Le Rock Dans Tout Ses Etats 2006

Le Rock Dans Tout Ses Etats 2006, c’est fini ! 23 ème édition du plus grand festival normand, également bien côté à l’échelle nationale. Cette année, point de tête d’affiche extraordinaire, mais des surprises et des confirmations… Retour sur deux jours agréables et quelques concerts de grande classe.
Le soleil est au rendez-vous ébroïcien, à tel point que c’est sur une herbe brûlée que les premiers festivaliers dressent leur tente. L’an dernier, pas moins de 24.000 personnes s’étaient massées hippodrome d’Evreux. Le cru 2006 semble faire aussi bien. Pour ouvrir le festival, Asyl, censé incarner le futur du rock français, mais rien de bien transcendant à l’arrivée, il est es successions lourdes à porter. Et puis la maigre assistance du vendredi après midi ne jouait pas en leur faveur.
La suite, c’est une paire de bonne surprise : On commence par le M.A.P., le Ministère des affaires populaires, cousins pas du tout éloignés de Java. Un rap guinguette engagé, militant de la révolte du peuple, les petits gars du MAP sont aussi d’excellents musiciens. Un concert plus que sympa de la part d’une bande dont on entendra parler sans délai. Une fête en appelant une autre, Marcel et son orchestre fait son apparition scène A. Comme à leur habitude, les nordistes déboulent déguisés, genre beautés vulgaires (mention spéciale au bassiste, égal de José Garcia en Cindy Trop forte). Musicalement, c’est plutôt rock, très festif en tout cas, ça rappelle Ska P, moins accentué trompette. Le public, déjà bien chaud (et plus nombreux), répond présent à l’invitation au délire lancée par le groupe.
Sur la scène B, c’est une autre paire de manche qui se trame, un duo venu d’outre Atlantique répondant au nom de Two Gallants. N’était il pas prétentieux de comparer ce combo guitare batterie aux maîtres du genre, j’ai nommé les White Stripes ? Et bien non, pas d’usurpation, Two Gallants, c’est une impressionnante maîtrise de technique, des morceaux accrocheurs et une voix si particulière, genre enrayée grave. Tyson Vogel est élu champion du monde des batteurs du festival, un monstre de technique et de maîtrise.
Le Banana club ouvre ses portes à 21h, il restera ouvert jusqu’aux premières lueurs du jour. Cette première soirée offre des artistes electro plutôt décevants, du moins pas vraiment dans l’ambiance festive du festival. Seul Nathan Fake, énorme tête d’affiche ici, tire son épingle du jeu et fait l’unanimité sur le dance floor. A noter que ce chapiteau, déjà trop étroit l’année dernière, devient vraiment rikiki dès lors que la musique electro séduit de plus en plus le grand public.
Côté Rock, c’est dEUS qui s’y colle, les belges confirment leur belle prestation de l’Exo7 et proposent un set très carré. On regrettera cependant un jeu de scène quasi inexistant. Tom Barman et ses amis sont toujours dans le coup et débutent ici une longue tournée des festivals français. A voir au moins une fois. On enchaîne sur la scène de droite avec Razorlight, les anglais proposent une prestation anecdotique, bien mais sans plus.
La tête d’affiche de la soirée devait être Cali, mais le rockeur français, malade dit-on, a sombré dans des déclarations niaises et racoleuses, gâchant les quelques morceaux agréables à écouter. Un set plutôt énervant au final pour un artiste loin de justifier son statut de star de la scène. Le moment où il fût le plus applaudit, c’est lorsqu’il demande au public de saluer les Dionysos pour lui le lendemain. Non, la véritable tête d’affiche de la soirée se nomme Katerine, Philippe Katerine. Décontracté au possible lors de son passage dans le studio mobile de Ouï FM dans l’après midi, notre chanteur déjanté préféré, affublé d’un frou-frou rose se met d’entre le public dans la poche par un jeu de scène et des chansons des plus surprenantes. La plupart issues de son dernier album Robots après tout. On prend beaucoup de plaisir à écouter Borderline, 78-2008, ou encore l’hilarant 100% VIP ! Cerise sur le gâteau, ses musiciens sont au moins aussi fous que lui, le guitariste devrait d’ailleurs songer à faire une carrière d’acteur, son charisme l’y aiderait probablement. C’est sur ce sourire que la journée se termine.
Il ne serait pas honnête d’oublier la très bonne scène régionale, la Papamobile. Un révélateur de talent qui invite cette année La Mygale, La maison Tellier, The Ebroïcians, The Jury et Kanka. Tous issus du comté. Une scène en forme de tremplin pour des groupes à mi chemin entre révélation et attente de reconnaissance nationale. Prenons le cas de la Maison Tellier, le groupe dont on parle dans toutes les chaumières. Il suffit de les observer quelque peu pour comprendre : Le talent est là, tout simplement. L’album sera dans les bacs très prochainement, c’est un incontournable qu’il faudra se procurer de toute urgence. La radio rock, Ouï FM ne s’y trompe pas en invitant le combo normand en session spéciale à l’antenne
Le deuxième jour est marqué par l’arrivée de plusieurs poids lourds du rock actuel, j’ai nommé Dirty Pretty Things, Dionysos ou Franz Ferdinand. La journée débute tout doux, mais aux alentours de 19h, le programme s’affole avec l’entrée en lice de Bumcello, alias Vincent Segal et Cyril Hatef, plus connu pour être les musiciens d’un certain –M- sur scène. Samples et délires au violoncelle surprennent toujours, quand on sait que l’improvisation rythme le concert des enfants terribles de la musique. Au même moment La maison Tellier se met la Papamobile dans la poche, avec son folk – rock venu d’ailleurs et leur désormais classique reprise de Rage Against The Machine, Killing the Name On toute particulière. Dans la foulée, Depth Affect, quator electro nantais ouvre le Banana club de manière élégante et entraînante. Un bon moment visuel et sonore.
Premiers à dégainer l’artillerie lourde, les Dirty Pretty Things de Carl Barat, ex Libertines, donnent le tournis à un public de connaisseurs. Tous les tubes (et il y en a beaucoup) du premier album, Waterloo to Anywhere y passent. Le côté punk énervé fait lever la poussière devant la scène A. On adore Doctors and dealers, distillé avec une telle poigne, qu’il oblige au moins le pied à battre la mesure. Une très belle prestation. Dirty Pretty Things chauffe la scène, pas dans le vide puisque le groupe qui lui succèdera n’est autre que Dionysos. Autant le dire tout de suite, c’est le moment du frisson de la soirée. Dionysos, définitivement groupe à part explose tout (encore et toujours). Une foule énorme s’est rassemblée devant la scène A, Matthias et sa bande déchaînés comme jamais mouillent la chemise, au propre comme au figuré. Babet, victime d’un mauvais réglage micro en début de concert se débat au milieu de la fournaise. Une heure de Dionysos, c’est bien trop peu, le groupe proposera alors un concentré de ce qu’il sait faire de mieux : Une mise à feu musicale ! Ca commence avec Giant Jack, on poursuit avec les titres de Monster in Love, mais aussi les très bons Don Diego 2000 et Song for Jedi. On atteint le zénith de la soirée lors de La métamorphose de Mister Chat, lorsque Matthias organise le championnat du monde du « Ta gueule le chat », remporté par le public du Rock. Le chanteur fou enchaînera avec un aller – retour en slam jusqu’à la sono, soit environ 150 mètres à bout de bras, un grand, grand moment du festival. Mention également pour Miss Acacia ou Tes lacets sont des fées. Un concert en forme de rêve, vraiment.
The Infadels débutera son concert scène B (on ne plaisante pas avec le timing ici), mais ça n’empêchera pas Matthais de faire chanter A cappella, les centaines de personnes restées devant la scène. J’ai froid, je pleure de la neige… Grandiose. The Infadels me direz vous ? Une performance de haut vol, du rythme et un rock mélodique efficace. Le Rock Dans Tout Ses Etats 2006, clôturera avec Franz Ferdinand les écossais infatigables distilleront leur tubes (Take me out, Do you want to, The Dark of the matinée…) et cerise sur le gâteau, un très bon morceau encore inédit.
Pour conclure, la 23 ème édition du festival ne restera pas comme la plus prestigieuse en terme de programmation, mais peut être sera-t-elle la meilleure concernant l’ambiance et la fréquentation. Espérons en tout cas qu’elle ne sera pas la dernière, on sait tous que le Rock vit peut être ses derniers jours, et à cela, on ne peut répondre qu’une chose : NON ! Un festival tel que celui-ci mérite longue vie, ajoutons-y du théâtre de rue et quelques autres animations pour qu’il gagne encore quelques lettres de noblesse. Et si l’organisation n’a pas été abordée dans ce billet, c’est qu’il n’y a rien à en dire, le Rock est une affaire qui roule et plutôt sur les bons rails.
» site web du Rock dans tout ses états www.lerock.org
Bonjour,
Très sympa le texte sur le festival rock, bonne analyse. Ca donne envie d’etre revenir…
Q’avez-vous penser de The Ebroicians ?
Cordialement
Martin.