Le HibOO

Une installation d’Hervé Robbe, star de la biennale d’art contemporain du Havre

Il est parfois bon d’aller faire un tour chez les « confrères » pour voir ce qui nous manque ici… Le Havre connaît un développement architectural important et un foisonnement de propositions artistiques qu’on peut parfois lui envier. Ainsi en est-il de Continuum, une exposition d’art contemporain qui investit les espaces urbains et le Musée Malraux, jusqu’à la fin de la semaine. C’est dans l’écrin qu’est Malraux que le chorégraphe Hervé Robbe présente So long as baby…love and songs will be, une très belle installation que de nombreux havrais s’accordent à considérer comme le point d’orgue de la biennale.

Hervé Robbe est chorégraphe et dirige le Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie. Depuis Permis de construire – avis de démolition au titre explicite, il mène un travail en prise avec la structuration de l’espace, l’architecture, dans lequel la vidéo et le traitement du son occupent une place importante.

Cette singularité a parfois déconcerté les puristes qui se demandent si on est encore dans un travail chorégraphique. So long baby… peut être reçu comme un aboutissement, comme un manifeste de cette direction qu’Hervé Robbe affirme dans ses derniers spectacles. Comme un ovni ou « objet artistique non catégorisable », le spectateur se trouve au sous sol du musée Malraux devant un objet singulier ; une installation interactive dans laquelle il est amené à se déplacer, s‘asseoir.

Un décor blanc lisse, du chrome, du plexi, des écrans plasma et en vedette le formica et des casques Sennheiser que le spectateur est invité à poser sur ses oreilles. L’installation évoque le travail de Roger Talon, le design 70’, le vaisseau d’un mister Spock chanellisé, tout cela avec une grande modernité. Sur les 4 écrans plasma qui forment une bande continue, 16 vidéos se diffusent, offrant au spectateur la possibilité de les suivre individuellement ou en vue d’ensemble selon qu’il se place sur le banc ou sur l’immense canapé lisse qu’offre le dispositif. Les casques diffusent eux aussi 4 bandes son distinctes, constituées de 16 chansons d’amour dont les interprètes sont les danseurs, en complément de l’ambiance sonore globale de l’installation. On évolue dans un univers à la fois auditif, visuel et chorégraphique très scénographié. L’anamorphose chère aux peintres est magnifiquement évoquée par le vidéaste qui exploite avec maestria les possibilités des logiciels de morphing. Hervé Robbe a chorégraphié ses pièces en fonction du cadre du vidéaste, ce qui leur donne cette singularité plastique. Ce n’est pas de la danse filmée mais une interprétation spécialement conçue pour s’intégrer dans cet univers singulier. Spectateur dans l’installation, on se trouve à un moment en face des danseurs sur l’écran qui ont investit l’installation, comme une mise en abîme. Les délires pop des costumes qui passent de l’un à l’autre et que les branchés d’aujourd’hui peuvent parfaitement revendiquer, provoquent des sourires…

A ne pas rater jusqu’au 25 juin au Musée Malraux (du lundi au vendredi 11h à 18h, fermé le mardi, samedi et dimanche 11h à 19h, entrée libre pour l’installation) (en profiter pour découvrir le nouvel accrochage du Musée à l’étage au dessus, même horaires, Tarif plein 5 €, réduit 3 €) !

L’installation « tournera » par la suite dans de prestigieux événements autour de l’art contemporain et sera notamment accueillie du 11 octobre au 26 novembre à Evreux, au Palais Bénédictine de Fécamp puis à Rouen, dans le cadre de la prochaine édition du festival Automne en Normandie.

Plus d’infos sur
» www.ccnhn-robbe.com
» www.ville-lehavre.fr
» www.automne-en-normandie.com

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