The Elektrocution au Bâteau Ivre

Mais quel ‘motherfucker’ de concert ! OK, toute personne dénuée de boule quies devenait irrémédiablement sourd, ou au mieux écoutera toute sa vie des acouphènes très prononcées, mais quelle énergie, quels groupes !!! Accompagné de 2 guests parisiens (Defenestrors + Gee Bitch and the Spot), Elektrocution, une fois de plus, a mis le feu. Waouh.
Il est 23h et le concert n’est pas commencé. Avec le Bâteau Ivre, rien d’étonnant : le public vient tard, et l’esprit du lieu est ainsi. On vient pour boire, déconner … le Bâteau ce n’est pas un bar comme les autres. Alors que beaucoup d’établissements font de leur convivialité leur publicité, ici, cette même convivialité coule de source. Des gens souriants, open … et il faut ces qualités pour assister à un concert qui va s’annoncer très … bruyant :)
Tout commence avec Gee Bitch and the Spot. Première surprise : pas de basse. Cela se ressentira sur la profondeur de la musique, la batterie n’étant pas accentuée. Deuxième surprise, la chanteuse. Bon ce n’est pas Cécilia Bartoli, mais elle dégage énormément : d’ailleurs les mâles en rut dans le public avoueront qu’ils préfèrent la regarder se dandiner que de l’entendre chanter … mais ce groupe a un truc, c’est indéniable. Mais sans basse qui permet aux aigus de s’auto-limiter, les oreilles en prennent un coup …
Une petite pause, un p’tit coca vite fait, Michel, le boss est débordé, son affaire tourne à flot. Il prouve que l’argent n’est pas un problème … un coca ou une bière à 3 euros, on le sent passer. Un lieu aussi isolé que le sien est rempli … bref le Bâteau, c’est une âme, et quand on l’aime, on ne compte pas : ni son fric, ni son trajet.
Le deuxième groupe arrive … Defenestrors. Peut-être que la masse incroyable de groupes parisiens obligent une certaine originalité, mais si le premier était dépourvu de basse, le second est dénué de batteur : en effet, c’est le chanteur qui va assurer la partie rythmique, avec seulement une caisse claire, un tom basse et une cymbale. Contre toute-attente, le résultat est stupéfiant. Le groupe a la pêche, le chanteur est charismatique à souhait, la bassiste est sublime et ondule tel un serpent, son instrument et elle ne faisant qu’un, et le guitariste balance des riffs parfois sympas. Bon c’est punk attitude, c’est à dire efficacité avant tout … et là, on a notre dose ! Un set assez long, des morceaux assez variés … Defesnestors, j’en veux encore (désolé je suis à fond pour la rime)
Une nouvelle pause d’une quinzaine de minutes, et Elektrocution arrive. Et attention les trublions deversent un pop punk d’une agressivité rare. Mais ce combo ne se résume pas qu’à la musique (qui s’avère assez banale, nonobstant son efficacité indéniable). La force de ce groupe, c’est un chanteur inspiré, fou, vivant pleinement son set comme si c’était le dernier de sa vie, et un guitar lead d’une beauté très ‘musienne’, aux expressivités du corps intenses (d’ailleurs ce joli monsieur est-il vertébré ?) … si les oreilles dégustent, les yeux ont leur quota de spectacle. Vraiment un groupe de scène hallucinant. Les nouvelles compos sont très très bonnes, plus carrées. D’ailleurs un petit changement de line up est à signaler … le public est hystérique : ça slamme, ça pogote un peu, mais beaucoup sont surtout bluffés par cette aura incroyable que dégage le groupe, qui paralyse à cause d’une séduction inéluctable.
C’était ZE concert de la semaine, où le temps a filé à une vitesse dingue … des groupes variés, sympas, un public nombreux, festif … Depuis 35 ans, le Bâteau Ivre distille sa propre culture, pour le plus grand plaisir d’amoureux de musiques qu’on ne peut entendre nulle part (hormis 2 ou 3 cas, ce qui sur une ville + agglo de 300 000 habitants, laisse à réflechir …). Les absents ont eu tort.