Le HibOO

Placebo au Zénith de Caen

Les dates de Placebo en province sont suffisamment rares pour être signalées. Le Zénith de Caen n’était pas peu fier d’accueillir le seul concert du grand ouest français du groupe (et le dernier concert en France pour cette tournée !). Un lieu symbolique tant Brian Molko semblait touché par les commémorations qui ont rythmé la vie de la région ses derniers temps. Un show de grande classe pour les 7.000 personnes présentes ce mardi. Récit de la soirée …

Le zénith de Caen accueillait en ce mardi soir, la seule date de Placebo programmée dans le grand ouest de la France au cours de la tournée. La foule des grands soirs se donnait donc rendez vous aux abords de la salle dès le milieu de l’après midi. Deux longues files d’attente s’étiraient sur une centaine de mètre chacune. On pouvait croiser de jeunes fans (15-18 ans pour bons nombres d’entre eux), plusieurs nationalités étaient même représentées, tous impatients que le show débute.

18h30, ouverture des portes, les plus rapides se jettent sur le devant de la scène, ceux là ne quitteront pas ‘leur’ premier rang de la soirée. D’ailleurs certains pâtiront en se faisant tout simplement écraser contre le crash barrière … pour ces ados, il s’agit pour certains de leur premier concert Rock, et on ne voit pas un concert Rock de la même manière qu’un concert de Nana Mouskouri …

19h, le Zénith est déjà à moitié plein, le premier groupe ne monte sur scène que dans une heure pourtant … le public en devant de scène avoue son excitation immense : certaines fans l’ont d’ailleurs suivi quelques jours auparavant à Nîmes, en montrant fièrement la Set List du concert.

20h, on y est, ça sent la musique. Le public ne se manifeste pas réellement sa joie, quelques cris par ci par là tout au plus. Tous se renseignent sur ce groupe quasi inconnu qui aura le privilège d’ouvrir le bal, il s’agit de (The Kills(. Autant le dire tout de suite, ces derniers n’ont pas réussi à conquérir le cœur des foules. Une boîte à rythme, un homme et une femme, une musique déjantée ? Ah les ‘White Stripes’ ? Non, ‘The Kills’ on vous dit ! Un son beaucoup trop fort, de mauvaise qualité, limite désagréable à l’oreille. La première partie est parfois l’occasion de faire d’agréables découvertes, il n’en sera rien cette fois ci … Après trois quart d’heure de musique monocorde, le public applaudit, certains siffleront aussi, une dernière fois le combo anglo – américain. Entracte : dans les loges, Madame le Maire de Caen rencontrait Brian afin de le remercier de sa présence pour le 60ème anniversaire du Débarquement. Le chanteur, parlant un français succulent et légèrement parfumé d’un accent certain, était enchanté de ce moment … petite séance pose pour les heureux photographes présents … le concert démarre dans quelques minutes. Le public ne tient plus, et scande de plus en plus fort ‘Place Brian ou Brian Bo’ : une fusion intéressante …

Voici donc, le moment tant attendu, depuis toute la journée pour certains. Ils se font attendre mais ils arrivent, promis.21h25, Placebo débarque sur scène, Brian Molko et Stef Osdal en tête. Pas de tenues provocantes comme ils en avaient le secret jadis, rien que du sobre, blue jeans et marcel pour Brian. Les premières notes retentissent, c’est encore ‘Taste in Men’ qui déclenche les hostilités et les hystéries, et ce depuis quelques années déjà.

21h30, c’est le drame : la guitare de Stef ne fonctionne plus, malgré les efforts du technicien. Brian aura tout tenté pour meubler – fin de chanson à rallonge, remerciements en tous genres et autres banalités. Pas suffisant pour masquer le malaise, le groupe est contraint à un retour en loge, histoire de tout réparer. Fait rarissime à ce niveau … Une petite improvisation à la guitare du leader aurait sûrement été de bon ton, il n’en sera rien.

21h37 Le public, pas rancunier, applaudit ses chouchous, on entend des Briaaaaaaaaan, comme on entendait des Patriiiiick autrefois. Il faut dire que la beauté troublante de Molko l’androgyne ne laisse personne indifférent. Le début de concert fait la part belle aux deux derniers albums (Bitter End fait mouche), mais ceux qui ont connu Placebo à leurs débuts regretteront sûrement cette suite de ‘hits radio’, efficaces cependant auprès des plus jeunes, venus nombreux. Brian Molko finira allongé par terre pour chanter ‘Protect me’, tube en français ultra radiodiffusé.

L’incident technique mis de côté, le tout est très propre. Le groupe dégage quelque chose de fort, on note une vraie présence scénique, le message passe avec le public, on sent Brian à l’aise lorsqu’il s’adresse à tous. Le son est parfait, on pourra reprocher un petit manque de spontanéité par rapport aux concerts vus il y a quelques années, ceux là même qui propulsaient Placebo dans le monde des grands. Des morceaux comme ‘Nancy Boy’ ou ‘Pure Morning’ sauvent leur tête en fin de concert. Les fans de la première heure peuvent rentrer heureux eux aussi. Au final, un public conquis, rassasié et sous le charme. Le plaisir avant tout, n’est ce pas là le plus important ?

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