Les Terrasses du Jeudi 2004, Part III

Après un jeudi 9 tout simplement catastrophique (vive la pluie), le public est revenu en force pour cette 3e édition. Du monde présent partout (mais moins que la première mouture, vacances obligent …) et d’excellentes surprises musicales …
Première surprise de taille … Yaka au Nash. Une voix surprenante (très rauque et ample), des textes invitant au sourire à cause de paroles savamment trouvées, des mélodies qui ne sont pas sans rappeler parfois les Garçons Bouchers … pour accueillir le public, le Nash voit sa terrasse décuplée … entre badauds et clients occasionnels, Yaka, littéralement inconnu en terre rouennaise, a séduit un public multi-générationnel …
En passant par le LVN, la rue Louis Fosse est envahie de tables, de passants, de clients … Manu ne sait plus où donner de la tête. Vermeulen, composé de 4 musiciens, séduit par ses mélodies légères et rythmées, son chant à la fois désabusé et si proche de certaines pensées, d’un humour omniprésent propre à cette nouvelle vague de la chanson française, qui alterne, lie et mélange avec une alchimie parfaite humour, dérision et intelligence … le public ne se fait pas prier : de plus en plus nombreux, il s’agglutine là où le peu de place lui permet, et les ovations sonnent de plus en plus fort … énorme coup de coeur pour ce quator qui ne peut que faire parler de lui.
Le LVN Resto, Place de la Pucelle accueillait deux formations : d’une part la Vashfol, connue notamment pour ses extravagantes partitions déliresques dans les caves de l’Emporium : musique très festive, champêtre, et rythmée … le public, environ 4 fois moins nombreux que la première Terrasse (avec la Familia) se laisse tenter en dansant, tapant des mains … D’autre part, Uranus Bruyant, vedette de la Place de la Pucelle, séduit par son côté festif, ses cuivres travaillées, et ses passages vocaux intéressants …
Malgré un temps qui allait tendre vers une nouvelle apocalypse, les Terrasses du Jeudi ont attiré en cette 3ème édition beaucoup de monde, et peuvent finalement s’avérer une aubaine culturelle : permettre à des personnes de découvrir de manière intelligente et gratuite une nouvelle culture à mille lieux des radios grande écoute. Et surtout, un énorme remerciement à tous ces parents, grands-parents qui ont permis, le temps d’un soir, le temps d’une éclaircie, d’inculquer à leurs bambins (pas forcément réceptifs), l’amour de la vraie musique, avec de vrais intruments, de vraies paroles travaillées : bref, à mille lieux des stars fabriquées dans un tube cathodique.