Berry (+ Troy von Balthazar) à la Cigale

En cette vraie journée d’automne parisien, il fallait choisir entre la torride Katy Perry à la Maroquinerie et l’envoûtante Berry à la Cigale; choix fait depuis belle lurette pou ma part, même si découvrir le phénomène américain ne m’aurait pas déplu.
- Date : 29.09.08
- Adresse : 120 Boulevard Rochechouart 75018 PARIS
- Téléphone : 01.49.25.81.75
- Web : www.lacigale.fr
Ce soir Berry va pouvoir se produire réellement devant son public parisien. Hissée dès le départ sur les plus hautes marches, la chanteuse a commencé depuis peu sa propre tournée. L’aperçu en mars dernier avait été si intimiste et beau que l’émotion perdure encore aujourd’hui.
Troy Von Balthazar (web)
Mais avant cela, place à Troy Von Balthazar. Guitariste et chanteur Hawaïen, il se crée un univers fait de boucles et riffs singuliers. D’une chanson à l’autre, on passe d’accords résonnants à une quasi absence de notes, tout cela dans un pop-folk dandy. Sa voix dans la lignée de Chris Martin, ne peut qu’appeler à la relaxation et la plénitude. Dans sa bulle, les yeux fermés, il semble intérioriser une partie de ses chansons, amenant à un manque évident d’émotions expressives envers le public. Néanmoins sa facilité à exploiter seul des sons ‘pauvres’ lui vaudra mes encouragements.
Berry (web)
S’il ne fallait qu’un mot pour ce concert, ce serait GRANDIOSE. S’il ne fallait qu’un sentiment pour la définir, ce serait PETILLANTE. S’il fallait un mot pour nous définir, ce serait RESPECTUEUX. Mais arrêtons ce portrait chinois pour laisser place à la narration. Deux heures de musique et chansons tout en pudeur, faisant de cette Cigale SFR un lieu symbolique et simple à la fois. Sur scène pas d’agression de lumières, mais plutôt un décor-coulisse où les projecteurs de cinéma (clin d’oeil au titre Mademoiselle) croisent des panneaux recto-miroir verso-tableau; personne n’est là pour impressionner, juste pour donner envie de s’évader.
Alors pour se mettre dans l’ambiance dès la première note, trois violonistes et une violoncelliste accompagnent les musiciens, pour deux titres. Quoi de plus prenant que des cordes pour entendre en soi la musique ? L’apogée de cette collaboration a lieu sur la fin de Mademoiselle, où ont dû s’hérisser bien des poils sur les bras.
Comme signe de bonne entente entre les musiciens et la chanteuse, Belle comme tout se fera dans un style “feu de camp” sur le devant de la scène. Echange de regards en continu, sourires en tout genre, ils sont tous très soudés. Lionel, son guitariste depuis le début, joue subtilement tandis que Philippe Almosnino est là pour énergiser les titres.
Assez timide, Berry décolle peu de son tabouret, n’osant pas parler à son public. Pourtant un faux départ dans une chanson, et c’est le rire, son rire, ce rire si singulier et expressif. La pression est relâchée et ça continue. Un petit bémol concernant sa tenue. Pourquoi ne pas laisser au tiroir cet ensemble noir et triste, et se laisser porter par une robe légère comme celle du clip Le bonheur?
Mais qu’importe finalement, il vaut mieux miser sur la générosité. La preuve, Berry invite deux artistes de renom: Benjamin Biolay (qui oublia de laisser son manteau au vestiaire) et Daniel Darc. Deux duo d’une intense complicité, à fleur de peau. Entourée seulement par la gente masculine, on comprend la force de son charme et la modestie vis-à-vis de son talent. Deux inédits prendront part au concert, mais surtout un rappel mémorable : la reprise folk de Capri (oui, LA chanson d’Hervé Vilard), clôturant à merveille ce moment partagé avec délicatesse.
Et s’il fallait le mot de la fin : “encore…”
Bravo pour ce compte-rendu magique ^^ Je suis d’accord avec toi, une chanteuse pétillante tout en douceur. J’ai hâte de voir tes photos. J’étais au balcon, bien trop loin pour m’amuser avec mon appareil photo.
J’ai été très touché par Berry hier soir : elle est magnifique, avec un charme, une simplicité et un don de soi épatants, une sensibilité à fleur de peau (elle a essuyé une petite larme à la fin de son duo avec Daniel Darc), et elle a présenté ses musiciens TROIS fois, c’est bien la première fois que je vois ça. D’habitude, j’évite la chanson française, mais là c’était vraiment beaucoup d’émotions : même les chansons moins réussies passent bien, il suffit de la regarder chanter vivre ses chansons…
Ah non… je ne peux pas laisser dire que Troy a la voix de Chris Martin, non non non !