Bangkok Dangerous

Joe, un tueur professionnel sans scrupules, atterrit à Bangkok afin d’exécuter quatre contrats pour le compte d’un chef mafieux nommé Surat. Il engage Kong, un pickpocket de rues comme intermédiaire, de façon à ne laisser aucune trace derrière lui. Mais alors qu’il a toujours évolué en solitaire, Joe prend le gamin sous son aile et s’engage dans une relation sentimentale avec une vendeuse locale sourde et muette. Petit à petit, Joe est gagné par la beauté capiteuse de Bangkok, au point de remettre en question son mode de vie, son isolement et la prudence qui lui a jusque-là permis de rester en vie. (Fiche Allociné)
Si le film avait été porté par Jean-Claude Vandamme, ou son alter ego dans les films d’action série Z Steven Seagal, cela aurait pu frôler le grandiose (car psychologiquement préparé, puisqu’aucun des deux acteurs n’a joué dans un bon film, si ce n’est le récent JCVD)
Si le film n’était pas un remake d’une production réalisée jadis (il y a 2 ans à peine ! bientôt l’on tournera les films et les remakes en même temps :)) par les frères Pang eux-mêmes (à l’instar d’un récent Funny Games d’Haneke, transformant son oeuvre originelle en projet reboosté avec intelligence), on aurait pu apprécier l’apport de la surdose d’effets saturés dans les images, des focus ultra graphiques, de la musique à tendance technoïde fracassant à chaque seconde les tympans, pour finalement se dire “putain, l’original, ça a quand même une autre tronche, même si ce n’était déjà pas à la base un chef d’oeuvre”.

Si le film n’avait pas été la confirmation de la descente vers les abysses de la médiocrité de la carrière pourtant prometteuse de Nicolas Cage, décidément attiré par les projets insipides le rendant de plus en plus ridicule, on aurait pu ne pas détester.
Si le film d’une durée pourtant courte n’apparaissait pas si long et ennuyeux, à cause d’une trame pitoyable - un tueur professionnel subitement épris d’une autochtone semble découvrir les notions d’amitié et d’amour jusqu’à oublier ses missions, et à risquer son existence pour ces nouveaux sentiments, et d’un rythme sans cesse cassé par ce ping pong fatigant entre les scènes d’action et les sentiments cul cul la praline, on aurait pu ne pas bailler devant le grand écran.

Mais soyons clair : Bangkok Dangerous est une bouse immonde, invraisemblable, aux scènes d’action vues et revues, à la bande originale saoulante, aux effets graphiques inutiles, à la direction d’acteurs inexistante. Le genre de films qui a très mal vieilli, même en remake. R.I.P. Nicolas Cage, tu rejoins le clan des Vandamme, Segal, et ce n’est pas ce qu’on pouvait espérer de mieux pour toi.