Le Rock dans tous ses Etats 2004

Le Rock dans tous ses états tire le rideau sur la mouture 2004. Des surprises, des confirmations, des déceptions. Retour sur deux jours de fête.
Vendredi. Part I C’est sous un soleil enfin estival que débutent les hostilités. Une longue file d’attente serpente déjà à l’entrée, le public est au rendez vous. Une scène A, une scène B qui se partagent les têtes d’affiche, la scène ‘banana club’ qui accueille divers styles musicaux (electro, techno, jazz…) Et la nouveauté : la scène découverte ‘papa mobile’, véritable chapiteau festif à ciel ouvert.
Le décor est planté, on peut ouvrir le feu. C’est Luke qui s’y colle. Présentés comme les petits frères de Noir Désir, ces derniers ont assuré un show de bonne facture, sans comparaison possible avec leurs aînés cependant.On enchaîne, tout va très vite, trop vite même ! Scène A, Scène B et ainsi de suite, non stop ! Il ne s’écoule pas trente secondes entre la fin d’un concert et le début d’un autre. Concrètement, il ne faut pas compter être bien placé pour un concert et celui qui lui succède. Résultat pas de place pour l’impro, des rappels bâclés, voire pas de rappel du tout. On fera avec …
Se dessine la première bonne surprise de la journée : ‘The Divine Comedy’, ce groupe d’irlandais évolue quelque part entre les ‘Weezer’ et ‘The Strokes’. Ils ont su mettre le public dans leur poche avec leur pop kitsch bien léchée. Cerise sur le gâteau, une superbe reprise complètement décalée de ‘no one knows’ des ‘Queen of the stone age’.Des t-shirt étranges fleurissent alors ça et là, le festival se couvre d’une drôle de couleur rose … Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, c’est –M- qui s’annonce. ‘L’évènement’ du festival. Le public ne s’y trompe pas et débarque en force peu avant le show. La démesure gagne la scène A quand apparaît l’ombre de la star aux cheveux sculptés. C’est surtout la deuxième partie du concert sera inoubliable. Un set énorme du Dj donne le ton, -M- enchaîne avec des morceaux pêchus, il fait des gimmicks, invite des fans sur scène, fait chanter un parfait inconnu, quart d’heure de gloire assuré. ‘Qui de nous deux’ est repris en chœur par un public frissonnant de plaisir. –M- est un grand Monsieur, il n’a pas déçu. Un son parfait, une présence scénique incroyable, une communion unique avec la foule.On en redemande !La soirée peut maintenant se terminer en pente douce avec le set très remarqué de ‘Toots and the Maytals’, déjà vus à Rouen le mois précédent à l’Exo7. Le ska reggae des Jamaïcains fait l’unanimité. Petit détour par le ‘Banana club’ pour le plaisir des oreilles, ‘Radioactive man’ au menu !
Samedi Part II Début de journée plutôt calme, les campeurs dorment encore. On reprend le rythme infernal, il fallait quand même faire une pause pour le concert de ‘Supergrass’, les petits gars venus d’Angleterre nous avaient déjà proposé un meilleur son, le message passe tout de même. Un set un peu court, on retiendra un très bon ‘caught by the fuzz’ acoustique, joué sur un banc par Gaz et Mickey. La suite, c’est un petit détour par la ‘Banana club’, où l’on découvre un bon plan electro, le groupe ‘Yé Yé’, dommage que l’ambiance ne suive pas sous la tente. Autre évènement attendu, c’est la prestation de ‘Sanseverino’, grand parolier, musiciens et show man en puissance. Accompagné par des musiciens formidables, il blague, se marre, charrie ses acolytes, trouve le public moins bourré qu’aux vieilles charrues, et prend son pied. C’est communicatif, tout le monde adhère. Un charisme incroyable, pour un homme hors normes.
Encore une bonne surprise avec les américains de ‘The Rapture’, leur power pop enflamme la scène B, un son un peu psyché, une voix qui suit. Un groupe à suivre assurément.
La fin de soirée sera moins réjouissante. Le concert de Bashung fût pathétique, la bonne partie orchestrale n’aura pu sauver le vieillissant chanteur du naufrage. Un personnage glauque à souhait, un style chanté – parlé qui ne fonctionne pas. Grosse déception, les paroles n’invitent pas à la fête, c’est rien de le dire. Dépressifs s’abstenir !On oublie vite, c’est l’occasion de découvrir les régionaux de l’étape sur la ‘papa mobile’, j’ai nommé ‘The Elektrocution’. Un style punk énervé, une scène trop petite, les gens s’engouffrent sur la petite place, ça bouge, ça slam, ça danse méchant, un concert vivant quoi ! Une énergie incroyable qui ne demande qu’à exploser. A suivre.
Détour par la scène B pour participer à la farandole toulousaine de ‘Fabulous Troubadors’, une fête peu commune, un vrai public qui participe, Le style du groupe est simple ; Des questions – réponses en musique, un duel de tchatche, des paroles hilarantes. A découvrir d’urgence, Normandiens, Toulousains tous unis dans la fête ! Le public réclama longtemps un rappel qui ne viendra jamais, la faute à Keziah Jones qui attendait son tour sur l’autre scène. Dommage …
Keziah Jones justement, parlons en. Une des grosses déceptions de ce festival. Aucun signe vers le public, l’usine à chanson est en route. La ’star’ se la joue un peu (beaucoup ?), arrêtant même un morceau pour accorder sa guitare. Pas vraiment classe pour un artiste tellement attendu. Le public repart sur un sentiment mitigé, peut être est ce la fatigue ? peut être pas …
Ajoutons un accueil ‘grandiose’ (boutade) de la part des organisateurs vis à vis de la ‘petite presse’ qui pourtant a soutenu le festival … quoiqu’il en soit, rendez-vous dans les autres festivals de l’été, on trouvera sûrement mieux.