Les Dalton

Quand les Dalton, les bandits les plus foireux du Far West, décident de dévaliser une banque pour faire plaisir à leur mère, leurs ennuis ne font que commencer. Après une évasion de prison, les quatre frères traversent la frontière mexicaine en quête d’un sombrero magique qui leur permettra d’arriver à leurs fins. Mais le parcours est semé d’embûches et Lucky Luke est à leurs trousses …
On s’attend toujours au pire, lorsque les affiches et les teasers innondent la France avec un duo qui parfois ne fait rire qu’eux : Eric et Ramzy. Les Dalton ne dérogent pas à la règle. Dommage, car la réalisation de Philippe Haïm est splendide.
Les dix premières minutes scotcheront les plus inconditionnels de la BD : l’univers Lucky Luke est retranscrit à merveille : les plans photos, les couleurs, les contrastes particuliers forcent le respect : Philippe Haïm, fan de la création de Morris et Goscinny, se fait visiblement plaisir. Les acteurs de même … cependant, cela ne dure que dix minutes … ce laps de temps jouissif mais trop court est très vite oublié par les facéties non stop des deux seuls protagonistes qui volent la vedette au cowboy qui tire plus vite que son ombre. Eric et Ramzy se sentent une fois de plus (après la Tour Montparnasse Infernale et Double Zéro) obligés d’en faire trop. Leur duo est si complice qu’il est inévitable que la caméra zappe tous les autres acteurs. Que ce soit Michel Muller, Marthe Villalonga, Elie Semoun ou Darry Cowl, tous ne servent que de faire-valoir pour ne retenir que Joe et Averell …
Si les gags sont lourds (et donc non risibles), si le duo irrite de par ses vannes anachroniques (rappelons qu’il s’agit avant tout d’un western), on ne peut reprocher à Philippe Haïm le soin apporté à ce film. La bande originale est succulente, dans la pure lignée des Sergio Leone, avec une écriture calquée sur le montage. Les thématiques de couleur en fonction des situations est savamment judicieuse, et très fidèle à la BD. D’ailleurs les vrais afficionados de Lucky Luke pourront se délecter du nombre incroyable de clins d’oeil que le réalisateur s’est permis de glisser à travers le scénario vide et chaotique.
Au final, Les Dalton séduiront peut-être les enfants, moins gourmands et exigents en scénario, et avides d’effets spéciaux survitaminés. Les fans d’Eric et Ramzy jubileront devant cet humour pipi/caca de haut niveau. Quant aux autres, oubliez ce navet. On préférera, et de très loin, les 4 Dalton présents dans le clip de Joe Dassin : Tagada Tagada, Eric et Ramzy ont tué les Dalton …