Constantine

John Constantine, extralucide anticonformiste, qui a littéralement fait un aller-retour aux enfers, doit aider Katelin Dodson, une femme policier incrédule, à lever le voile sur le suicide mystérieux de sa soeur jumelle. Cette enquête leur fera découvrir l’univers d’anges et de démons qui hantent les sous-sols de Los Angeles d’aujourd’hui.
Adaptation d’un comics répondant au doux patronyme de Hellblazer, Constantine devrait sans problème durant les premières semaines attirer les foules, tant le teaser spectaculaire, et la présence de Keanu Reeves, vendent de manière idyllique cette production. Mais … il y a toujours des mais, ici …
Côté réalisation, c’est impeccable. On se demande même comment des acteurs peuvent désormais être aussi crédibles à jouer face à des créatures de synthèse qui n’existent même pas. Les décors et créatures, à consonnance très gothique, sont magnifiques. Mentions particulières aux démons et à la ‘vision’ de l’Enfer, superbes. Musicalement on passe du Hard Rock à l’Electro … mais rien de transcendant. Une ’simple’ BO.
Les acteurs, à la fois le point fort et le point faible. Si l’on est agréablement surpris de voir la divine Rachel Weisz, Keanu Reeves semble désormais - tel le jeune acteur qui incarna Luke Skywalker - incarner pour toujours Neo et sa Matrice. Dès les premières images, on sent ce rôle du sauveur pas vraiment gentil, au passé douteux, n’acceptant pas son rôle. Non ce n’est pas Matrix 4, le retour de la vengeance de l’Agent Smith. Les autres protagonistes ne sont là que par décoration, puisque ces derniers sont mis en valeur par leur sacrifice pour permettre à l’élu Constantine de progresser dans sa quête.
Et quelle quête !!! Plus de 2h de dialogues sirupeux sur Dieu, le Diable, la Bible du Bien, la Bible du Mal, la Lance du Destin … on révise les cours de cathéchisme, et on revoit le tout version fantastique. Mais c’est l’essence même du Comics. Alors si vous adhérez à cette vision très théologienne (et originale) de l’équilibre Yin Yang, Constantine va vous permettre de passer un agréable moment, d’autant que les effets spéciaux proches de la perfection vous combleront les mirettes. En revanche, blasés de la motion capture et des discours pompeux du bien et du mal, évitez ce film. Vous avez choisi votre camps ?