La Familia

Amélie et Mohand, respectivement chanteuse et bassiste du groupe La Familia, nous accordent une petite place dans leur emploi du temps très chargé. Petit tour d’horizon dans l’actualité de la bande, on parle voyage, vie en communauté et avenir. Dans quelques heures, c’est le concert de Sziget, une date particulièrement importante dans l’agenda des rouennais …

Racontez nous un peu votre périple estival …

Amélie : Tout a commencé le 1er juillet, à Rouen, avec les terrasses du jeudi. Sacrée date d’ailleurs, le public rouennais était bien présent. On a enchaîné avec le concert de Lille le 2, Lille étant la capitale européenne de la culture, nous étions particulièrement contents de jouer là bas. De plus, c’est la région de Cyril, notre sonorisateur. On y a rencontré des gens très sympathiques qui font partie de la compagnie ‘tire laine’ (voir interview Caravane Electro). Voilà, on a fait 7 ou 8 dates en juillet

Mohand : Le 13 juillet, nous avons joué à Lasay-les-Châteaux, dans le cadre d’un beau spectacle pyrotechnique, avec les Commandants Percus. A chaque date, il faut compter un départ de trois jours. La vie de tournée, c’est un peu ça : on se retrouve à 11 dans le camion et la voiture à vivre en communauté, nous formons une famille au fond.

Est-ce que certains d’entre vous se ressentent d’un rôle particulier dans cette famille ?

Amélie : Je représente le côté apaisant, je ne supporte pas le conflit. Je suis souvent en train de tempérer. J’avais peur car cette année, nous avons beaucoup joué. On répète deux fois par semaine, on part souvent le jeudi pour revenir le dimanche. Pour dire vrai, j’appréhendais un peu ce voyage à Budapest, 27 heures de voyages, ça aurait pu finir en pugilat ! (rires)

Mohand : En tous cas, on aime être ensemble, il y a une espèce d’alchimie quand nous sommes sur scène. C’est avant tout un partage.

Amélie : En cas de conflit, on oublie vite car on se respecte énormément les uns les autres. Alterner vie familiale, affective et collective n’est pas chose aisée. On s’apprécie malgré tout, au point de partir en vacances ensemble.

Amélie, tu es la seule fille du groupe, comment le vis-tu ?

Amélie : J’ai tendance à me transformer en bonhomme ! (rires). Le bon côté, c’est peut être le fait que je sois la plus intime de chacun, je suis un peu la confidente.

Mohand : On éprouve le besoin de se parler, nous sommes à la fois des collègues et des amis. C’est ce qui renforce les liens …

La rentrée prochaine marque t-elle une prochaine étape dans la vie du groupe ?

Mohand : Cette année, nous avons été un peu freinés dans notre créativité, du fait des concerts répétés.
Amélie : À la rentrée, nous allons nous remettre au travail, et ça va faire mal !

Mohand : La Familia existe depuis dix ans, et les membres actuels sont là depuis trois ans. L’équipe est formée et nous allons tous dans le même sens. C’est comme un entonnoir …

Est-ce que les voyages sont une source d’inspiration pour vos compositions ?

Amélie : Oui, par exemple, hier, nous sommes allé voir un concert tzigane. Cette musique me fout par terre, j’ai déjà écrit des choses dans ce style. Phil me disait qu’il faudrait qu’on les ressorte. Le fait d’être ensemble pendant nos voyages nous donne des idées aussi.

Mohand : C’est vrai que pendant ce voyage, on a sorti les guitares, on a essayé de composer un peu ensemble. On est tous ouverts musicalement, même si chacun écoute tel ou tel style de musique. C’est ce qui donne ce métissage.

Quel est votre avis sur ce festival hors normes ?

Mohand : C’est énorme, on n’en voit jamais le bout ! On n’en a vu qu’une partie minime, ça doit être génial de rester la semaine pour avoir le temps de tout voir (ND Kamoolox : en effet…). Cela nous permet aussi de nous informer sur ce qu’il se passe en Hongrie. On s’enrichit en voyant ce qu’il se passe en Europe.

Amélie : C’est un peu frustrant, on ne reste pas longtemps et en voyant le programme, on se dit que nous allons manquer beaucoup de choses. Hier, nous avons flâné, mais je ne suis pas sûre que ce soit la bonne technique ici. Il y a trop de choses à voir …

… nous sommes en Hongrie et notre musique métissée s’inspire de ce qu’il se passe ici. Il y a une pression supplémentaire à jouer devant les inventeurs de cette musique

Est-ce que le fait de jouer dans un tel festival procure un trac supplémentaire ?

Amélie : Au-delà du monde, il y a une pression de l’organisation qui est très forte. Nous n’avons pas le droit d’être en retard dans la préparation et dans le concert. Si l’on déborde par exemple, c’est de l’argent en moins sur le cachet.

Mohand : On a l’habitude de jouer pratiquement tout le répertoire, on aime être sur scène, on ne voit pas le temps passer dans ces cas là … Ici, il y a une structure, c’est comme ça. Autre chose aussi, nous sommes en Hongrie et notre musique métissée s’inspire de ce qu’il se passe ici. Il y a une pression supplémentaire à jouer devant les inventeurs de cette musique. Lors de notre dernier concert à Budapest, tout s’était bien passé.

Amélie : On se dit aussi qu’il y a beaucoup de gens de l’Europe entière, c’est un point central ce festival. Espérons qu’il y aura du monde ce soir, il faudra retenir les gens pour qu’ils restent sous le chapiteau.

Mohand : De plus on aura quelques appuis avec tous ces rouennais qui seront présent ce soir !

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publié par Rod le 10 août 2004 à 18:04

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