Innocence - Ghost in the Shell 2

Batou est un cyborg vivant. Son corps entier a été fabriqué par l’homme. Seules lui restent des bribes de son cerveau et le souvenir d’une femme. Dans un monde où la frontière entre humains et machines est devenue infiniment vague, les Humains ont oublié qu’ils sont humains. Voici la débauche du “fantôme” d’un homme solitaire qui néanmoins cherche à conserver son humanité.
On peut dire qu’on l’aura attendu ce film. Fébrilement car Mamoru Oshii s’est mis dans la tête de réaliser une suite à son plus grand film, à savoir Ghost In The Shell. Largement salué par la critique à l’époque, le film est rapidement devenu un modèle du genre, une Å“uvre majeure. Devait-il en donner une suite? La réponse est sans appel. Pour la connaître, suivez le guide.
Dès les premières secondes, c’est le choc. La beauté des images est à couper le souffle. Le mélange 2D/3D fait merveille et n’est pas seulement là pour nous en mettre plein la vue, certains éléments en 3D sont spécialement mis en évidence…
Mais le travail d’Oshii ne s’arrête pas là , loin de là ! Les cadres, les plans, en fait la réalisation dans son ensemble est admirable. Si l’on ne retient pas une scène en particulier, c’est certainement parce que le film en enchaîne avec toujours plus de talent. Ah la scène d’action chez les Yakuzas. Et ce passage incroyable dans la tour d’un hacker…
Les protagonistes dépassent le cadre du simple personnage animé pour se rapprocher des acteurs réels mais paradoxalement, ils n’auraient sans doute pas pu être mieux traités que de cette façon. Batou est d’un charisme fou et le chien d’Oshii, présent dans chacune des réalisations du maître, prend ici une part au moins aussi importante que dans Avalon. Il renvoie Batou à une forme d’humanité perdue, un repère alors que finalement, le chien n’est lui aussi que le fruit d’une création artificielle de l’homme…
Et si l’on peut voir le film uniquement en s’extasiant devant l’écran, on peut aussi (et surtout?) le voir en mettant ses méninges au travail. Alors, certes, le scénario est d’une grande complexité (les néophytes seront très certainement largués) mais pas insurmontable. S’il n’est pas indispensable d’avoir vu le premier épisode, c’est quand même plus que conseillé.
Le film est dans la parfaite continuité du premier épisode est pousse le rapport homme/machine encore plus loin. La vision d’Oshii, très noire, en est presque effrayante. Pas un seul humain ne l’est totalement… Si la question principale du premier épisode était celle du major Kusunagi qui se demandait si elle était humaine, ici, la question est plutôt de savoir si l’homme s’apparente à une machine. A la vision du film, on comprend que la seule chose dont Oshii est envieux, c’est l’innocence, qui donne le titre à ce long-métrage. L’innocence de l’enfant qui n’est pas conscient de son état, celle du chien également (encore lui) qui bénéficie d’une attention toute particulière de son maître comme pour mieux la préserver. On pourrait continuer des lignes et des lignes tant le film recèle de différents axes à approfondir d’une philosophie rare (on nous abreuve d’un bon nombre de citations). Le tout est sublimé par une musique qui donne à coup sûr le frisson…
Vous l’aurez compris, et pour répondre à notre interrogation de départ, Innocence est un pur chef d’Å“uvre d’une incroyable profondeur doublé d’un visuel ahurissant. Un chef d’Å“uvre on vous dit!