Le HibOO

Dikkenek

JC et Stef sont des amis d’enfance. Inséparables. JC est LE dikkenek belge, un donneur de leçon à cinq balles, un moralisateur, un tombeur de minettes, bref une grande gueule intégrale, coiffé comme un peigne. Stef est tout le contraire. Il cherche le Grand Amour, mais vu qu’il ne bouge pas de son lit, il va avoir du mal à trouver. JC lui explique donc la méthode : faire un sans-faute du point A jusqu’au point G. Entre ces deux points, JC et Stef vont croiser : Claudy, le directeur des abattoirs d’Anderlecht et photographe amateur (de chair fraîche), Greg, un bébé-manager vissé à son portable, Natacha, une nymphette désoeuvrée, Fabienne, une pauvre petite fille de riches, Nadine, une institutrice qui préfère la schnouf aux tables de multiplication, ainsi que Laurence, une commissaire de police fâchée avec les conjugaisons, qui ponctue ses phrases à coups de gros calibre.

Un OVNI du cinéma ! Voilà comment décrire ce Dikkenek, à mi chemin entre C’est arrivé près de chez vous et l’émission Strip Tease, un premier film du belge Olivier Van Hoofstadt. Un humour décapant pour un film jouissif. A ne manquer sous aucun pretexte !

Si le propre des films cultes est de laisser des répliques et des scènes gravées dans les mémoires, ce Dikkenek s’annonce comme un modèle du genre. On y trouve une finesse d’écriture, un sujet si réel qu’on se croirait dans un Strip Tease plus vrai que nature. Les scènes des cafés, du musée ou encore du cinéma sont à se tordre de rire. Humour belge, humour tout court, même si l’ombre de Poelvoorde plane au dessus de ce film comme un fantôme bienveillant. Jean Luc Couchard, JC dans le film, se pose en digne successeur du trublion de C’est arrivé près de chez vous. Très juste dans son personnage, il rend même le beauf attachant. Une plongée en apnée dans la Belgique profonde, une bouffée de rire, pas le temps de reprendre son souffle, le rythme effréné de la comédie est parfaitement maîtrisé par Olivier Van Hoofstadt.

Côté distribution, on retrouve un casting très français, avec entre autre Marion Cotillard, très bien en institutrice tarée, seule et défoncée. Dominique Pinon qui se lance enfin dans l’après – Jeunet, et ça fait plaisir à voir. Catherine Jacob et Florence Foresti (pour sa première apparition au cinéma) complètent le casting. Mais les révélations du film sont belges, il ne pouvait en être autrement pour jouer JC et Claudy, deux personnages ancrés dans une Belgique profonde, celle qui sent la frite et porte de grosses lunettes noires. Jean Luc Couchard et François Damiens sont parfaits, nous font mourir de rire. Cette gigantesque farce est en plus maîtrisée, techniquement parlant, on y retrouve aussi la crème du rock belge (Ghinzu, Wax Tailor, Millionnaire…) en guise de couverture musicale. Pas de points négatifs, faites de ce film un immanquable de la fête du cinéma !

Un commentaire

  1. van hoofstadt olivier 24 février 2007 à 8:45

    merci pour cette belle critique.
    olivier

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