Isolation

Dan Reilly a tout fait pour sauver sa modeste exploitation agricole. A deux doigts de la faillite, il accepte de soumettre son bétail à des “tests de fécondation” menés par un laboratoire de biotechnologie sous le contrôle de la vétérinaire locale Orla, son ex-compagne. A l’occasion d’un examen de routine, Orla découvre de troublantes anomalies dans le processus et alerte son patron, John. Mais il est déjà trop tard : une terrifiante mutation est en train de s’accomplir et, en l’espace de quelques heures, la situation va virer au cauchemar …
Avec une histoire de veau mutant, il n’aurait pas été de mauvais goût de prétendre qu’Isolation s’annonçait comme une grosse bouse infâme. Primé au Festival de Gerardmer 2006, ce premier film de Billy O’Brien démontre la très bonne santé du cinéma d’horreur britannique, tout juste un an après le claustrophobique Descent.
Si le film est largement tiré par les cheveux, on ne peut qu’apprécier sa pertinence concernant l’actualité (le clonage, la grippe aviaire, puisque le film traite à la fois de génétique et d’épidémie), sa mise en scène férocément efficace, et ses acteurs totalement impliqués dans le projet.
Le film se scinde clairement en 2 parties : une partie psychologique et intense, suivie d’une seconde moitié se plongeant jouissivement dans le gore et l’épouvante. Rappelant par ailleurs la poursuite d’Alien 3, le joli veau dégénéré n’est malheureusement pas mis en valeur, à cause d’une caméra trop saccadée dans un environnement sombre. La fin vire clairement au gore gratuit, et gâche quelque part toute la dramaturgie du film. On retiendra néanmoins à la sortie de la séance une bonne hémoglobine savamment distillée, une ambiance huit clos assez etouffante, et une véritable réflexion sur les humains apprentis dieux. Loin d’égaler pourtant le magnifique Descent, mais qui laisse entrevoir un cinéma d’horreur britannique en plein essor. A suivre.