Le HibOO

François Corbier

François Corbier est un artiste rare. Généreux et drôle, le personnage dégage un charisme certain. C’est après son spectacle à la ‘Villa Césane’ que nous l’avons rencontré, pour une petite discussion sur le coin de la table … L’homme est passionné par son métier, on aurait pu discuter des heures.

François, pourquoi avoir donné une telle orientation à ta carrière ?

Je n’ai pas choisi de donner une orientation comme celle-ci à ma carrière, je trouve que c’est un enchaînement assez logique. Avant de faire de la télévision, je faisais déjà des chansons dans cet esprit là. Il y avait plein de chansons plus rigolotes, c’est vrai, mais il y avait déjà des chansons comme celles de maintenant. Je me souviens avoir écrit une chanson, il y des années, sur un gosse qui avait été tué à La Courneuve, c’était plutôt sérieux. J’ai décidé de reprendre ma guitare après la télévision et j’ai fait ce que je sais faire.

Gardes-tu des contacts avec tes anciens collègues de la télévision ?

Parmi mes copains de la télé, je suis resté en relation avec Ariane et Jacky, on était déjà très copains à l’époque. On se voit très peu cependant, ils ont leur vie, leur carrière, leur vie sentimentale, moi aussi. On vit loin les uns des autres, ce n’est donc pas simple. On se téléphone régulièrement et on essaye de déjeuner ensemble quand nous le pouvons. Je ferais bien la même chose avec Dorothée, mais elle est beaucoup trop débordée, c’est très compliqué. Quant à Patrick Simpson Jones, il vit aux Etats-Unis, on ne risque pas de se voir souvent !

Quels sont tes projets ? As-tu envie d’expériences nouvelles ?

Depuis mon départ de la télévision, j’ai joué une pièce qui a été montée au Havre, il y a trois ans et puis j’ai joué une dramatique pour France Culture. A côté de ça, j’aimerais continuer mes chansons et j’ai l’intention de faire un troisième album, je donne d’ailleurs rendez vous, à tous les gens que ça intéresse, sur mon site parce que cet album, c’est vous qui allez le financer ! Je n’ai plus personne pour m’aider dans ma carrière, c’est pourquoi je dis au public ‘Si vous voulez un disque, ben vous me l’acheter avant et je vous l’envois quand il est fait !’

Est-ce le fait d’évoluer sur scène avec ta guitare qui t’a donné envie de faire du théâtre ?

Non, il se trouve que j’ai joué parce qu’on me l’a demandé. Ce n’est pas le fait d’être sur scène, ça s’est trouvé comme ça. J’ai trouvé ça agréable et rigolo, j’espère qu’il y aura d’autres occasions. Mon job, c’est avant tout de monter sur scène pour chanter mes chansons.

As-tu déjà écrit pour d’autres artistes ?

Non, on ne m’a jamais demandé d’écrire pour d’autres, d’ailleurs je ne sais pas si je saurais le faire, par contre j’invite toutes les personnes qu aiment mes chansons à les chanter ! (Rires). Non, je ne sais pas écrire pour d’autres. Il y a quelques années, on m’avait proposé d’écrire quelques chansons pour France Gall parce que mon frère était en tournée avec elle … J’ai essayé, mais je ne sais pas faire ça ! Je n’ai jamais su faire de chansons pour danser ou autre. Je ne sais pas travailler sur commande, de plus, je mets beaucoup de temps à faire une chanson, j’ai besoin d’être certain du mot que j’emploie pour ne pas qu’il soit pris autrement que dans le sens réel. Je veux avoir un langage simple que tout le monde puisse comprendre et en même temps être certain que les mots que j’emploie véhiculent bien l’idée que j’aimerais que les gens comprennent.

Comment tu travailles ? Tu écris chez toi ?

J’écris chez moi, dans mon canapé, avec ma guitare sur les genoux et du papier sur ma table de salon. Quelques fois je reste pendant plusieurs journées à ne rien faire du tout. Je peux mettre deux ou trois semaines à écrire une chanson, et puis tout à coup, il y a un mot qui déclenche une idée, ensuite ce n’est plus que du travail. Une fois que l’idée est là, que j’ai le bon mot, la chanson peut s’écrire en trois heures ou en trois jours mais je sais que la chanson sera faite. Ce sera plus ou moins long en fonction des mots que j’ai choisis. Quelques fois, à la fin de la chanson, il ne reste plus rien de l’idée du départ.

Quelques fois, à la fin de la chanson, il ne reste plus rien de l’idée du départ.

Quel regard portes tu sur le monde du spectacle d’aujourd’hui ?

J’ai l’impression que ce métier a terriblement changé. C’est une bonne chose, il faut que ça change, ce qui me fait un peu peur, ce sont tous ces jeux télévisuels où l’on embarque des jeunes gens dans des rêves terribles. C’est une bonne chose pour eux, si ça marche, ils gagnent cinq ou dix ans, c’est formidable, mais si ça doit s’écrouler trois mois après… Je ne sais pas trop quoi en penser, je leur souhaite de faire une belle carrière. A côté de ça, il y a plein de gens qui font des choses formidables, Benabar, Vincent Delerm, Renaud sont mes coups de cœur du moment. J’aime beaucoup le dernier album de Renaud, je l’ai trouvé très bien, moins intéressant que certains de ses anciens albums, mais beaucoup plus triste.

On sait que tu es Normand, te sens tu attaché à ta région ?

Je suis Normand d’adoption, depuis cinq ans, j’aime beaucoup la Normandie, c’est l’endroit où j’ai le plus travaillé dans ma vie. Quand j’habitais Paris, c’était l’endroit où je venais le plus souvent faire des spectacles, aussi bien pour adultes que pour enfants. Maintenant que je suis là, on ne m’appelle plus du tout (Rires), mais j’aime quand même beaucoup cette région.

Merci à Corbier pour cette interview et retrouvez-le sur son site internet qui a le mérite d’être intéressant et complet www.francoiscorbier.com

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