Pete Doherty à la Maroquinerie : Ze place to be
Hier, l’enfant terrible de la pop britannique a donné certainement l’un des meilleurs concerts de novembre, si ce n’est le meilleur (bien qu’Alain m’ait chuchoté que The Do à l’Olympia fut un moment monstrueux à vivre). Véritable antéchrist des stars, impossible à contrôler, impossible à apprivoiser, l’ex Libertines a réussi avec des accords souvent à côté de la plaque a saisir en solo une Maroquinerie archi sold out. Et ce n’est pas le symbiotique duo Yvan Attal / Charlotte Gainsbourg qui me contredira
- Date : 28.11.08
- Adresse : 23 Rue Boyer 75020 PARIS
- Téléphone : 01 40 33 35 05
- Web : www.lamaroquinerie.fr
Orgasme et n’importe quoi. Ainsi pourrait se résumer ce vendredi 28 novembre à la Maroquinerie. Rappel des faits : Pete Doherty, en vacances à Paris, demande à son tourneur Alias quelques jours auparavant d’organiser un concert, parce qu’il a envie de retrouver son public parisien. Hop, aussitôt annoncé, aussitôt sold out : beaucoup n’avaient pas digéré le Rex annulé à cause de cet Eurostar tombé en panne, et comptaient bien se rattraper dans une salle qui enchaîne les pointures internationales en contradiction totale avec sa capacité d’accueil, permettant de créer cette sensation privilégiée « IL FAUT ETRE A CE CONCERT ». 18h, Pete n’est toujours pas là, et il s’est permis d’inviter un groupe parisien rencontré la veille lors de sa balade en guise de première partie. Il fait très froid, le vent cingle les visages pétrifiés, et pourtant, certaines têtes féminines sont sur le pied de guerre depuis 10h : quand on aime, on ne compte pas, quitte à ne pas aller à la fac, quitte à mourir.

Le bar est animé, et l’on sent une excitation collective (plus de 70 photographes, vidéastes et agences ont été refoulés …) : viendra ? viendra pas ? quand ? comment ? C’est à 20h et quelques que j’allais comprendre finalement ce que le terme hystérie allait signifier, et enfin la personnifier, ce qui me permettra, plus vieux, de m’en servir en guise d’exemple pour raconter cette histoire, tel un vieux sage Shaolin, à de jeunes photographes fougueux de vouloir faire de la photo de concert (si la photo existe encore). Je pensais avoir tout vu (Tokio Hotel à Bercy, ou encore Lorie au Zénith de Rouen … ouais bon ça va, errare humanum est :)) mais là … ce que j’ai vu, et qu’il m’est impossible de vous décrire tant la violence de ce court instant fut sans comparaison possible, dépassa de loin certaines vieilles vidéos des Beatles lorsqu’ils étaient reconnus par la foule. Il faut dire que Pete Doherty a décidé de prendre le métro, et de se rendre de Gambetta à la Maroquinerie à pieds. Inutile de vous dire que le service de sécurité a dû jouer des bras comme jamais pour tenter presque vainement d’arrêter la folie ambiante, digne des Zombies se ruant dans le supermarché où réside des humains dans L’Armée des Morts de Zack Snyder. Oui oui, je suis le champion du monde de l’hyperbole, mais ceux qui étaient présents pourront vous le confirmer : c’était incroyable. Et cette furie collective n’allait être que le prémisce de cette soirée aussi inéluctable que mémorable.

Je ne connais que peu ou prou le répertoire de Pete Doherty, mais il faut bien admettre un truc : ce mec, en chantant souvent n’importe comment, en jouant quasiment n’importe quoi (quoique, dans ce domaine, personne ne battra Chuck Berry), en finissant ses titres avec des accords complètement hors sujet avec la mélodie principale, est un véritable showman cabotin qui sait comment faire passer une bonne soirée à son public (chose que d’excellents musiciens irréprochables sont souvent incapables d’accomplir). Le bonhomme n’est pas en fait un « vrai » artiste rock star (par définition : impossible à toucher et doit rester dans le domaine du fantasmagorique), car sa proximité avec son public le rapproche de la notion de pote qui joue pour ses copains (genre il a rajouté des gens croisés dans la rue en guest list …). Et c’est cette complicité assez atypique qui a transformé ce ballet de fausses notes et de poussées vocales stridentes en un live prodigieux et sincère. Sincère, et généreux : plus de 20 titres interprétés, dont certains de manière absolument magistrale (Fuck Forever chanté à 600 voix, ça claquerait presque autant qu’un TeDum de Berlioz :)), enchainés par des situations cocasses et touchantes (voir la tête « sobre » de Pete particulièrement ému et amusé de recevoir sur scène des dizaines de goodies envoyées par les fans au bord de l’extase suprême) qui ont permis durant une heure et des poussières de léviter. Le « trop plein de monde qu’il y en avait de trop » ne fut pour la première fois en aucun cas gênant, tant tout cette expérience quelque peu hors des sentiers lives habituels valait la peine d’être vécue.
Côté reproches (oui vous croyiez quand même pas que vous alliez y échapper) : on pourrait préconiser à Pete Doherty de ne pas choisir ses premières parties au pif et juste à leur look de « petits minets du 16e qui chantent plus faux que Dorothée et Ariane réunis sponsorisés par l’Oréal parce que je le vaux bien » (première fois que j’entends le public huer avec une ferveur comparable aux ovations reçues pour Pete … c’est dire !!!) et l’on regrettera que ce dernier ne soit pas revenu pour un rappel tant attendu.
On peut toutefois (tout) lui pardonner : il a offert seul 1000 fois plus d’émotion et d’intensité qu’en formation complète … un mec vraiment bizarre et finalement très attachant (ce regard de gosse émerveillé par ce qui lui arrive, ça interpelle), mais voilà, quand au retour j’entends dans le métro « ouais ça serait pas Pete Doherty, tout le monde dirait que c’est de la merde » : c’est justement parce que c’est Pete Doherty que de ce que l’on considérerait comme d’habitude comme de la merde devient un régal à écouter. Et transformer de la merde en délice auditif, c’est aussi magique que de transformer le plomb en or. (pas de traditionnel backlink de l’artiste qui d’habitude accompagne les articles, mais le Skyrock français le plus complet à ce jour http://free-pete.skyrock.com))
Quant aux potentielles questions sur la setlist, merci de consulter le blog d’Oliver Peel, plus pointu que moi sur le cas Doherty

charlotte 29.11.08 | 18:19
et t’as meme pas de photo d’ Yvan Attal??
ca donne envie de se pencher sur sa musique en tout cas!
Rod 29.11.08 | 18:23
en meme temps, je ne vois pas l’interet de les faire chier. ils sont venus voir un concert, pas se faire paparazzier. j’ai une demarche assez differente : Attal et Gainsbourg, aussi sympas furent ils, ne viendront jamais sur le hiboo : je prefere donc consacrer mes portraits aux gens inconnus, qui finiront un jour ou l’autre par tomber sur ce site, et qui ont grandement contribué à ce que ce concert soit enorme.
Benjamin 29.11.08 | 18:42
Il a bien fait de pas prendre l’Eurostar hier qui avait…. 6 heures de retard.
Moi j’ai compris la leon : ne JAMAIS alller en Angleterre quand y’a un concert de Doherty à Paris !!
chris 29.11.08 | 19:04
merci de ces clichés superbes et de ce compte rendu décrivant si bien la grace et la magie du concert d’hier!
Stroska 29.11.08 | 22:08
Concert vraiment incroyable, superbe review et photos : )
Forum français babyshambles: http://babyshambles.forumdefan.com
melchior 29.11.08 | 22:49
très belle serie , vraiment très belle ( ta vu je susi pas rancunnier)
Célia la grognasse 30.11.08 | 11:16
Whaaaaaaaa tellement bien le concereeeet!!!
Ca fait plaisir de voir Pete, ou tout autre musicien, s’éclater et communiquer avec le public, bref heureux d’être sur scène…! Ca fait plaisir que cet fois l’eurostar n’ait pas eu raison de lui! Ca fait plaisir d’entendre des versions acoustiques des chansons des Libs <3! Ca fait plaisir de le voir en pleine forme, ce qui n’était pas le cas de tout le monde! Ca fait plaisir d’avoir attendu plus de cinq heures dans le froid pour voir ça! Ca fait plaisir de dire « I was there »! Bref, Pete Doherty à la Maroquinerie, ça fait juste plaisir!
agathe 30.11.08 | 23:50
très bel article qui a permis de comprendre l’intensité du concert
même si les mots ne peuvent jamais y arrivé réellement, les vôtres nous permettent de s’en approcher énormément
merci pour ça et pour les photos :)
Elise 1.12.08 | 00:14
Excellent concert ! Ca valait le coup d’attendre plus de dix heures à se geler le bout des pieds, devant la Maroquinerie. (Mais ça, ce n’était pas vraiment une surprise !). « Quand on aime, on ne compte pas, quitte à ne pas aller à la fac, quitte à mourir. » » Tu m’étonnes…
En tout cas, très bel article. C’est plein de réflexions très justes, et on a souvent envie de dire « oui, c’est exactement ça ». Et en passant, très très belles photos ! Y’a de quoi se sentir tout petit après… Il y en a quelques unes où on a vraiment l’impression que Pete pose… Elles sont vraiment sublimes ! [Et petite parenthèse, après t’avoir fait chier pendant dix minutes pour que tu ne me prennes pas en photo, j’aime beaucoup le résultat, ça me fait un très bon souvenir de cette soirée, donc, merci…]
Et pour Attal/Gainsbourg, je crois qu’ils aiment vraiment ce que fait P. Doherty, parce qu’ils étaient déjà là à l’Olympia (avec leur gosse cette fois !). Définitivement, des gens biens… ;)
Voisenon 1.12.08 | 15:27
Pete Doherty est arrivé à 20h30 à pied par le haut de la rue boyer. Pas de foule hystérique et pas de gros bras ouvrant le chemin. Une arrivée très calme avec caméra et micro tout de même…Bizarre ce commentaire hystérique…C’est pour le Parisien ??
Rod 1.12.08 | 16:19
entre voisenon et moi, un n’a pas bu d’alcool. devinez lequel :)
dine 6.12.08 | 00:00
Tes mots résument bien ce petit bijou de concert. Super tes photos.
Puis merci encore pour ce godet de début de soirée.
A bientôt
Sandrine
furne laurrie 10.04.09 | 05:35
vous savez pete a peut etre fait du mal a c chat mais c maintenant fini mieux vos ne plus en parle c quelquin de bien et de genereux je sais ou il habite une fois g pu parler que 3 minute avec lui en fete javais dormi 2 mois devant chez lui et il et sortie et je lui et parler et je compte recomancer bientot car je vais peut etre etre une amie a lui