Le HibOO

Kill Bill, Vol. 2

Après s’être débarrassée de ses anciennes collègues Vernita Green et O-Ren Ishii, la Mariée poursuit sa quête vengeresse. Il lui reste à régler le sort de Budd puis de Elle Driver avant d’atteindre le but ultime : tuer Bill.

Une des suites les plus attendues, (in)justement retardée pour concorder avec le Festival de Cannes débarque enfin sur les écrans … autant prévenir de suite : Kill Bill est aussi différent (sur la réalisation et le style) que similaire (on reprend au chapitre suivant …) que le premier opus. Du très très grand Tarantino.

Le film, dès les premières secondes, marque la différence en terme de qualité. Le noir et blanc flashback est superbe, la photographie sublime … et l’effet Western Spaghetti présent dès les premièrs instants (Uma Thurman et David Carradine marchant avec des plans de caméra dignes de Sergio Leone). Kill Bill Vol.2 est une sorte de champs d’exploration visuel et artistique : les épisodes ne se ressemblent pas, les styles utilisés radicalement différents. Là où le premier opus avait engendré l’hystérie, c’est par des scènes successives, rapides, saccadées et puissantes, dignes parfois de jeux vidéos, voire d’animes. Ici les combats sont presque absents, mais sont bien plus violents et redoutables que la première mouture.

Uma Thurman démontre tout au long du film sa capacité à se laisser guider par Tarantino, puisant au fond d’elle même le meilleur de son talent. ‘La Blonde’ bluffera tout le monde, et le dénouement final ne sera pas sans émouvoir.

Cinéphile averti, Tarantino ne cesse au long de son deuxième volet de parsemer les scènes de clins d’oeil (la plus remarquable étant l’apprentissage Kung Fu, sur effet Funky visuel et sonore ! Magique !, ou encore l’enterrement qui ne sera pas sans rappeler Blairwitch, avec une qualité d’image, et un effet de claustrophobie jamais réalisé auparavant) … n’y allez pas en analysant chaque scène : le film sur le plan visuel est un régal. Musicalement, bien que moins varié que le premier épisode, Kill Bill Vol. 2 regorge de petites merveilles, et l’influence Western / Funk atteint son paroxysme, égalant à certains moments Pulp Fiction.

Il est impressionnant d’avoir réussi à faire une suite plus psychologique que le premier volet, qui n’était qu’une suite caricaturale de boucherie sanguinaire : la guerrière laisse place à la mère, et le duel de vengeance à une histoire d’amour tragique. Tarantino, à la fois magicien des images, mais également manipulateur des émotions, réussit avec Kill Bill Vol. 1 et 2 à créer une continuité parfaite. Une réalisation sans faille, un style unique, des clins d’oeil à chaque minute, et des acteurs époustouflants. A voir, revoir, et re-revoir.

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