Festival Factory : David Walters + Melissa Laveaux + Jacques Schwarz-Bart à la Cigale

Pas un, pas deux, pas trois artistes étaient réunis sur la scène de La Cigale ce soir, mais plutôt une dizaine de noms de la scène soul-afro-jazz. Des grands noms tels que David Walters, Melissa Laveaux ou Jacques Schwarz-Bart étaient présents pour le Festival Factory, mais aussi des guests de qualité tels que Magic Malik ou Stéphanie Mackay. Le talent était on ne peut plus représenté au travers des ces différents artistes. Un délice et une découverte auditive …
- Date : 08.10.08
- Adresse : 120 bvd Rochechouart, 75018 Paris
- Téléphone : 01.49.25.81.75
- Web : www.lacigale.fr
Que d’artistes réunis ce soir sur la scène de La Cigale … Non seulement les têtes d’affiches sont de qualité mais on compte également un nombre d’invités étonnant pour le Festival Factory ! De plus, malgré que la Cigale soit une salle d’une certaine taille, on se retrouve assez facilement plongé dans une ambiance intimiste qui nous fait voyager grâce aux artistes présents sur scène. Cela valait le détour, c’est sûr…
David Walters et Melissa Laveaux
Devant nous, une surprise se dessine … David Walters et Melissa Laveaux vont faire un concert en duo. On assiste presque à un boeuf fait par ces deux chanteurs dont les voix se marient à la perfection. Ils s’accompagnent eux-mêmes par une guitare, un harmonica, un petit clavier ou un instrument à percussions surnommé par David Walters le dakouta (excusez-moi si je n’ai pas la bonne orthographe pour ce mot). Le public se retrouve immergé dans une ambiance intimiste où règne la bonne humeur et la qualité vocale. Deux voix impressionnantes réunies sur une seule et même scène: c’est un cadeau magnifique pour les oreilles! Ce concert fait voyager: différentes langues se mélangent et s’entremêlent harmonieusement (français, anglais, créole ainsi que quelques mots d’espagnol) sur des musiques variées passant de l’afro-jazz, à la soul, puis au funk-rock.
La voix de Melissa Laveaux, suave et chaude, qui n’est pas sans rappeler celle de Macy Gray ou Asa, nous fait décoller et nous rappelle une époque dorée où les divas de la soul américaine étaient reines. Son univers métissé et décalé s’unit harmonieusement avec celui de David Walters. Celui-ci finira d’ailleurs le concert sans sa compagnie mais avec cependant une invitée de marque : Massaran Kouyaté, venue tout droit de Bamako pour nous transporter sur un autre continent avec sa voix extraordinaire !
Cet ancien athlète, qui sait décidemment bien s’entourer, passe aisément d’un style à un autre. On se retrouve face à un étonnant répertoire empreint de beats électroniques et de folk-rock acoustique sous influence afro-caribéenne… Il ne semble rien manquer au tableau !
Véritable succès, l’Afrique est venue à nous le temps d’une soirée…
Jacques Schwarz-Bart
C’est une grande première pour cet artiste depuis la sortie récente (le 15 septembre) de son album “Abyss”. Ce saxophoniste accompagné de nombreux musiciens envahit tout l’espace de la Cigale avec son modern jazz mêlé à des rythmes africains. Soit on accroche, soit on n’accroche pas… Dans le public, certaines personnes suivent le rythme de sa musique en hochant la tête et en souriant à pleine dents, tandis que d’autres s’éclipsent discrètement. Car même si sa musique est somptueusement maîtrisée, elle n’est pas accessible à toutes les oreilles. On se prend à chercher la mélodie le long d’un morceau qui dure plus de 8 minutes pour se rendre compte qu’il ne peut pas y en avoir, puisqu’il s’agit de jazz moderne ! Il faut donc se plonger dans l’ambiance que crée la musique de Jacques Schwarz-Bart et se laisser emporter et envahir par les sonorités diverses qu’expriment tous les instruments présents. Mais sans doute conscient de la monotonie que pourrait créer une suite sans fin de morceaux uniquement instrumentaux, c’est une procession de ni plus ni moins cinq invités qui nous attend ! Et pas n’importe qui ! Elisabeth Kontomanou vient nous enchanter avec sa somptueuse voix jazzy, Magic Malik nous hypnotise avec sa maîtrise de la flûte, et seront également présents Guy Conquête, les Frères Belmondo et Stéphanie Mackay… de grands talents réunis sur une seule scène ! Une prestation quelque peu étrange est également à signaler : la récitation d’un poème qu’on pourrait associer à du slam, celui-ci ne durant pas plus de 2 minutes. Le résultat est original mais pas tout à fait convaincant …
En résumé, une musique peu aisée à faire passer à des oreilles non “éduquées au préalable” qui est cependant merveilleusement maîtrisée et qui aura certainement satisfait tous les amoureux du genre grâce à sa qualité et au grand nombre d’invités présents !