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Rencontre avec Ben Howard

Nous avions découvert Ben Howard en première partie d’Angus & Julia Stone au Café de la danse. A l’époque il venait de sortir l’EP These Waters, suivi par la suite de plusieurs EP. Aujourd’hui, son premier album Every Kingdom est enfin sorti et pour lui c’est à la fois une continuité logique et un “enfin !” :

En terme de production et de son, c’est vraiment plus développé, plus travaillé que sur les EP, je sens que j’ai progressé. Mais en même temps il y a des chansons qui ont déjà quelques années, et qui après tout ce temps sont enfin présentées sur cet album. J’ai failli l’appeler Greatest Hits car j’adore l’idée qu’un artiste arrive et appelle son premier album comme ça !
Les premiers albums sont souvent une sélection des chansons écrites précédemment, un assemblage des périodes qui ont marqué ta vie avant ça. Je pense que le prochain sera plus le reflet de l’année écoulée, et qu’on l’enregistrera dans la foulée.

Ben Howard - teaser

Ce premier album est intitulé Every Kingdom, une expression que l’on trouve dans la chanson Everything :

Dans le contexte de la chanson Everything, “every kingdom” désigne à la fois une bonne et une mauvaise chose. Pour moi, c’est une sorte de mise à plat de tous les moments de ta vie, des sentiments qui t’ont traversés… et tout ça mène au final à avancer vers de nouvelles choses. L’album parle beaucoup de nouveaux départs et des choses qui y amènent.

La pochette de l’album montre Ben immergé dans l’océan, un univers aquatique que l’on voyait également dans la vidéo teaser de l’album. Ses clips ont un univers visuel ancré en pleine nature : Old Pine nous emmenait sur les falaises irlandaises, Keep your head Up en pleine forêt… la nature semble être très présente dans les sources d’inspiration de Ben…

Je n’y avais pas vraiment fait attention avant d’écouter à la suite quelques unes de mes chansons et me rende compte qu’en effet je parlais beaucoup d’océans, d’arbres … Quand nous enregistrions l’album, on avait fini par mettre une bande autocollante sur la table stipulant “plus de références aux arbres !”.
Mais même si je suis de la campagne et que forcément j’en parle, j’ai passé tellement de temps dans les villes ces derniers temps, que si ça se trouve je remplacerai ça bientôt par des références aux immeubles et aux voitures !


Ben Howard – Old Pine Official

Ben Howard – Keep Your Head Up

Les chansons de Ben Howard ont souvent une structure inattendue : elles commencent tout doucement et s’étoffent jusqu’à une sorte d’explosion finale (Old Pine, The fear, Keep your head up …) avec souvent une phrase répétée qui lance l’envolée. L’album a ainsi une énergie inattendue dans un registre folk et il y a un savant équilibre qui fait qu’on ne s’ennuie jamais en l’écoutant, avec toujours une part de surprise.

J’ai toujours voulu jouer la musique que j’aimerais écouter. Quand j’écris, j’essaie de ne pas me concentrer sur ce que ça va donner, j’y vais avec cœur tel que je le ressens sur le moment. J’aime beaucoup les chansons intimistes qui deviennent massives en fin de compte, j’aime jouer avec les dynamiques. Ça se ressent encore plus en live quand je chante tout doucement et que subitement la musique s’emballe.
J’aime écrire des chansons au sens assez profond mais avec lesquelles on peut s’amuser, danser, qui nous emmènent ailleurs comme pour Old Pine. Sans que ce soit trop sérieux, rien n’est trop sérieux !

Pour les amoureux de guitare, cet album est un régal : elle y est à la fois rythmique, percussive, et lead. Ceux ayant déjà vu jouer Ben comprendront pourquoi: il a une manière très particulière et fascinante de jouer, mêlant taping, percussions, jeu rythmique …

C’est très instinctif car je ne sais ni lire la musique, ni l’écrire. J’ai vu des gens faire des percussions sur leur guitare et me suis dit qu’il fallait absolument que j’apprenne à faire ça ! Je ne voulais surtout pas être un énième type avec sa guitare et un son ennuyeux. Du coup j’essaie toujours de nouvelles choses, qui marchent ou non et m’inspire de ce que j’entends.
Ces temps-ci j’écoute beaucoup James Blake : ce n’est pas vraiment acoustique, c’est spécial, je ne saurais pas vraiment décrire sa musique mais c’est vraiment frais, intéressant. On ne peut le comparer à personne et c’est ça qui m’inspire : toujours essayer des choses différentes, ne pas jouer comme tout le monde. Mais maintenant quand je joue en groupe je joue de façon plus “normale”, je garde les percus pour mes concerts solos car ça s’y prête plus.


Empty corridors – Ben Howard @u Café de la Danse

Sur scène, Ben est entouré de deux musiciens : Chris Bond à la basse et à la batterie, et India Bourne au violoncelle. Un trio à l’alchimie évidente, que l’on voyait d’ailleurs dévaler les pentes dans le clip de Keep your head Up.

Chris a produit l’album et on a travaillé sur celui-ci dans la maison d’India. Nous travaillons tous les trois ensemble, mais j’avais beaucoup de chansons en stock, elles existaient déjà avant qu’on se rencontre. Mais de plus en plus ils ont de l’influence sur les chansons, ils écrivent leurs propres parties, on décide de comment ça va sonner ensemble. Ce sont deux musiciens très créatifs, et même si cet album est principalement “moi seul”, le prochain sera “le notre”. On verra ce que ça donnera !

Il est toujours intéressant de connaître quelle chanson sur un album a un écho particulier pour l’artiste …

C’est entre Everything et Black Flies. Elles parlent de gens très proches de moi et quand je les joue je ressens toujours intensément l’émotion de départ, c’est très visuel pour moi. Everything est la chanson la plus honnête de l’album je pense et Black Flies a quelque chose de particulier, pour le côté sombre. Mais je suis fier de toutes les chansons de cet album.

Avant de venir jouer au Café de la Danse le 5 octobre dernier, Ben était déjà venu faire quelques premières parties, mais surtout en tête d’affiche pour un Point FMR et une Maroquinerie sold out.

J’adore venir à Paris. On est toujours épatés car on a fait de supers concerts alors qu’on avait à peine un EP !
Pour moi ça a toujours été un rêve de faire des concerts et de voyager pour en faire, mais je ne pensais pas pouvoir le faire à Paris, c’est … WOW ! Le public parisien est très réceptif, on a toujours eu un super accueil et c’est génial de pouvoir revenir.

La suggestion d’écoute de Ben Howard
Daughter ! elle est super, son EP va sortir bientôt chez Communion Records et je vous le conseille ! James Blake aussi, dont je vous parlais juste avant. Et puis Michael Kiwanuka que j’écoute pas mal en ce moment.


Ben Howard : Old Pine + Black Flies – HibOO d’Live

» www.benhowardmusic.co.uk

Tracklist

  1. Old pine
  2. Diamonds
  3. The wolves
  4. Everything
  5. Only love
  6. The fear
  7. Keep your head up
  8. Black flies
  9. Gracious
  10. Promises