Le HibOO

Matrix Revolutions

La longue quête de liberté des rebelles culmine en une bataille finale explosive. Tandis que l’armée des Machines sème la désolation sur Zion, ses citoyens organisent une défense acharnée. Mais pourront-ils retenir les nuées implacables des Sentinelles en attendant que Neo s’approprie l’ensemble de ses pouvoirs et mette fin à la guerre ? L’agent Smith est quant à lui parvenu à prendre possession de l’esprit de Bane, l’un des membres de l’équipage de l’aéroglisseur. De plus en plus puissant, il est désormais incontrôlable et n’obéit plus aux Machines : il menace de détruire leur empire ainsi que le monde réel et la Matrice…

Dernier (enfin !) épisode d’une saga censée être une Revolution, le dernier opus des frères Wachowski réserve de nombreuses surprises. Bonnes comme mauvaises.

Rappelons là où l’aventure en était restée, en Mai 2003. Après de longs discours pompeux sur le pourquoi du comment, sur la notion du choix, de l’inéluctabilité, et des combats dignes de Dragon Ball Z, Neo finit par rencontrer l’Architecte, une sorte de négatif de l’Oracle, qui lui soumet un choix : sauver le monde, ou sauver Trinity. Le Roméo en Raybanne se fiche de la race humaine, il sauve sa Juliette. De retour dans le monde réel, il réussit à contrôler les machines en détruisant les sentinelles, puis tombe d’un coma profond. Il rejoint l’infirmerie où Bane, possédé par Smith est également dans un état léthargique, après avoir saboté les EMP …

On reprend donc peu ou prou au même endroit. Zion est sur le point d’être envahi par des milliers de sentinelles venues faire la peau à ces irréductibles humains. Le carnage, dans tous les sens du terme, commence : le scénario continue à sombrer dans des discours métaphysiques sans intérêt, les scènes à rallonge ont disparu pour concentrer tout le film sur la bataille de Zion, digne des meilleurs jeux vidéos sur Playstation 2, et la plupart des personnages présentés dans le 2e volume, assez indigeste, deviennent des personnages oubliés.

Le film n’en regorge pas cependant de bonnes idées. Jusqu’alors Matrix était un débat sur la relation hommes/machines. C’était sans compter les programmes, aussi indépendants que les hommes par rapport aux machines. D’ailleurs la définition de l’amour est, dans ce Matrix Révolutions, d’une justesse que peu de films dédiés à ce thème ont réussi à toucher aussi juste. On peut également apprécier certains passages, visuellement magnifiques (la scène de Zion, les superbes fetish dans la discothèque, la Ville des Machines …). Et surtout, la dualité est vraiment la récurrence de ce 3e volet : le yin et le yang. Neo vs Smith, Oracle vs Architecte, Homme vs Machine, Guerre vs Paix …

Le hic réside dans la fin. Des passages inutiles, voire longs, des dialogues toujours aussi subtils (tout ce qui a un début a une fin), un combat censé anthologique entre Smith/Neo avec des effets de puissance et des plans de caméra entièrement recalqués sur les meilleurs OAV de Dragon Ball Z, un happy end digne des meilleurs blockbusters américains. Pour les puristes de la première heure, le bug du chat noir sera l’occasion d’avoir le sourire, et de se dire ‘tiens, ils ont pensé à le remettre’.Matrix premier du nom, en 1999 avait ouvert la voie à une saga qui aurait pu devenir culte. Il suffit de se rassurer que Alien le 8e passager ressort, et que vous pourrez déguster à de la vraie SF sans conservateur, ni additif. Bref, digeste.

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