Le HibOO

Danny the Dog

Bart a élevé Danny comme un chien, dressé pour tuer. A 30 ans, il ne connaît de la vie que son maître, la pièce dans laquelle il est resté reclus et les combats sanguinaires pour lesquels il est entraîné. Après un règlement de compte, Danny se retrouve seul, perdu. Sam, doux, humain, artiste, et sa belle fille mélomane le recueillent. A force d’amour, de patience et de gentillesse, Sam et Victoria vont défaire le long apprentissage de la violence qu’il a connue.

Danny The Dog, nouvelle production de l’écurie Besson, risque de faire parler de lui. Après Héro, où il fut magnifique, Jet Li dévoile ENFIN son talent d’acteur, et le résultat est bluffant. Bien sûr, un film made in Besson sans baston n’en serait pas un. Mais elle est ici secondaire. A voir !

Premier point : la réalisation. Absolument spectaculaire. Les scènes de combat sont dignes de Tekken (le jeu vidéo). On a l’impression de ressentir la violence des coups, ces derniers étant chorégraphiés de manière parfaite, et surtout très diversifiés : tantôt de grands espaces avec plusieurs protagonistes, tantôt en huit clos dans des toilettes … le résultat est brillant. La nervosité des scènes de combat est alternée par des visions plus poétiques et posées, à l’instar des scènes de piano. Toute la magie du film repose sur cette dualité infernale entre l’agressivité et le romantisme, et ce milk shake fonctionne à merveille.

Deuxième point : les acteurs. Morgan Freeman une fois de plus impose son charisme sobre et imposant. Bob Hoskins nous fait oublier le sympathique Valentine de Roger Rabbit pour incarner un être cruel et résolument terrifiant. Mais la surprise provient de Jet Li, en véritable victime pavlovienne. Dénué de sentiments, cruel au point de ne pas ressentir la douleur, sa transformation magnifique en enfant curieux face à la musique, face à l’amour est un modèle du genre. Jet Li impose ENFIN son véritable premier rôle en tant qu’acteur. De part cette renaissance, le film jongle entre drame, combats virulents, et moments comiques.

Troisième point : la bande son. Alors que tout le monde ne jure que par le travail sensationnel de Massive Attack, les puristes seront déçus par la soupe créee à l’occasion. Le seul morceau magnifique est le générique final, le reste étant d’une insipidité sans nom. Heureusement, les parties d’apprentissage du piano passent par quelques passages de Carmen, ou encore une Sonate de Mozart.

Danny the Dog est l’archétype du film où tous les ingrédients sont réunis : de l’action, de l’humour, et de l’émotion. Loin de ce constat aux frontières du cliché démago, le film, de par sa réalisation nerveuse et sophistiquée, de par ses plans photos résolument travaillés, est de loin ce que Besson a fait de mieux en tant que scénariste et producteur. Alors les mauvaises langues diront que ce n’était pas difficile … certes. Mais Danny the Dog incarne parfaitement l’expression ‘un peu de douceur dans ce monde de brutes’. A voir. Vraiment.

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