Le HibOO

Franck Dubosc

Franck Dubosc nous attend dans sa loge, peu avant le spectacle, ’son’ spectacle au Zénith de Rouen. Il est disponible, très sympa et se prête avec plaisir au jeu des questions. Il revient sur son passé, sa carrière. Franck nous révèle des choses intéressantes sur le romantisme. Un grand moment, à quelques minutes d’entrer dans l’arène …

Franck, tu sais qu’il est amusant d’entendre ici, à Rouen, toutes ces histoires autour de toi : ‘Mon oncle était à l’école avec lui’, ‘Ma tante est sortie avec lui’ …

La plupart de ces affirmations sont fausses, les gens me laissent souvent des messages sur mon site internet pour me dire des choses comme ça. On me dit ‘Tu es sorti avec ma mère’, mon dieu, si ça pouvait être vrai ! Je pourrai les compter, on devrait arriver à quatre ou cinq tout au plus.

Te sens tu attaché à ta région rouennaise ?

Oui, bien sûr, ma mère y vit encore, j’y reviens très souvent. En fait, je m’y suis ré attaché avec les années, je n’avais pas beaucoup d’attaches. Par exemple, je ne suis jamais sorti avec une fille ici, toutes celles qui vous diront le contraire sont des menteuses, hélas… (Rires). Il serait trop facile de dire que j’ai une grande attache à la ville alors que je me faisais refouler des boîtes. Lorsque tu n’es pas connu, tu n’es rien. Après, c’est vrai que je suis normand, ma mère est normande, mon père aussi, je ne suis pas spécialement fier de l’être. Je ne suis pas de Rouen mais de Grand Quevilly, c’est marrant de constater qu’aujourd’hui, les jeunes de là bas disent qu’ils viennent de la banlieue de Rouen. A mon époque, le mot ‘banlieue’ n’existait pas, nous on venait du Grand Quevilly ! Je ne suis ni fier, ni pas fier, en fait, j’en suis fier quand je viens jouer ici. J’adore jouer devant les gens du cru, ça m’amène une famille que je n’avais pas quand j’étais plus jeune. J’avais envie qu’on me regarde, on ne me regardait pas. Maintenant on me regarde différemment et ça me fait plaisir que ce soit des gens de chez moi.

Y a-t-il une pression supplémentaire lorsque l’on sait que la famille et les amis sont dans la salle ?

Oui, je sais que quand je joue à Rouen, le public est un peu plus anxieux, il a peur que le gars du coin se trompe. Rouen est un public difficile, j’ai la chance qu’il le soit un peu moins pour moi parce que je suis du coin. Les gens, ici, sont toujours un peu plus timides, un peu plus réservés. La pression est là parce que je suis d’ici et qu’ils ont envie que je les représente bien. Ma mère est dans la salle, ça rajoute toujours une petite pression, même s’il est vrai qu’elle ne juge pas le spectacle, elle le préfère dans les plus petites salles. Elle m’a déjà vu plusieurs fois.

On a l’impression que chez les humoristes, chacun s’emploie dans son créneau. Bigard est ‘le vulgaire’, toi le séducteur, c’est une ligne de conduite pour tes spectacles ?

Je fais rire avec ce que je sais faire. Pour prendre un exemple, les téléphones portables d’aujourd’hui ont beaucoup de fonctions, on s’y perd un peu. Quand ils en avaient qu’une, c’était plus facile, on savait tous s’en servir. C’est un peu la même chose pour moi. Je préfère avoir moins de fonctions, pour moins m’éparpiller et que le public connaisse le mode d’emploi. Il sera ainsi plus rapide à réagir. C’est un peu comme un chanteur : On retient toujours un tube. Pour certains, le tube sera un slow, on les retient alors comme des chanteurs d’amour, même s’ils ont fait des chansons un peu plus rythmées à côté. C’est l’image qui nous fait vivre, pour ma part, j’ai commencé à exister le jour où l’on m’a mis une image. Ceux qui, chez Ruquier, on essayé de faire du One Man Show ont failli, il n’ont pas pu parce qu’ils n’avaient aucune image. J’ai commencé à exister le jour où Philippe Geluck s’est assis à ma place dans l’émission, il a dit : « Bonjour, je suis Franck Dubosc ». Je le regardais à la télévision, je me suis dit : « Ah oui, c’est vrai, je dis toujours ça ! ». C’était une synthèse de ce que j’étais, j’ai joué là-dessus et j’ai continué sur cette voie. Il y a d’ailleurs une réplique dans le spectacle où je fais un retour en arrière, je me présente à une fille, et je me tourne vers le public en disant : ‘Oui, je ne me présentais pas en disant : Bonjour, je suis Franck Dubosc. Je n’étais pas aussi prétentieux qu’aujourd’hui !’. J’ai coupé le reste de la phrase qui disait ‘Peut être qu’un jour, éventuellement, je serai Franck Dubosc’. Cette réplique ne fonctionne qu’en petit comité, je l’ai donc enlevée du spectacle.

Un romantique, c’est un mec qui n’a pas de nana ! Les romantiques n’ont jamais eu leur place.

Comment reconnaît on le romantique aujourd’hui ?

Un romantique, c’est un mec qui n’a pas de nana ! Les romantiques n’ont jamais eu leur place. Dom Juan était un niqueur. Un romantique est un ringard, ça ne marche pas. Les femmes rêvent de ça, mais on ne peut pas leur donner. On peut imaginer dire à une femme qu’on va l’emmener manger des fruits de mer au bord de l’océan, elle vous répondra : ‘Oui, mais attends, à quelle heure on part, demain je dois me lever…’. Si elle vous aime, ça va, dans le cas contraire, vous êtes un con et un ringard. Ecrivez lui mille poèmes, si elle ne vous aime pas, vous êtes un con ! Le romantisme, ce sont d’abord des souvenirs, ceux d’une ballade sur la plage. Ce dont on ne se souvient plus, c’est qu’il faisait un temps de chien et qu’on se gelait les couilles ! Aujourd’hui, ce qui est romantique, ce sont les textos. On s’écrit et puis dès que l’on passe à l’oral, ça devient plus compliqué. A une époque, on s’écrivait de longues lettres d’amour et dès qu’on se croisait, ça devenait normal, il fallait niquer. Avec ce nouveau spectacle, tous les journalistes me demandent : ‘Alors, est ce que vous êtes romantique ? ‘. J’ai trouvé la parade en répondant : ‘C’est le titre de mon spectacle et je ne pense pas que Léonardo DiCaprio ait été si Titanic que ça !’ (Rires).

Tu as de nombreuses activités, notamment le spectacle et le cinéma, à laquelle va ta préférence ?

Spectacle, sans hésiter. J’ai essayé de devenir comique pour être connu et j’aime que l’on m’appelle au cinéma en tant que ‘nom’. Vous allez voir ce que c’est, ce soir, lorsque j’entre sur scène, il n’y a rien qui peut remplacer ça. Aucun film de cinéma ne peut remplacer ça, à moins d’avoir l’ego beaucoup plus haut placé. Etre devant des gens qui hurlent, qui applaudissent, forcément, ça flatte l’ego, mais avoir envie de se voir sur grand écran et que les gens vous aiment pour ça, c’est encore pire car on n’ose même pas l’affronter. Je vais faire un film avec Fabien Onteniente, ce sera mon nouveau bébé. Je ne veux pas en faire dix, on m’en a proposé plusieurs mais c’est délicat. Il y a la promotion à assurer, je dois faire beaucoup de choses. Je veux m’investir dans chaque nouveau projet et prendre le temps de bien faire les choses. Un tournage de cinéma, c’est du repos, pour moi, tourner c’est les vacances. Au niveau de la fatigue, c’est plutôt reposant.

Un commentaire

  1. jte kif frank quang tu ve tu me donne ton num ses quand tu tourne ds le 91 ??

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