La folk de Gaspard Royant
ou les rencontres musicales inattendues à La Flèche d’Or
Folk. Le courant musical le plus galvaudé et le plus surmédiatisé de l’an de grâce 2008. On y mélange tout et n’importe quoi : il suffit de chanter avec un p’tit ch’wing gum dans la bouche, faire 3 accords et t’emballes fastoche. Mais parmi cet amas d’imposteurs dont on oubliera le nom, parmi cette fosse à purin musicale aussi insipide qu’indigeste (ceux qui ont déjà mangé du caca de cheval fermenté savent de quoi je parle – oh ça doit bien exister, il suffirait de chercher dans les forums de Doctissimo), certaines plantes rares ont néanmoins réussi à pousser, puis s’épanouir, jusqu’à devenir de véritables icônes – toutes proportions gardées bien sûr, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Bien sûr, je ne parle que de la « folk à la française mais chantée dans la langue de Neil Young » : ainsi, peu auraient parié sur les succès incontestés de Moriarty ou de Cocoon qui ont non seulement chamboulé les codes établis par le conservatisme musical ambiant (un français ne peut chanter que français), mais qui ont surtout su tirer leur épingle du jeu, avec des mélodies souvent très simples, mais compensées par des univers singuliers, parfois loufoques, avec une tonalité à la fois intemporelle et onirique.
Mais tout le monde n’a pas la chance de percer, tant les paramètres pour se démarquer ne tiennent à quasiment rien (Cocoon, qui a déjà vendu plus de 100 000 albums, vient de faire une remontée spectaculaire sur Itunes grâce à leur passage chez Ruquier, qui n’a entendu parler du groupe que depuis … quelques jours via le Figaro). Bien sûr, n’occultons pas l’ingrédient principal : le talent, que l’on peut considérer comme les fondations même de toute vie artistique, mais désormais la stratégie, le marketing et avoir un bon tourneur comptent tout autant (et c’est là où le talent fait toute la différence : Moriarty et Cocoon ont conquis un public grâce à des lives généreux et sincères)
Parmi ceux qui vont sans doute galérer parce que la « mode folk » ne peut durer éternellement, et parce qu’il n’a pas forcément choisi l’approche « kawaï chupee » des 2 groupes précédemment cités (ce qui n’est en aucun cas un reproche, bien au contraire), j’ai eu la chance – il n’y a pas d’autres mots – de découvrir Gaspard Royant dernièrement à la Flèche. Tous était venus pour Mina Tindle, j’étais venu pour la frêle et ô combien talentueuse Marie Flore ; autant le dire, Gaspard partait avec un très lourd handicap : jouer devant un public de sourds attendant (im)patiemment que son groupe favori se produise sur scène (tout le problème lorsque l’on vous offre une programmation trop disparate). Et là, il n’aura suffi que d’une chanson – mais quelle putain de chanson – répondant au doux patronyme de Grow pour être totalement sous le charme. Une voix d’une justesse absolue, un feeling immense au profit d’une interprétation sans faille, un accompagnement musical réglé à la microseconde près, des arrangements discrets et subtils au clavier jamais superflus, des suites d’accord permettant de switcher sans vergogne durant le même titre entre blues, folk et country : le set ne semblera durer que quelques secondes tant je me suis empiffré comme un gros phacochère de ce qu’avait à proposer le séduisant gaillard : tout le problème avec les musicophages, ils ont du mal à dissocier plaisir et gourmandise.
Gaspard Royant est clairement la surprise de cette soirée (Marie Flore n’est pas encore au point scéniquement, et les bobos branchouilles qui viennent voir un groupe à la mode m’exaspèrent au plus haut point), et malgré les handicaps précités, ce dernier se met sans le moindre effort le public dans la poche. Ajoutons un humour bien vu durant les interludes, un charisme digne d’un chanteur anglosaxon, et le perfect combo est au rendez-vous. Alors oui, le bonhomme n’a absolument ni inventé le genre, ni cherché à le modifier pour se marginaliser (pourquoi faire, en même temps). Oui certaines mélodies se suivent et se ressemblent, mais ce mec croit en ce qu’il fait, et ça se voit tout de suite : on ferme son clapet, on déguste, on sourit niaisement parce qu’on est heureux d’éprouver encore des frissons dans un live, et on applaudit chaleureusement sans retenue. Un mec à suivre, en espérant que les bons yeux et les bonnes oreilles se penchent sur son cas, et transforment son destin, celui qu’il mérite. » www.myspace.com/gaspardroyant


Paul McCartney 16.01.09 | 14:40
Tout à fait d’accord avec toi !!! J’y étais aussi et le concert était fucking great ! Ce gars là a du talent !!!! Je sais de quoi je parle…
I love moon 16.01.09 | 14:40
Voila un billet qui me fait extremement plaisir!
Inutile de préciser que tu prêches une convertie.
Je ne me souviens plus si Gaspard Royant avait déjà écrit Grow lorsque je l’ai vu pour la première fois à la Pomme d’Eve dans le cadre du collectif French Toast. Mais Grow est très vite devenue une de mes préférées. Je dis une car à vrai dire j’aime tous ce que j’ai pu entendre sans exception. Notamment les dernières nouveautés. Je déplore d’ailleurs de n’avoir entendu qu’une seule fois en live (au Truskel) une chanson dont il y a Dear Alexander dans le titre (message subliminal destiné à Gaspart Royant).
LoOo 16.01.09 | 14:44
Excellentissime article ca donne envie d’écouter, voire meme d’acheter sa production sans meme avoir écouté avant, d’aller voir en live, bref, ca donne envie d’aimer sa musique :)
renaud 16.01.09 | 15:50
Un mec qui a comme premiers amis sur sa liste Myspace Lift To experience et josh t pearson ne peut pas être mauvais !
Alain G. 16.01.09 | 16:44
Je confirme, une voix magnifique !
my-hoa 17.01.09 | 17:25
Clap! Clap! Clap!…
J’ai découvert Gaspard Royant en juin dernier au Café de la Danse et depuis je suis une inconditionnelle…
ça fait plaisir de lire tant d’enthousiasme sur cet artiste bourré de talent!
FFZ 17.01.09 | 22:20
Quelle bonne surprise, j’avais découvert cette magnifique chanson « Grow » dans un court-métrage du 48 Film Project de 2007, au demeurant bien abouti. Longue vie à Gaspard Royant, il le mérite.
LoOo 19.01.09 | 08:12
En tout cas le mec il sifflote aussi bien qu’un oiseau ;)
renaud 3.02.09 | 17:45
Et en session sur le cargo (www.lecargo.org) après a découverte sur le Hiboo. Merci à vous.
NASTOR 12.02.09 | 20:43
Il est magique, il est beau, il fait réver, frémir, aimer et en plus il te réconcilie avec la vie. Un caviar musical, je troque tout mes CD de folk rock, pour un seul de ses albums sans hésiter. Attention vos oreilles, car le talent et la beauté, quoi qu’on en dise est universel, alors moi je dis GASPARD ROYANT, on a pas finit d’en entendre parler.