Rachid Taha
C’est dans ses loges que Rachid Taha nous invite pour une interview éclair … les mauvaises langues disaient de lui qu’il était difficile d’approcher le monsieur, il n’en est rien : Rachid Taha est il est vrai un personnage entier, passionné, mais on ne peut plus abordable …
On va d’abord prendre quelques nouvelles, vous pouvez-nous parler de votre actualité ?
Alors l’actualité, c’est avant tout l’album qui sort en septembre, et la tournée qui suit en octobre. Dernièrement j’ai travaillé avec Brian Eno, c’est un type génial, exquis. J’ai bossé avec Rob Hayat et Johnny Rothen également. Les français ont un problème avec le rock, ils pensent tout connaître, et jouent les intellos. Quand je collabore avec Laurent Garnier, ça choque les gens.
Si l’on revient sur votre carrière, quels sont les moments forts que vous dégagez ?
La marche des Beurs en 1983. C’était les prémices d’aujourd’hui, malheureusement on ne nous croyait pas à l’époque … On avait le droit à la sagesse, mais pas à la parole. En France, on sait ouvrir le parapluie quand il pleut, mais on ne pense pas à l’ouvrir quand il fait grand soleil.
Est-ce que vous vous sentez toujours aussi engagé sur le terrain de la tolérance et de l’intégration ?
Pfff tout ca, c’est le terrain de la connerie. Il y a un snobisme dans la culture, l’intolérance, c’est un phénomene de petits bourgeois. Ca n’a plus rien a voir, on devient pire que les americains ! On mélange Jean Paul Gauthier à la techno, alors que la techno est populaire. Le punk aussi vient des prolos. Quand je travaille avec les Sex Toys, tout le monde trouve ca étrange …
Il y a un snobisme dans la culture, l’intolérance, c’est un phénomene de petits bourgeois. Ca n’a plus rien a voir, on devient pire que les americains !
Comment voyez-vous votre avenir ? Vous allez continuer à chanter?
Je me verrais bien dans le cinéma. En ce moment j’écris un court métrage, je touche du bois pour que le projet arrive à son terme. Le monde du cinéma est renfermé, sectaire. Ce n’est pas facile …
Ce n’est pas votre première visite au Sziget, y a t-il une histoire avec ce festival …
C’est toujours un plaisir de venir ici. Musicalement, il y a une histoire parrallèle entre la Hongrie, l’Algerie, la Grèce, la Turquie … Je me sens à l’aise ici. Nous avons tous été ‘Ottomantisés’.
Vous avez beaucoup de fans en Normandie, aura-t-on la chance de vous voir à Rouen lors de votre tournée ?
Oui ! Je serai en concert à Rouen, je suis ravi de venir a nouveau dans votre région !