Le HibOO

Le Roi Arthur

Après cinq siècles de domination sur la Grande-Bretagne, l’Empire romain, chaque jour plus affaibli, abandonne l’île pourtant menacée par les invasions sanguinaires des Saxons. Avant d’être libéré de ses obligations, Arthur se voit confier une dernière mission. Il doit secourir la belle Guenièvre, torturée pour hérésie. Avec ses chevaliers, il prend conscience qu’ils sont le dernier espoir face au massacre programmé par les Saxons. Tandis que les chevaliers tentent de conduire le peuple et les nobles à l’abri du Mur d’Hadrien, Arthur doit choisir son destin. S’il s’enfuit, il sera libre ; s’il s’oppose aux légions de Saxons qui s’apprêtent à déferler, il sera certainement tué. Il ignore que sa décision changera le cours de l’Histoire.

Attention vous êtes prévenu : ici point de Merlin l’enchanteur, de Morgane la Fée et l’enfant Mordred, pas de Graal … on vous l’a dit avant d’entrer en salle : c’est la véritable histoire !!! A mi-chemin entre Braveheart (approche historique d’un homme salvateur transformé en mythe), le Seigneur des Anneaux (pour une tentative loupée de plans photos magnifiques mais sans magie) et parfois des airs de 13e Guerrier (pour la mise en scène), on ne peut nier les atouts que possède ce (long) film de 2h10. D’une part, des acteurs investis (l’erreur de casting étant Keira Knightley et son corps enfant représentant une Guenièvre limite amazone), mais également un travail sur l’image sublime (surtout la période enneigée, magnifique). Certains se délecteront de la musique d’Hans Zimmer : bien que d’excellente facture, son côté trop mélo finira par exaspérer les mélomanes avertis, qui verront dans les notes envoyées au spectateur une faute de goût différent : on est loin du travail de Shore (Seigneur des Anneaux) ou de Poledouris (Conan le Barbare). Enfin, le film semble être une approche historique du mythe arthurien. Si vos livres de chevets sont les contes de Marion Bradley Zimmer, vous risquerez fort d’être déçu : la magie n’a pas sa place, ni la sorcellerie. Vous aurez droit à la violence d’une époque injuste, où les idéaux n’étaient que des rêves.

Le film est donc à la fois une bonne surprise (pour sa qualité cinématographique pure), mais également décevant, dans le sens où l’approche du mythe par la ‘vérité ne transporte pas le spectateur dans une épopée chevaleresque et romanesque, malgré quelques allusions (en particulier entre le trio Guenièvre, Arthur et Lancelot). A voir ou pas. A vous de situer si le mythe (donc le rêve) est plus important que la réalité. Ennuyeuse. Mais surtout fausse ! Vous y aurez cru jusqu’à la fin : l’histoire made in America d’Arthur est une sorte de milk shake, mélangeant sur le plan historique plusieurs époques différentes (Artorius a vécu aux alentours de l’an 200, alors que l’histoire VRAIE selon le film se déroule en 450, sans oublier des improbabilités de rencontres (Galaad et Lancelot n’ont été introduits qu’au XIIe siècle dans le mythe) … bref. C’est du Troie, mais en pire.

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