Le HibOO

Clara et moi

Antoine a 33 ans. Il est idéaliste, perpétuellement insatisfait et à la recherche du grand amour. Son aisance naturelle et l’apparente légèreté avec laquelle il sillonne Paris ne masquent plus sa solitude. Et puis un jour, Antoine rencontre Clara : elle est belle, libre et généreuse, passant de l’insouciance à la gravité avec un charme auquel Antoine succombe instantanément. Ils sont faits l’un pour l’autre et n’ont jamais rien connu de tel. Mais la vie n’est pas si simple et ils auront à affronter des épreuves auxquelles ils ne sont pas préparés.

Véritable surprise, ce film emmené par un duo d’acteurs extraordinaires (Julien Boissellier et Julie Gayet) est aux antipodes des histoires d’amour traditionnelles. On se sent très proche de ces personnages, très hésitants et timides au début, fragiles, amoureux, conquérants, se donnant librement à tout moment … puis les habitudes viennent s’installer … et la réalité reprend son cours sur cette évasion momentanée, ce rêve éveillé que tout amoureux normalement constitué a pu vivre

Pour accentuer toutes ces évolutions, le réalisateur Arnaud Viard, outre la participation entière de ses acteurs, a filmé en conséquence : plans très rapprochés et éclairés lors des scènes d’amour, lors des premières rencontres, en plan séquence … et plans très éloignés, sombres et champs/contre champs lors du retour à la réalité … le conte de fée redevient une tranche de vie anonyme perdue dans une foule indifférente …

La thématique ‘l’amour peut-il survivre à ce que l’on pense être le pire’ ou encore ‘l’amour n’est-il que le reflet de notre égoïsme’ est traitée de manière intelligente, sans jamais tomber dans le mélo-dramatico-larmoyant. On se sent profondément touché par ces deux âmes soeurs. Sans oublier ce merveilleux passage dans le train de Rainer Maria Rilke (les Cahiers de Malte Laurids Brigge), véritable hymne parfait à l’amour, et à l’inspiration qu’il procure dans une vie.

Un film à aller voir d’urgence, les blockbusters ayant tendance à effacer très rapidement du paysage cinématographique les petites perles perdues dans l’indifférence du grand public pop corn.

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