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Edward aux Mains d’Argent au Théâtre du Châtelet

Théâtre du Châtelet, Paris : Spectacles, Danse - Critique Edward aux Mains d'Argent - 08 octobre 2008

Grâce à Delphine de Webpromo, j’ai pu assister à la première du “spectacle dont Le Tout Paris parle”, en l’occurence Edward aux Mains d’Argent, l’adaptation chorégraphique de l’un des - rares - bijoux de Tim Burton. C’était très beau. C’était très soigné. C’était très impressionnant. Mais c’était très chiant.

Il s’agissait pour moi de ma première au Théâtre du Chatelet, et si vous êtes un habitué de ce blog, vous savez que j’attache une grande importance au cadre. Et il faut l’avouer : ce lieu est tout simplement majestueux, et je pèse mes mots.

Mais revenons à ce “superbe spectacle mis en scène par le génialissime et incroyable Matthew Bourne“. On ne peut nier que dès les premières secondes, on est sous le charme : le fait d’avoir réalisé sur plusieurs plans des décors plus ou moins opaques permettant des effets assez exceptionnels (comme ces scrollings en parallax, en d’autres termes : chaque plan possède une vitesse d’animation différente, crééant un effet de profondeur, pouvant simuler par exemple des nuages poussés par le vent) en met tout de suite plein la vue. D’ailleurs, ce spectacle pourrait se résumer à “un feu d’artifice visuel permanent”, tant le choix des couleurs et leur retranscription donnent l’impression de voir une toile de peinture animée : le Burton’s Spirit est bien au rendez-vous.

Sauf que voilà, très vite on déchante : les chorégraphies sont souvent confuses et fouillies, la trame est tellement étirée qu’elle finit par dépasser la durée du film originel (le tout sans dialogue, donc), et que certains “jeux” d’acteurs sont franchement poussifs : ainsi, Edward aux Mains d’Argent devient très vite Edward aux Baffes d’Or tellement sa présence insupporte (quand Depp surjoue, ça sonne naturel, sinon on tombe dans l’excès caricatural). Mais ce dernier reflète cependant tout le paradoxe de ce ballet haut de gamme de 2h (entracte compris) : on sent la grosse machine, avec d’énormes moyens, des costumes parfaits, des couleurs exceptionnelles (bravo à Howard Harrison qui a réalisé un travail de titan, notamment sur la retranscription très 70’s de la ville), des danseurs et danseuses de très haut niveau, des idées parfois ingénieuses (le rêve d’Edward avec les 3 posters …) mais voilà … rien ne colle, rien ne fait vibrer, ou très rarement. C’est juste très beau (j’insiste, parce que de mémoire, je n’ai jamais vu ça). Mais sans vie. Sans magie. Or, le film de Burton en est son contraire absolu : loin d’être son plus beau film, loin d’être le mieux monté, mais certainement le plus féérique et le plus onirique.

Il faudra attendre la scène finale, lorsqu’une neige - too much - de polystyrène tombe de la cîme infinie du théâtre, pour assister à un moment merveilleux : en premier plan, une petite fillette de 5 ans se lève, arrête de regarder la troupe saluant son public, et brandit les bras vers le haut avec des yeux pétillants pour récupérer des flocons artificiels.

Ce que j’aurais aimé, finalement ? Qu’on garde les décors et l’idée merveilleuse des plans semi-transparents, que l’on mette l’orchestre symphonique qui a été EXCEPTIONNEL quant à l’interprétation des titres d’Eflman sur la scène (en fosse, le son a été si compressé et étouffé que l’on avait l’impression qu’il s’agissait d’un CD !), et que l’on prenne de pleine face ces mélodies enchanteresses interprétées à la perfection. Dans une autre vie, peut-être.

» fr.wikipedia.org/wiki/Matthew_Bourne
» www.chatelet-theatre.com
» www.tsprod.com
» www.edward-lespectacle.fr
» www.fnacspectacles.com/.../...EDWARD-AUX-MAINS-D--ARGENT-TMEDW.htm
» www.deezer.com/#music/album/118405

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