36 Quai des Orfèvres

Paris. Depuis plusieurs mois, un gang de braqueurs opère en toute impunité avec une rare violence. Le directeur de la PJ, Robert Mancini a été parfaitement clair avec ses deux lieutenants les plus directs, Léo Vrinks, patron de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention), et Denis Klein, patron de la BRB (Brigade de répression du banditisme) : celui qui fera tomber ce gang le remplacera à son poste de grand ‘patron’ du 36, quai des Orfèvres.La lutte est ouverte entre ces deux grands flics, autrefois amis, qu’aujourd’hui tout sépare : leurs vies, leurs méthodes, leurs équipes et une femme, Camille Vrinks …
Véritable claque, 36 Quai des Orfèvres risque de faire parler de lui ! Dès les premières secondes le ton est donné : le film sera noir, glauque, parfois violent, et le spectateur sera aussitôt transporté dans un univers complètement fou, où les règles, les lois peuvent être remises en cause pour garder ou obtenir le pouvoir.
Des acteurs absolument étonnants : le duo Depardieu / Auteuil est de loin l’un des plus incroyables du cinéma français : d’une justesse incroyable, sans zèle, les deux acteurs apportent à leurs personnages une ampleur rarement égalée. Les rôles secondaires ne sont pas en reste : d’ailleurs toute la force du film réside là : loin des stéréotypes et des clichés des thrillers/polars, Olivier Marchal se paie le luxe de poser ses personnages comme un échiquier, où même un simple pion peut être déterminant pour la partie.
La réalisation est exemplaire, les musiques magnifiques (peu de thèmes mais d’une très grande qualité), la direction photo particulièrement inspirée … tout est en adéquation pour que 36 soit une référence de ce style de film. On pourra être bouleversé que ce film n’est pas une fiction, mais la retranscription d’une histoire vraie, d’un homme qui a passé 12 ans de sa vie en prison, qui a perdu sa femme, son emploi … car droit, honnête face à la corruption d’un milieu corrompu où l’on ne doit pas remettre en cause l’ordre établi. A noter également qu’il est préférable de ne pas emmener les bambins voir ce film : la cruauté du message (ici rien n’est manichéen : le bon et le méchant n’existent pas vraiment, ou encore que la droiture ne paie pas face à un système pourri qui ‘doit fonctionner comme ça’), la violence de certaines scènes pourront sembler rhédibitoires. Mais qu’importe : pour son deuxième film, Olivier Marchal (ancien flic) signe tout simplement un bijou, que vous vous devez d’aller voir.