Rock en Seine, Day 2

Dernier festival des vacances, Rock en Seine pouvait se vanter de programmer une superbe affiche. Muse, Archive, White Stripes, Chemical Brothers… Beaucoup de monde, des concerts de qualité, une météo dantesque et des petits dysfonctionnements. Voilà le résumé de ce deuxième jour passé sur place.
Le lieu est idéal, nous sommes aux portes de Paris, à 10 minutes de la station de métro. Le parc de Saint Cloud accueille des milliers de festivaliers, venus patauger dans la boue. Le ciel, peu clément jusque là, décidait d’un temps mort peu avant les premiers concerts de la journée. La tête d’affiche de ce samedi, c’est Muse bien entendu. Les gens ne parlent que de ça, certains prennent place devant la scène principale plusieurs heures avant, afin d’être aux premières loges du concert du groupe phare de la soirée.
C’est dommage, ils manqueront le très bon concert de ‘Zero 7′, perle trip hop venue d’Angleterre. Constitué à la base d’un duo de surdoués, Zero 7 s’agrandit pour se produire sur scène, et ce n’est pas moins de six musiciens et trois chanteuses, que dis je, des déesses, qui sont maintenant présents sur scène. Drôle d’impression, ce groupe joue juste, mais on dirait qu’ils se découvrent, tant ils se regardent jouer les uns les autres. On découvre aussi LE point noir de l’après midi : les groupes font leur balance juste avant le concert sur cette scène, bien sûr ils sont en retard, bien sûr le son est plus que limite. Pas de miracles lorsque l’on pratique dans l’urgence. Musicalement, c’est très joli, une ouverture parfaite pour Archive qui va suivre sur la même scène. On a volontairement fait l’impasse sur Mr Vegas, groupe Ragga radiodiffusé, sans grand intérêt pour les amateurs de bonne musique.
L’incroyable va se produire, le retard pris sur la scène B est tel que le concert de Muse débutera sans que celui d’Archive ne se termine. Cruel dilemme pour les amoureux de bon son. Si l’on ajoute des allées totalement impraticables et trop étroites, il devient maintenant impossible de voir Archive sans manquer le début du concert de Muse. On enrage doucement.
Heureusement ils sont là, ils arrivent, ils sont beaux et bien habillés, j’ai nommé Mat’ et ses amis !
Beaucoup de monde, visiblement plus que prévu. Pourtant l’ambiance n’est pas des plus spectaculaires. Il faut dire qu’il est impossible de sauter, les pieds restant plantés dans la boue. Il n’y a guère que les cinq premiers rangs pour s’éclater sur « Hysteria » premier missile envoyé, depuis la scène, par Muse.
Le décor est planté. On s’aperçoit vite que Chris est absent à la basse, il ne jouera que la moitié des morceaux, blessé qu’il est à la main. C’est Morgan, bassiste de ‘The Streets’ qui le remplace sur les morceaux les plus techniques. Il faut bien avouer que ce dernier est peu à l’aise et ne se montre pas exubérant. Tous les tubes y passent (Plug in baby, Showbiz, Sing for absolution, Muscle museum, Sunburn…) mais celui qui aura le plus de succès, sûrement parce que joué avec une énergie rare, c’est ‘ Bliss’. Matthew était ivre parait il ? Ah bon ? Tant qu’il jouera de la sorte, pas de problèmes, donnez lui de la boisson ! Quel musicien complet … Le morceau qui met particulièrement ses talents en valeur est, à mon sens, ‘Citizen erased’ où Matt enchaîne guitare et piano. De toute beauté !
On avait vu Muse très en forme pour leur première date en France, à Rouen, en Mars, ils sont toujours au top en Août, pour la dernière. Un rappel énorme, avec les ballons géants et les papillotes propulsées par millions. Matt se lâchera complètement, allant jusqu’à faire tomber la lance à papillotes dans la fosse, il ira même se jeter dans les tomes de Dom, la guitare ne finira pas vivante elle non plus. La basse est balancée sur l’amas d’instruments. Du très grand Muse ce soir, le concert fût fantastique. On tire le rideau, terminé. On respire et on repart, des images plein la tête.
La sortie difficile par une issue de secours (improvisée ?) ne sera qu’anecdotique. Muse aura réussi à sauver cette journée de festival. Beaucoup de choses sont à revoir, surtout si l’engouement populaire est croissant d’année en année. Pourvu que les futures affiches soient aussi alléchantes !