Le HibOO

Et l’homme créa la femme

Joanna est une femme à qui tout réussit : un mari aimant, deux beaux enfants, une vie parfaite. Mais, un jour, le rêve s’effondre. Joanna perd son poste et découvre que son mariage bat de l’aile.Joanna et son mari quittent alors New York et s’installent dans la banlieue résidentielle de Stepford, dans le Connecticut. Stepford paraît sortir d’un conte de fées, avec ses vastes et coquettes maisons, ses pelouses manucurées, ses rues tranquilles d’une propreté immaculée et ses femmes, d’une beauté irréelle, avec leur visage lisse, éternellement souriant, leurs mensurations dignes d’un magazine sur papier glacé. Joanna s’étonne de les voir toutes aussi douées pour la cuisine que pour repeindre la maison, passer la tondeuse, jouer avec leurs gosses et accueillir leur mari dans d’affriolantes lingeries sexy. Elle et sa nouvelle copine, l’effervescente Bobbie, se posent des questions …

Véritable ode au féminisme et à la libération de la femme, le dernier rejeton de Franck Oz est une pure merveille. La recette est simple : une Nicole Kidman plus belle et plus incroyable que jamais, une réalisation ‘à la Tim Burton’ et une bande originale de David Arnold ayant le piquant macabre de Danny Elfman. Un excellent moment

Dès le générique, Franck Oz crée un film avec une atmosphère unique : signe du progrès des années 70 avec l’avènement du confort matérialiste, l’introduction du film donne le ton : le spectateur sera propulsé dans une dimension intemporelle … répondant au doux patronyme de Stepford

Nicole Kidman, véritable pièce maîtresse, excelle une fois de plus en démontrant sa capacité à changer d’expression sur commande : rires, pleurs, hystérie, folie, compassion … toute la palette émotive dont est capable l’actrice peint une femme tantôt superbe, tantôt effrayante … servie par des acteurs tout aussi incroyables (en particulier Glenn Close, hallucinante), elle évolue dans un scénario déroutant, où la femme, ayant pris le pouvoir, devient l’allégorie de la castration de l’homme se croyant jusqu’alors le mâle dominant.

On sera surpris par l’univers de Stepford, où toutes les femmes sont belles, souriant de manière caricaturale … le machisme en prend pour son grade, et cette fable contemporaine à la fois cynique et fantastique tente de refleter l’idéal américain …

Au niveau réalisation, rien à redire : la patte OZ est comme d’habitude superbe, pour ne pas dire parfaite. Grâce notamment à la partition virevoletante de David Arnold, ajoutant à la fois légèreté et noirceur, le film possède une mise en scène soutenue, au scénario limpide. A voir pour son originalité, et pour admirer Nicole Kidman, résolument douée.

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