Le HibOO

Les Amateurs

A 25 ans, Christophe et J-P galèrent joyeusement et sans amertume dans leur cité. Le travail dans un supermarché pour l’un et les petits boulots pour l’autre laissent leurs esprits libres de rêver aux filles : Malika, la soeur de J-P, et Maya, la cousine de Christophe. Amoureux sans scrupules et maladroits à loisirs, il leur faut déployer des trésors d’imagination pour attirer l’attention des deux filles qui ne songent qu’aux études, symbole de liberté et de fêtes.Pas complexés le moins du monde, et pas décidés non plus à paraître ce qu’ils ne sont pas, J-P et Christophe naviguent entre un braquage foireux dont ils sont les témoins incrédules, une représentation de théâtre dont ils sont les spectateurs interdits et un séjour à la campagne dont ils sont les otages perplexes. Et les filles dans tout ça ? Ils verront dès que les événements leur en laisseront le temps.

Enième duo ‘à la française’, ce film de Martin Valente séduira cependant par sa mise en scène travaillée, ses acteurs inspirés et une histoire digne d’un conte moderne : comment séduire sa Dulcinée quand on est un Don Quichotte looser de cité ? :)

En voyant Lorant Deutsch à l’affiche, on se dit qu’une fois de plus, il sera le bouffon de la farce mise en scène, ce qui fut le cas de ses dernières prestations cinématographiques (particulièrement dans ‘Toutes les filles sont folles’ ou plus récemment, ‘Ripoux 3′). Force est de constater que Martin Valente a choisi cet acteur pour sa capacité énorme à faire rire, ou à émouvoir. Ici, tel un petit Nemo dans son océan, Deutsch ne cesse de surprendre. Parfois, seul sa manière de regarder change la scène et son intensité. Face à lui, Jalil Lespert, récemment impressionnant dans ‘Pas sur la bouche’ de Resnais est tout aussi stupéfiant. Limite illettré, mais au fond pur, son personnage (JP) est relativement caricatural, mais d’une profonde justesse dans le fond. Quant aux personnages satellites, qui pourra résister au charme immense de Barbara Cabrita en étudiante froide ou encore Sara Martins, dont le sourire n’a d’égal que son regard envoutant.

Le film en lui même est à mi chemin entre la comédie franchouillard et le conte urbain, mettant en avant certains maux actuels : comment réussir à prouver son amour quand les mondes socio-professionnels sont si différents, dont l’intêret et la vision de la vie sont radicalement opposés ? D’autre part la qualité du montage, la variété des situations, et la BO très sympa (bien qu’ultra commerciale) font que le temps passe très vite.

Un film qui ne restera pas forcément dans les annales du cinéma français, mais qui nous change radicalement du cinéma à la Zidi ou à la Veber : un humour traité avec intelligence, justesse et humilité.

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