne font désormais que suivre le mouvement. Cela n’enlève en rien les qualités monstrueuses de l’album, mais si en 1986 Master of Puppets a révolutionné le monde metal, tout comme Ride The Lightning 2 ans auparavant, Death Magnetic ne sera qu’un très bon album metal 2008. Enfin - et ceci à titre purement personnel - lorsque l’on embauche Trujillo, monsieur titan ex Suicidal Tendencies capable de réaliser des trucs dingues à la basse en slap et tapping, on regrette sincèrement qu’aucun titre ne puisse profiter de son savoir-faire rythmique : ce dernier remplace de manière quasi transparente Newstead, qui lui même avait remplacé le défunt Cliff Burton.
Death Magnetic (ou “l’album aux riffs à la triple croche”) est donc une très bonne surprise. Metallica a su, à défaut de se renouveler, retrouver l’essence originelle de l’énergie qui émanait de leurs titres anthologiques. Rien de révolutionnaire, mais les papys font de la résistance, et leur son unique leur permet immédiatement de balayer les gamins qui tentent de jouer dans la même cour (genre Trivium) www.myspace.com/metallica
Vous pouvez également lire la chronique de David Bénard, mais sachez qu’il aime aussi Jean-Jacques Goldman, et que par conséquent, il n’est pas tout à fait sain de corps et d’esprit :)
Tracklist
- That was Just Your Life
- The End of The Line
- Broken, Beat & Scarred
- The ay That Never Comes
- All Nightmare Long
- Cyanide
- The Unforgiven III
- The Judas Kiss
- Suicide & Redemption
- My Apocalypse
“Death Magnetic” est un album qui présente toute la synthèse de la musique de Metallica. On y trouve l’echo de tous les albums précédents (y compris St Anger et Load/Reload). Il présente, selon mon avis, quelques défauts majeurs :
- La production laisse à désirer, le son sature. On attendait mieux de la part de Rick Rubin.
- Le jeu de Lars Ulrich a la batterie est plat. Sans créativité, et parfois il est hors jeu.
- Les solos de Kirk Hammett ne sont toujours à la hauteur (même les solos sur Load/Reload était mille fois meilleurs).
Les points forts de l’album :
- Les riffs
- La voix de Hetfield
- Les paroles
-Le jeu de Rob Trujillo
“un manque de projection dans la musique actuelle “…
La musique actuelle c’est quoi?
d’après ce que j’ai pu entendre, c’est un très bon album sans surprises, Metallica est une marque qui ne veut pas décevoir ses consommateurs. c’est l’impression que donne le film “Some Kinds of Monster”.
j’imagine bien Lars Ulrich introduire la marque et la faire côter en bourse.
Shyboy, en 1986, la musique n’etait pas aussi riche et innovatrice que maintenant. en 1986, c’était bien plus formaté, bien plus compartimenté qu’aujourd’hui, c’est le sens de la phrase (où déjà, tu l’occultes de son contexte, alors forcement :))
“d’après ce que j’ai pu entendre” VS “en l’ayant écouté xxx fois” me concernant :) tu verras par toi meme lors de l’achat de l’album, si bien sur tu achetes tes albums : par ailleurs, je dis qu’il s’agit d’un tres bon album. Mais pas ZE album.
A la première écoute, bonne impression mais aucune compos ne met la claque.
Après plusieurs écoute, c’est sympa à écouter (vraiment de bons riffs) mais c’est trop foulli.
Enfin vu le nombre de bons albums qui sortent ces temps ci, cet album est le bien venu.
Et puis à 50 balais, faut le faire :)
Écouté quelques tounes comme ça. Metallica donne l’impression d’être le fantôme de lui même. C’est assez triste, le chanteur n’a plus de souffle ni de background dans la voix, ça en devient touchant le temps d’un refrain puis ça lasse. Les solos de guitares qui avançaient à toute berzingue sont restés au garage. Boaf quoi, en même temps, je dis ça mais j’ai écouté que quatre tounes hein… mais pas envie d’aller plus loin. Des type comme Bob Dylan ou Bruce Springsteen tiennet mieux la route à l’heure actuelle…
Metallica Death Magnetic : “That was just your album…”
Metallica revient 5 ans après un St Anger très critiqué, avec ce son de batterie très métallique et décrié par tout le monde. Cependant, c’était un album rageur, à la lumière du film ‘Some kind of monster’, un son monstrueux et étrange, un combat contre eux-mêmes et un instinct de survie (’shoot me again i ain’t dead yet’). Bref , un album que j’ai aimé, plus par l’approche nouvelle et risquée. Et j’ai plutôt tendance à respecter les groupes qui font ce qu’ils veulent, essayent des trucs, et créent leur propre chemin ….
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Enfin : Death Magnetic. Clairement un retour en arrière, 20 ans même, ce qui ravira les amateurs de Justice, Master et Ride. Nouveau producteur (Rick Rubin), nouveau bassiste (Robert Trujilo n’avait pas joué sur le précédent album), on est quand même alléchés.. ..
Côté compos, les morceaux sont tous très longs (plus de 7 mn pour chaque titre) et à tiroirs multiples. Même si après plusieurs écoutes, l’album s’apprivoise, certains morceaux finissent par accrocher vraiment: ‘Judas kiss’, ‘All nightmare long’, ‘Broken, beat & scarred’, ‘That was just your life’, pour les titres les plus puissants, ‘The day that never comes’ et ‘Unforgiven III’ pour l’émotion. ….
Côté bourrin, ‘My Apocalipse’ remplit son contrat, à savoir un morceau défouloir, détesté par certains, adulé par d’autres. Un morceau court et speed en fin d’album, ça vous rappelle rien ?…
Côté ratés, on a droit à l’instrumental le plus ridicule de toute l’histoire des instrumentaux ‘Suicide & redemption’, avec son passage doux et mièvre à pleurer de rire. Quant à ‘Cyanide’, il est limite, tant sa construction est bordélique, mais on peut applaudir le passage ’spanish métal’ au milieu (écoutez, vous verrez de quoi je parle), assez innovant dans ce style.
Cependant rien n’est absolu chez Metallica. Un bon titre comme ‘The Day that never comes’ peut contenir des choses navrantes, comme le break pompier joué sur la caisse claire par Lars Ulrich (triolets de croches), ou à l’inverse, le pire morceau de l’album, ‘Suicide & redemption’ a de belles harmonies tendues, juste après la mélodie très ‘30 millions d’amis’ et juste avant le retour de la mélodie cul-cul… (Non, franchement, ce titre est impossible. On dirait une musique pour documentaire …)
Côté style, justement, c’est le retour flagrant aux années 80, la technologie en plus, et le producteur compétant. (qu’on arrête de me la raconter, même si les morceaux de Ride, Kill, Light et Justice sont bons, le son est généralement mauvais, avec les reverbs en veux-tu, en voilà, etc..). Alors on ressort les collants et les mélodies guitares à la tierce, façon Maiden ?….
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Côté inspiration, ça se complique. Les éléments des morceaux s’enchaînent moins naturellement, et par moment, ils manquent de limpidité. En témoignent les longueurs assommantes des titres. On les sent moins inspirés dans les mélodies, et contrairement à la majorité des fans transis, les solos sont redoutablement ennuyants, vains et placés un peu n’importe où, sans feeling. Comme s’ils devaient se faire pardonner du précédant opus totalement SANS solos (moi, j’aime bien ça). A l’instar de ‘Suicide & redemption’, on sent que les mecs, ils savent plus vraiment où ils en sont…
Côté son, lorsqu’on connait le travail de Rick Rubin, on sait que les guitares vont être mixées en avant, et la batterie plus en retrait. A la première écoute, cela choque, quand on est habitué au son très puissant de la batterie, qui a fait la marque de fabrique de Metallica depuis 1991. Lorsqu’on analyse un peu, on s’aperçoit que dans le Black Album, la batterie était largement surmixée. Là, ce n’est plus le cas, et du coup, le jeu très typique de Lars Ulrich peine un peu, et sonne légèrement comme une boite à rythme schizophrénique qu’on aurait compressé à mort. Le choix du producteur était-il judicieux ? Il est vrai qu’avec un groupe comme System of a down, la recette fonctionnait à merveille, tant l’energie hardcore primait. Pourtant, pour ‘God hate us all’ de Slayer, le mix laissait place à une batterie fracassante…
Globalement, le son est trop compressé. En clair, on diminue les crètes maximales et on augmente les minimales pour pouvoir pousser le volume sonore au maximum. Cette pratique finit par ne plus avoir de sens, car on perd la dynamique et le naturel du jeu musical. Mais apparemment pour les maisons de disques, gros son = gros sous. Une polémique commence à se répandre sur le net, à ce sujet…ils n’ont pas de chance les gars.. on les accuse d’avoir négligé ce mastering, alors que la musique disponible sur le jeu Guitar Hero serait de meilleure qualité. (ils n’ont rien fait, ils mangeaient tranquillement des Donuts dans leur piscine lors du mixage !). Après l’affaire Napster, l’affaire Guitar Hero. On a le droit de rire…A suivre donc.
Et un mot sur la basse. On se demande à quoi ça sert de se payer un bassiste de la trempe de Trujilo pour le cantonner à appuyer les notes graves de Hetfield, la plupart du temps ?
Pourtant, l’album finit par accrocher.
Mais je ne peux m’empêcher de penser que Metallica ne devrait pas écouter ses fans…
Pourquoi est-ce qu’on a encore envie de s’intéresser à ce groupe? N’est-ce pas un peu ridicule et triste de revenir 20 ans en arrière, et de nous sortir des titres mastodontes, maladroitement imbriqués ? Je n’ai rien contre les constructions complexes, au contraire . Mais des thèmes, ça se travaille entre eux, ils s’alimentent respectivement pour donner une cohésion. Et même si l’on recherche le chaos, on doit trouver l’art de le faire sonner musicalement, sinon, c’est brouillon. On a plus l’impression que Metallica a fait des copier-coller de riffs, en accumulant des changements inutiles.
Mais voilà , je ne m’inquiète pas pour eux, les fans pré-Black Album ont l’air d’être comblés…
siril
Ce disque est une honte ! Le son est saturé sur les percus, très mauvaise qualité audio sur une chaîne Hifi digne de ce nom ! Pour un groupe de ce niveau (de rémunération), c’est n’importe quoi ce mastering et ça ne me laisse même pas le loisir d’écouter pour en juger le côté artistique.