Le HibOO

La Chute

Berlin, avril 1945. Le IIIe Reich agonise. Les combats font rage dans les rues de la capitale. Hitler, accompagné de ses généraux et de ses plus proches partisans, s’est réfugié dans son bunker, situé dans les jardins de la Chancellerie.A ses côtés, Traudl Junge, la secrétaire particulière du Führer, refuse de l’abandonner. Tandis qu’à l’extérieur la situation se dégrade, Hitler vit ses dernières heures et la chute du régime.

LE film qui fait grincer à l’aube du 60ème anniversaire de la rhédition allemande … Hitler joué par un Allemand avec un réalisateur Allemand. Voilà de quoi alimenter le débat. Quoiqu’il en soit, La Chute est un film à voir, quelles que soient vos convictions, pour une kyrielle de raisons. Let’s go !

Si beaucoup crient au scandale pour avoir occulté le génocide juif (cependant rappelons que la guerre 39-45 a occasionné certes 6 millions de morts d’origine juive, mais un total de 50 millions d’hommes et de femmes), le film d’Oliver Hirschbiegel révèle la pure magie (aussi néfaste soit-elle) d’un homme emprunt de haine et de folie, qui sombrera dans la mégalomanie et la tourmente la plus profonde qu’il soit. Beaucoup de critiques reprochent un Hitler trop humanisé. Premier scoop : Hitler était humain. Avec un squelette, des os, de la chair, et un esprit. Aussi dérangé soit-il. Deuxième scoop : voir pendant tout le film un homme atteint par la maladie, la folie, voulant executer toute personne à son encontre et à sa volonté, il faut l’avouer, certains ont une drôle de définition de ‘l’humanisation’ … le rôle d’Hitler est interprété par cet acteur fantastique qu’est Bruno Ganz. Il captivera le spectateur pendant plus de 2h, à transformer une icône en reflet du mépris humain, et invitant le spectateur dans une amertûme malsaine.

Ce film met aussi en évidence l’excuse que beaucoup d’Allemands ont mis en avant : ‘la jeunesse’. Comme si jeunesse ne rimait qu’avec insouscience, permettant à l’atrocité de s’emparer d’une Allemagne meurtrie à la fois par son dictateur, mais par toutes les nations décidées de mettre fin au règne nazi.

Les véhémences actuelles laisseraient donc peut-être présager qu’une certaine animosité envers l’Allemagne est toujours présente : auquel cas ce film n’aura servi qu’à mettre en évidence une amertûme d’un événement tragique, la seconde guerre mondiale, que beaucoup de critiques semblent avoir du mal à digérer encore aujourd’hui. Foncez voir ce film, et tentez de trouver l’once d’humanité que certains aiment scander. Si trouver un assassin fou sympathique vous semble normal, alors posez-vous la bonne question : qui du réalisateur ou du spectateur a un problème ?

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