Le HibOO

Alexandre

La vie d’Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : de son enfance à sa mort, des cours d’Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l’intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philippe II, il soumit la Grèce révoltée, fonda Alexandrie, défit les Perses, s’empara de Babylone et atteint l’Indus pour établir à 32 ans l’un des plus grands empires ayant jamais existé.

Oliver Stone a mis 7 ans pour pondre cette épopée de 2h50. Malgré ses nombreuses imperfections, le réalisateur montre son savoir-faire, et le message sublime, à a fois dérangeant, ne laissera personne indifférent. A voir.

Alexandre se veut le plus réaliste et le plus historique des ‘peplums’ jamais réalisés. Le côté géopolitique est retranscrit à merveille. Les stratégies complexes sont limpides devant la caméra de Stone, et les acteurs, même si le choix est parfois douteux (en particulier Colin Farrel, un peu ‘léger’ physiquement) sont incroyables, notamment Angelina Jolie, médusante et effrayante à souhait.

Les scènes de combats sont un modèle du genre : indication à l’écran de la portion concernée, plans caméra oscillant entre le champs large et le cadré serré très agressif, et une violence sidérante qui renvoit Braveheart à une imagerie digne de Playmobil … certains passages seront anthologiques (la scène de charge finale entre Alexandre et le chef du troupeau des éléphants). De ce côté, le spectateur sera bluffé et effrayé de la violence réaliste, renvoyant la barbarie de Braveheart à une simple scène de découpage de viande chez le boucher

Les Américains n’ont pas aimé voir Alexandre en personnage où la virilité est remise en cause par sa bisexualité. Autant le dire tout de suite : jamais l’amour entre deux hommes n’a été filmé de manière si pudique, suggérée mais paradoxalement si puissante et sincère. C’est d’ailleurs ces passages qui confèrent à Colin Farrel toute la puissance de son personnage : à la fois frêle et passionné face à l’amour, à la fois stratège et guerrier lors des scènes de combats.

Les décors, les costumes et les couleurs relèvent du travail d’orfèvre : Alexandre, parti pou chasser des sauvages, va découvrir et se délecter de cultures différentes, riches, créatives … toute la magie du film consiste à la virtuosité de Stone à nous faire découvrir, en même temps que son Alexandre, la découverte de contrées inexplorées à l’époque.

En revanche, le film n’est pas exempt de défauts, loin de là : une durée assez longue (2h50), où les scènes de combat ne sont pas majoritaires (et certains préféreront l’efficacité de Troie, malgré son approximativité concernant l’oeuvre d’Homère), les noms des protagonistes sont légion, et le néophyte risque de s’y perdre. Mais le point faible principal provient de la bande son !!! Certains crient au retour du génie de Vangelis, et nous on aurait aimé qu’il coule avec la Caravelle de Christophe Colomb !!! Aucun thème fort, des musiques inadaptées (prenez Christophe Colomb, sur des accords joyeux et sirupeux d’Autant en emporte le Vent, et essayez de vous imaginer l’horreur sur des scènes de combat) … la musique gâche tout, les passages intenses tombent à plat … Vangelis a été un grand compositeur, paix à son âme.

Au final Alexandre n’est pas à jeter comme la presse bien pensante s’empresse à suivre, tels des moutons de Panurge, l’avis d’Outre Atlantique : Oliver Stone réussit quelque part son pari : à savoir nous transporter dans le destin extraordinaire d’un jeune homme qui, à 27 ans, voua son existence à découvrir le monde, à et unir les peuples. Le premier grand civilisateur.

2 commentaires

  1. Il est super ce film mais je ne l’ai par encore vue en Français

  2. mon personnage préféré est Hephasion et vous ?

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