Le HibOO

Noël by Night

Rouen et Noël, c’est une histoire de longue date :) Si certaines régions ont plus ou moins abandonné ce rite hypocrite consistant à se forcer à réunir des gens qui ne s’entendent pas et dont le repas dure en moyenne 12h de suite, la ville aux 100 clochers est particulièrement attachée à cette fête … résultat : ville morte.

Tout commence le 24 au soir … toutes les enseignes sont éteintes : seuls quelques restaurants (Punjab, Lotus …) ont daigné ouvrir, et ils ne rempliront pas. Noël ça se passe en famille, et uniquement en famille. Comme l’écrit Cabrel dans une de ses merveilleuses chansons de 1977, Ma ville : ‘Ma ville est triste, 100 000 personnes et personne n’existe’ … en effet ce reveillon était très glauque pour Rouen. Pas un bruit, pas un animal, pas un humain. Les cinémas Gaumont avaient fait l’effort d’ouvrir (150 personnes à la séance de 22h au Grand Quevilly !!!) … tous les bars sont éteints. Seules quelques discothèques prennent le risque : le Triplex, la Brocherie, le Karré VIP … et presque personne.

Le 25 arrive. Le soir surtout. Tout le monde est bien gavé d’escargots délouginants, de dinde engraissée spécialement pour l’occasion similo-festive, et le gros bonhomme rouge, déguisé par Coca Cola dans les années 50, et depuis l’allégorie de valeurs qui peuvent sembler désuetes au XXIeme siècle est passé dans toutes les chaumières pour y déposer des balladeurs MP3, des IPod … car Papa Noël sait se mettre à la pointe … Rouen est toujours aussi désertique, nonobstant quelques établissements qui ont pris l’initiative d’ouvrir : ils se comptent sur les doigts (Murphy’s, St Vincent, Dooliz, Emporium, Boite à Bières …). Les discothèques sont quasiment toutes ouvertes, et hormis le Club83 qui a réalisé une prouesse frôlant le miracle (refus de monde puisque la boite était pleine à craquer), Noël à Rouen, la nuit, ce n’est pas un cadeau.

Dans une ville où Noël est sacré, ouvrir semble donc vain. Cependant, n’oublions pas que de nombreuses personnes s’y retrouvent, se rencontrent … et remercions ces établissements de nuit de proposer autre chose qu’un énorme banquet où Tonton Georges, la chopine à la main, hurlera plus fort ses histoires de jeunesse peu glorieuses, tandis que Tata Ginette critiquera sa voisine d’en face parce qu’elle n’a rien acheté pour ses enfants à Noël, et que ne pas fêter Noël, ce n’est pas normal …

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