La Demoiselle d’Honneur

La rencontre de Philippe, un cadre commercial sans histoire, avec la jeune Senta, mystérieuse et passionnée. Philippe tombe amoureux, et auprès de la jeune femme, ses repères entre raison et passion vont s’évanouir peu à peu.
Tomber fou d’amour, (presque) tout le monde l’a vécu. Vivre une histoire de manière passionnelle, également. Mais comment réagir lorsque l’on tombe amoureux fou de la mauvaise personne ? Récit d’une descente aux enfers, mené par la main de maître de Chabrol.
Comme tout Chabrol qui se respecte, la réalisation est impeccable. Le jeu de caméra est sublime, les macros sur Laura Smet à faire saliver, et la mise en scène volontairement épurée permet de se concentrer davantage sur les personnages.
Le duo Magimel / Smet est saisissant : l’évolution de leur relation (ou plutôt l’évolution de Magimel) vers un gouffre sans fond, tragédie assurée dès leur premier regard croisé, est mené avec brio. Fausses pistes, mensonges, bifurcations, le spectateur se sentira comme compressé par cette relation fusionnelle, où la passion dépasse la raison. Le personnage de Philippe, droit, honnête, intègre, sombre ainsi et malgré lui dans une histoire qui le dépasse, qu’il sait dangereuse, mais dont il ne peut se passer.
Loin d’être le meilleur Chabrol (on préférera volontiers la Cérémonie), ce crû 2004 pourra laisser plus d’un perplexe, quant à la finalité de cette rencontre. Mais qu’importe : aimer passionnément, avec force, sans limites, aussi inacceptables fussent-elles … un film à la fois touchant, drôle, mais d’une noirceur effrayante.