Le HibOO

Night of the Proms 2005

Troisième édition en France, Night of the Proms semble trouver son public : ainsi pas moins de 3000 personnes se sont rendues à ce spectacle étonnant. NOTP se veut un mélange culturel : malgré de bonnes surprises, la sauce aurait pu être meilleure sans Chimène Badi. Dommage

La première édition de Night of the Proms était quasiment composée d’invités. La deuxième mouture possédait autant d’invités que de personnes ayant payé leur billet. Pour cette troisième année, 3000 personnes dont le 4/5 est payant. Le bouche à oreille semble faire son effet.

Cette année, Night of the Proms accueillait Chimène Badi (l’erreur du casting), Natasha St Pier (d’une beauté féérique ce soir-la), Damian, un flûtiste de pan hallucinant, Chico et les Gypsi, et l’incroyable Zucchero. Pour les néophytes du système NOTP, il s’agit d’un spectacle d’approximativement 3h (entracte inclus) tentant de mélanger la ‘pop’ et la ‘musique classique’. Mais attention, les oeuvres choisies appartiennent à la culture collective populaire : vous ne verrez pas un Dies Irae ou un Confutatis de Mozart, mais plutôt un Ave Maria ou une Dance Hongroise … les ‘tubes’ de l’époque, en quelque sorte.

Le spectacle démarre avec 20 mn de retard sur l’horaire prévu (20h15) … en introduction, ‘Ainsi Parlait Zarathustra’, pour enchaîner aussitôt avec Sea Songs de H. Wood, puis un petit Dvorak. Tout commence pour le mieux. Première fausse note, l’apparition de Chimène Badi, le clône vivant de Fabian : mêmes beuglantes, mêmes airs, mêmes mimiques : on ferme les yeux, mais c’est plus difficile pour le canal auditif … on peut se demander encore ‘pourquoi’ Chimène Badi, mais les voies de NOTP sont impénétrables (l’an dernier, on avait eu notre star Patrick Fiori …).

Heureusement, Chimène ne restera que le temps d’une chanson medley, pour laisser la place à un prodige de la flûte de Pan, un jeune homme répondant au doux prénom de Damian. D’origine roumaine, ce dernier excelle et redonne à la flûte de Pan toute sa noblesse : à la fois mélodique et technique, il fusionne en parfaite harmonie avec l’orchestre : du 100% délice pour les yeux et les oreilles.

Le choeur et l’orchestre enchaîne avec le magnifique thème d’Exodus, un film à tendance médiévalo-fantasy. Natasha St Pier arrive sur scène. Sa voix est sublime, et sa prestance, et son sourire magnifique enchantent le Zénith. Telle une apparition féérique, elle interprète ‘Je n’ai que mon âme’ … cette dernière laisse ensuite place à John Miles, qui nous gratine, pour la 3ème année, son symphonique ‘Music’ …

Damian revient sur scène, avec le superbe morceau ‘Lonely Sheperd’, utilisé en tant que thème final du film Kill Bill de Tarantino … il fait mouche. Natasha revient, interprète 2 morceaux, laisse ensuite l’orchestre interpréter la Valse des Fleurs et … les Gipsys mettent le feu à peine arrivé sur scène !!!

Tels des Highlanders, ils semblent immortels : leur physique n’a pas changé, leur fougue, leur verve et leur amour de la guitare non plus. Leurs morceaux sont indémodables, et le public saute, applaudit, se lève … c’est à peine croyable (jusqu’alors à moitié léthargique) … 4 morceaux en leur compagnie et c’est déjà l’entracte …

La deuxième partie est moins pêchue que la première … on y retrouve Miles, Badi (argh) … mais le summum de cette soirée est sans nul doute l’apparition de Zucchero au piano, qui interprète ‘Everybody got to learn’ … le public, pendant les 5 morceaux qu’interprètera l’artiste, restera debout : Zucchero, ovationné à chaque prestation …

NOTP comme chaque année, nous impose leur hymne ‘Land of Glory’, qui n’a vraiment pas sa place en France, mais tout n’est qu’une question de point de vue … le public chante, le 3/4 ne comprend pas ce qu’il chante, mais on ne peut nier l’ambiance bon enfant et de communion qu’a réussi à créer ce spectacle.

La tradition veut que le dernier morceau soit interprété par tous les invités … cette année, un hommage à John Lennon avec ‘Let it Be’ … si le duo St Pier / Zucchero est absolument jouissif, Chimène Badi (et oui, encore elle), gâche son duo avec John Miles … cette dernière ayant pris l’habitude de beugler au lieu de chanter, elle couvre entièrement le chanteur vedette … aie.

Quoiqu’il en soit, les fidèles ont trouvé ce Night of the Proms ‘moins bon’ que les années précédentes : il faut dire que l’effet de surprise n’est plus du tout présent. En revanche, la nouvelle vague qui découvre ce spectacle était absolument conquise, et s’en est déjà allée réserver sa place pour l’année prochaine …

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