Le passager de l’été

En 1950, dans le Cotentin, Monique, femme de caractère à la volonté de fer, a repris la ferme que son mari a quittée pour ne jamais revenir. Elle tiendra la ferme, avec dignité, abnégation, oubliant sa beauté, sa vie, s’oubliant elle-même. Sa fille, Jeanne, institutrice au village, n’en a cure et ne rêve elle, que de partir à la ville. Jeune, belle, romanesque… ses jolis yeux racontent déjà une autre histoire. L’affrontement avec sa mère est écrit en filigrane. La pharmacienne Angèle ne pense qu’aux garçons. Amie et confidente de Jeanne, elle accepte son quotidien avec son charme dont elle sait jouer. Joseph, commis de ferme saisonnier, arrive un matin à la ferme pour trouver du travail. Homme libre, personnage fort, fier, à la limite de l’arrogance, ancré dans les anciennes valeurs du travail bien fait, il va bouleverser la vie de ces trois femmes…
Après ‘Une hirondelle a fait le Printemps’ et ‘Je vous trouve très beau’, voici venu la nouvelle fable rurale : ‘Le passager de l’été’. Un film de Florence Moncorgé – Gabin (la fille de qui vous savez), une première pour elle derrière la caméra, très bien servi par d’excellents acteurs. Heureusement, ces derniers font oublier quelques longueurs.
Un casting de rêve pour ce film à la ferme, des célébrités, mais avant tout des comédiens de talent, à l’image de Catherine Frot, Gregori Derangère ou encore un François Bérleand toujours aussi saignant. Les mauvaises langues diront que Laura Smet y perd son argot.
Derrière la caméra, Florence Moncorgé – Gabin, habituée des plateaux, met le costume de metteur en scène pour la première fois. Le résultat est plutôt probant, même si les dialogues auraient mérité quelques approfondissements. Le passager, c’est Gregori Derangère, déjà remarqué dans plusieurs excellents films (L’équipier, Bon voyage). Impeccable en commis de ferme lover.
L’histoire nous ramène dans le milieu rural de l’après guerre, on imagine pas une autre époque pour pareil scénario. Malgré quelques longueurs, l’ensemble tient la route, la réalisation est classique, on ne s’attend de toutes façons pas à voir de choses révolutionnaires dans ce genre de cinéma. Un bon film que l’on rangera au rayon ‘drame sentimental rural’, ça sent le vieux, mais ça se laisse regarder. Les clichés sont également bien présents, mais plutôt utilisés à bon escient.